Parc zoologique, parc animalier, zoo… Quelle différence entre ces trois locutions ? A priori aucune, ou alors elle est légère. Et pourtant, dans l’esprit du grand public il semble bien que les choses soient différentes. A tel point que depuis dix ans, de plus en plus d’établissements ont décidé de délaisser le nom de « zoo » pour l’un de ses substituts.

Parc zoologique, parc animalier, zoo sont-ils synonymes ?

Dans le dictionnaire, à la définition du mot « zoo » on trouve « abréviation de jardin zoologique », c’est-à-dire un « lieu public où sont présentés aux visiteurs des animaux en captivité ou en semi-liberté et appartenant à des espèces exotiques ou rares. (Synonyme : zoo) ».

Dans le même dictionnaire, parc animalier sera défini comme un « parc ouvert au public et dans lequel les animaux vivent en liberté ».

Pourtant, le mot « zoo », diminutif en effet de « zoologique », est issu de la contraction des termes grecs Zôion (animal) et Logos (discours), qui ont formé « zoologia » soit l’étude scientifique des animaux. Zoologique et zoo n’ont donc étymologiquement aucun rapport avec la captivité. C’est pourquoi d’ailleurs de nombreux mots en rapport avec les animaux sont tirés de la même locution Zôion comme zoologue, zoothérapie, zoopathie, etc.

Zoo n’a donc théoriquement aucune connotation négative. Alors, d’où lui vient ce désamour du public ?

Zoo, une connotation péjorative liée à l’histoire de la captivité animale

En 2021, le Zoo de la Barben est devenu le Parc animalier de la Barben. Un changement de nom anodin, qu’il n’est pas le seul à faire, et symptomatique d’une forte tendance en France : exit le mot « zoo » !

mot zoo

Pour le site provençal, ce nouveau nom correspond davantage à son identité et à ses valeurs comme expliqué dans un communiqué de presse : « Devenir le Parc animalier de la Barben, c’est porter une image adaptée au cadre de vie des 120 espèces d’animaux vivant au cœur de la nature, dans le respect de la biodiversité locale. […] D’abord créés pour divertir les visiteurs, les parcs animaliers ont su évoluer ces dernières décennies pour devenir des acteurs à part entière de la conservation des espèces et de la biodiversité ».

« Zoo » un mot du passé ? Pas tout à fait, nous explique Laurence Paoli, spécialiste de la communication des parcs zoologiques français. « La connotation péjorative du mot est liée à l’histoire. Au départ, un « zoo » était un endroit où on enfermait des animaux ou des humains pour les observer. »

A cette époque, le zoo représente donc un cabinet de curiosités, une collection de choses exotiques, enfermées dans des cages. Heureusement, ce n’est bien sûr plus le cas aujourd’hui : « Les zoos ont beaucoup évolué et ne correspondent plus du tout à cette image qui continue à être véhiculée par les anti-zoos. Ils maintiennent volontairement cette image de l’animal encagé en faisant abstraction du rôle pédagogique et de conservation des parcs zoologiques modernes ».

En effet, une partie du public associe toujours au mot « zoo » la notion de spectacles et de collection d’animaux, ce qui montre que l’ancienne image perdure dans les esprits d’une partie des visiteurs.

avis tripadvisor
Extrait du site TripAdvisor.

Ce serait donc pour s’écarter de cette image anachronique que les parcs seraient de plus en plus nombreux à abandonner le nom de « zoo ». Un choix qu’a également fait Sébastien Musset, créateur des Terres de Nataé, remplaçant du Zoo de Pont-Scorff. « Le mot « zoo » est magnifique, il m’évoque des sciences comme la zoologie, la zootechnique, forcément ça parle à l’ingénieur que je suis et qui n’ira jamais contre la science. Mais « zoo » c’est aussi le symbole d’un univers qui n’a pas évolué, qui a une image négative avec des enclos trop petits et des animaux malheureux. Je souhaitais rompre avec tout cela », nous expliquait-il en septembre 2021.

Le directeur du Jardin animalier de Monaco, Laurent Peyronel, relativise cette tendance : « Certains l’enlèvent ou le remplacent [NDLR : le mot zoo] et certains parcs le rajoutent après l’avoir enlevé (exemple : Marineland). Chaque structure fait ses choix comme elle les entend, que ce soit une stratégie commerciale ou de communication ou autre. Il est vrai qu’aujourd’hui le mot « zoo » a mauvaise presse avec toute cette pression animaliste qui stigmatise et amalgame tout. Quel que soit le nom choisi, nous faisons de toute façon le même travail ».

L’auteure de « Zoos, un nouveau pacte avec la nature », Laurence Paoli, nous confirme cette hypothèse : « Certains parcs en ont assez, parce que le mot « zoos » ne correspond plus à ce qu’ils représentent ou tout du moins à l’image que ce terme véhicule dans l’esprit du grand public – plus d’ailleurs sur la forme que dans le fond – je pense par exemple à ceux qui ont des espaces immenses associés davantage à des réserves ou a des espaces en semi liberté (La Haute Touche, Branféré, …) ».

Et c’est exactement ce qui est arrivé à Monaco. « Le parc créé en 1954 s’appelait alors « Centre d’acclimatation zoologique ». Ce n’est littéralement plus le cas, ni sa vocation. Nous avons donc opté pour « Jardin animalier » il y a une trentaine d’années, car nous présentons autant d’espèces animales que végétales », explique Laurent Peyronel.

C’est le cas aussi de la Barben qui, en plus d’être un parc animalier, a été labellisé refuge LPO en 2020 à l’instar du Bioparc de Doué-la-Fontaine, qui fut l’un des premiers à abandonner le nom de « zoo » en 2011.

Laurent Peyronel enfonce le clou. Pour lui, les zoos d’aujourd’hui ne sont plus les zoos d’hier : « Il est important d’expliquer aux visiteurs les rôles actuels d’un zoo du XXIème siècle : conserver pour sauvegarder la biodiversité, tenter de rétablir les populations d’espèces menacées et assurer concrètement et financièrement la préservation de leurs habitats d’origine ».

Mais alors, quel nom choisir ?

Tous les parcs zoologiques n’ont pas choisi d’abandonner leur nom historique, mais la tendance est quand même fortement à éviter de s’appeler « zoo ». Le Zoo de Beauval, par exemple, est devenu le ZooParc de Beauval, le Parc de Thoiry est à présent le Thoiry Zoo safari quant à Doué-la-Fontaine, il est depuis longtemps devenu le Bioparc. Plus récemment, la Tanière qui a ouvert en juin 2021 a choisi de s’appeler « zoo-refuge » ce qui correspond totalement à son double concept, mais qui a pu dérouter les premiers visiteurs qui ne savaient pas à quoi s’attendre.

Pour l’experte en communication Laurence Paoli, « la notion de parc zoologique n’amène pas du tout l’idée des espaces mixtes qu’on connait aujourd’hui par exemple dans les grandes volières, ou encore des espaces en immersion. Pour beaucoup d’établissements, « parc zoologique » ne correspond plus strictement à ce qu’ils font. Quoi qu’il en soit, quel que soit le nom choisit, il faut garder une cohérence avec ce qu’il y a à l’intérieur. S’il s’agit juste de changer le nom, sans aller plus loin dans le bien-être animal, c’est du greenwashing ».

Ainsi, dans le cas de la Réserve de la Haute-Touche ou encore de la Réserve africaine de Sigean, la notion de « réserve » animale évoque les grands espaces, ce qui se vérifie aisément une fois les portes de la billetterie franchies.

Pour le directeur du Jardin animalier de Monaco, en revanche, toutes les appellations se valent finalement : « Honnêtement, parc zoologique, zooparc, parc animalier, jardin animalier, etc. Tous ces noms veulent dire la même chose, cela ne définit ni la taille, ni la qualité, ni le mode de présentations des parcs. Quoi qu’il en soit dans le langage courant, les gens vont « au zoo » qui est juste l’abréviation populaire de zoologique. Et cela le restera, je pense, encore longtemps ».

Et nous, à Zooactu, on vous avoue que ça nous arrange plutôt, parce que « parc zoologique actu » ça sonne quand même moins bien 😉

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