Au fil des décennies, les parcs animaliers évoluent. Les enclos se transforment, les animaux naissent et meurent, de nouvelles espèces arrivent tandis que d’autres s’en vont… Près de Toulouse, le zoo fondé en 1970 par la famille Poumeroulie a lui aussi changé, mais est aujourd’hui encore entre les mains de la même famille. Retour sur les moments forts du parc avec René-Pierre Toniutti, directeur et petit-fils des fondateurs.

Quels ont été les premiers pensionnaires du parc ?

A l’ouverture du Zoo African Safari, en 1970, nous avions déjà plusieurs espèces dont certaines sont encore présentes aujourd’hui comme des fauves, des zèbres, des watussis, etc. C’était une très petite entreprise familiale d’une dizaine de personnes à temps plein. Le parc s’étendait sur 5 hectares. Aujourd’hui nous accueillons 600 animaux sauvages, et sommes 30 salariés à temps plein à travailler sur place. Quant au parc, sa superficie est désormais de 20 hectares.

Tout en restant une entreprise familiale, African Safari s’est agrandi et a repensé les enclos.

Aujourd’hui, l’enjeu est double : proposer de vastes espaces à nos animaux en reproduisant leur milieu naturel d’origine, tout en permettant aux visiteurs de pouvoir les observer. Ainsi, par exemple, nous avons construit un nouvel enclos avec des guépards, sur une superficie de 3800 m². Végétation, rochers, promontoires… Tout a été conçu pour qu’ils se sentent bien ! De même, une passerelle vitrée permet aux visiteurs de prendre de la hauteur et d’avoir la possibilité d’être proches d’eux.

Je suis vraiment heureux de pouvoir continuer le travail initié par mes grands-parents il y a cinquante ans tout en gardant l’esprit familial qui nous caractérise. Dans l’avenir, nous avons encore beaucoup projets à développer dans le respect du bien-être animal et la volonté de participer au mieux à la protection de la biodiversité.

Fondateurs du Zoo African Safari
Fondateurs du Zoo African Safari. (Image d'archive)

Si vous deviez retenir une naissance particulièrement marquante, ce serait laquelle ? Pourquoi ?

Probablement celle de Makeba, la petite éléphanteau née le 24 mars 2017. C’était une naissance attendue depuis 22 mois… Tout le monde était impatient ! Et puis, il s’agissait de la toute première naissance d’éléphant à African Safari. Et c’était l’une des rares éléphante d’Afrique née en France dans le cadre de plans d’élevage internationaux en parcs zoologiques cette année-là.

De plus, comme chaque naissance, c’est une véritable reconnaissance pour l’équipe, car c’est le signe d’une parfaite intégration des animaux au sein du parc et de leur bien-être.

Après deux mois de surveillance nuit et jour, toute l’équipe était sur le qui-vive ! Nous avions installé des caméras pour observer l’intérieur des loges. Ainsi, nous pouvions suivre l’évolution en direct et à distance via nos smartphones. Mais Makeba se laissait désirer… Et puis enfin, ce jour de mars 2014, nous avons assisté à la mise bas, qui reste pour moi un moment mémorable. Une naissance très impressionnante et émouvante.

Makeba, éléphanteau Zoo African Safari
Makeba en 2018. ©Zooactu

Et quel a été le décès le plus éprouvant ?

Les décès sont toujours difficiles. Toutefois, la mort de notre girafe Onduri nous a fortement attristés. Il s’agissait d’une girafe gestante et son décès a été très brutal, alors que nous étions pourtant très attentifs à l’état d’Onduri.

Quelle est l’espèce qui vous donne le plus de fil à retordre en captivité ?

L’éléphant est peut-être l’animal le plus difficile à gérer, mais c’est aussi le plus intéressant. En effet, étant donné leur taille, leur intelligence et leur dangerosité, il nous faut entraîner les éléphants pour pouvoir correctement nous en occuper. Par exemple, tous les soins médicaux sont réalisables via le médical training, ou entraînement médical. Les soins deviennent un jeu avec ces géants d’Afrique.

Guépards au Zoo African Safari
©Zoo African Safari

Quelles espèces aimeriez-vous présenter dans votre parc ces prochaines années ?

Nous avons plein de projets pour African Safari. Tout d’abord, rénover et agrandir le parc à pied. L’idée serait d’aménager de vastes espaces pour nos animaux, en reproduisant le plus possible leur milieu naturel d’origine, tout en proposant aux visiteurs une immersion dans ces nouveaux espaces. Mais si je devais citer une espèce en particulier, ce serait le binturong. Cet animal est très peu connu du grand public. Pourtant, il s’agit d’une espèce très intéressante et, surtout, très menacée dans son milieu naturel, en Asie du Sud-Est.

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