Le Tribunal de commerce de Lorient a prononcé lundi 29 mars 2021 la liquidation de la SARL Bretagne Zoo. La direction actuelle, dont le gérant Jérôme Pensu est en guerre ouverte avec Lamya Essemlali, restera en place jusqu’au 26 juin 2021. Et après ? Le futur du site et des animaux dépendra du repreneur choisi par ce même Tribunal de commerce.

Le Tribunal de Commerce de Lorient prononce la liquidation judiciaire de Bretagne Zoo

C’est peut-être la fin du premier acte mais pas encore de la pièce qui se joue depuis maintenant près d’un an et demi dans le Morbihan. Pour rappel, en 2019 une coalition d’associations crée Rewild, qui rachète FI Zoo et nomme à sa tête Jérôme Pensu. Fi Zoo acquiert la SARL Bretagne Zoo à hauteur de 70 %.

Début 2021, la SARL est placée en redressement judiciaire et une profonde scission se creuse entre l’équipe fondatrice de Rewild menée par Lamya Essemlali et celle de Bretagne Zoo, avec à sa tête Jérôme Pensu. Les deux camps se sont retrouvés hier, lundi 29 mars, au Tribunal de commerce de Lorient qui a estimé le redressement de l’entreprise impossible.

L’avenir du site de Pont-Scorff ?

A présent que la liquidation judiciaire a été prononcée, les éventuels repreneurs ont jusqu’à fin avril pour se manifester auprès de l’administrateur judiciaire, munis d’un projet pour l’ancien Zoo de Pont Scorff.

panneau fermeture pont scorff
Le parc animalier est fermé au public depuis décembre 2019. ©Zooactu

Le Tribunal de Commerce de Lorient devra choisir le projet de reprise le plus solide en tenant compte bien sûr de plusieurs critères :

  • financiers d’abord, puisque que le parc a des créanciers et que le Tribunal de Commerce se doit également de penser au rayonnement économique de la région (attractivité du site pour le tourisme etc.)
  • les emplois : le site compte actuellement une dizaine de CDI mais en haute-saison, un parc animalier moyen voit ce chiffre augmenter
  • le devenir des animaux : la particularité de la dissolution de cette SARL c’est qu’elle gère du vivant. Le tribunal doit donc prendre en compte un projet qui assure le meilleur avenir possible aux animaux.

D’après Lamya Essemlali, « Sea Shepherd France va tenter de sauver le projet initial porté par Rewild » mais elle-même reste sceptique sur ses chances de réussite. « Face à nous, des zoos sont sur les rangs… »

Si aucun de ces projets n’est jugé satisfaisant, le tribunal prononcera la liquidation immédiate de l’entreprise et un liquidateur sera nommé pour vendre les biens de la SARL.

Qui pourrait reprendre la SARL Bretagne Zoo ?

Outre Sea Shepherd, plusieurs entités pourraient être intéressées par la reprise de l’ancien parc animalier.

Le problème c’est que l’année 2020 n’a pas été particulièrement florissante économiquement parlant et que l’entretien des animaux, la remise aux normes du parc engendrent un certain coût. La fondation Brigitte Bardot a d’ailleurs débloqué 50 000 € pour « apporter une aide immédiate aux animaux, par la prise en charge de soins vétérinaires et le financement de nourriture. » Sea Shepherd s’était jusque là engagé à subvenir à ces besoins mais leur position en tant que potentiel repreneur les empêche de continuer.

Sur internet, les rumeurs commencent à courir sur les possibles repreneurs. Le Zoo Refuge la Tanière, qui n’a pas encore ouvert officiellement ses portes à Nogent-le-Phaye, en Eure-et-Loir, à cause de la pandémie, est cité. Leur projet de « refuge » trouvant pour certains un écho dans celui de Rewild. Jérôme Pensu n’a pas l’air du tout du même avis puisque dans son allocution de lundi soir il s’en prend ouvertement à la Tanière.

Une SCOP (Société coopérative et participative) formée par les soigneurs actuels du parc ? dans ce modèle économique, les salariés du site sont les associés majoritaires et prennent les décisions ensemble. Cette solution semble peu probable, mais elle serait inédite.

Et quid des parcs zoologiques déjà en activité ? Leur situation économique est pour la plupart déjà compliquée, après une année 2020 frappée par deux confinements et une saison 2021 qui ne débute toujours pas.
Nous en avons bien sûr contacté plusieurs pour connaître leurs intentions et peu se montre bavard sur le sujet. Seul Rodolphe Delord nous a confirmé que Beauval, premier parc animalier de France en nombre de visiteurs, ne serait pas candidat à la reprise de Pont Scorff.

Mais lesquels de ces confrères pourraient être intéressés ?

Le Parc de Branféré qui le plus proche géographiquement et qui pourrait voir d’un mauvais œil le rachat de ce potentiel concurrent ?

Le groupe Looping dirigé par Stéphane Da-Cunha, déjà propriétaire de Planète Sauvage et du Zoo de la Flèche, dont Da Cunha est l’ancien directeur, qui se situent non loin de Pont-Scorff ?

Réponse fin avril. Et vous, quels sont vos pronostics ?

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