Pour beaucoup de personnes, la question est très vite tranchée : il y a d’un côté les anti-zoos et, de l’autre, ceux qui pensent qu’ils ont une utilité. Si le débat ne semble même pas avoir sa place sur cette thématique, c’est que le sujet de la captivité d’animaux sauvages suscite souvent de fortes émotions. Et des positions radicales. Pourtant, un débat, il doit y en avoir un, à condition qu’il soit structuré d’arguments tangibles des deux côtés. Car les idées reçues sont encore nombreuses à ce sujet, mais aussi les zones d’ombres. Alors, comment avancer dans le bon sens ?

L’avis de Chanee, fondateur de Kalaweit

Dans une vidéo postée sur sa chaîne Youtube le 29 juin 2020, Chanee a donné son opinion sur les zoos, assurant ne pas vouloir se positionner pour ou contre car « dans un monde idéal, je suis contre toute forme de captivité, à commencer par Kalaweit », précise-t-il. Il soulève toutefois des points plus pertinents que ce qui est généralement mis en avant sur le sujet des « zoos, pour ou contre ».

Son avis compte d’autant plus qu’en tant que fondateur de Kalaweit, il travaille depuis plus de 20 ans sur le terrain à Bornéo et Sumatra pour le sauvetage et la conservation de gibbons. En recueillant des animaux saisis ou malades, Chanee connaît les contraintes de la captivité et confirme d’ailleurs « qu’à Kalaweit, seuls 10 % à 20 % des gibbons pourraient un jour retrouver la liberté ». Les autres ne survivraient désormais plus, seuls, dans la nature. Ce qui est aussi le cas de nombre d’animaux des parcs zoologiques, à l’exception peut-être de quelques reptiles ou oiseaux notamment, et si aucun programme de réhabilitation à la vie en milieu sauvage n’est engagé.

Chanee connaît également bien le milieu des parcs animaliers pour collaborer régulièrement avec eux, dans le cadre de récoltes de fonds pour son association par exemple. C’est aussi dans un zoo qu’il s’est découvert une passion pour les gibbons alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Une découverte qui l’a poussé à partir à l’autre bout de la planète pour tenter de les sauver.

Légitimité ou non de l'existence des zoos
Ours bruns au Parc animalier des Pyrénées, qui a soutenu les récentes réintroductions dans la nature.

A l’heure actuelle, la captivité de nombre de ces animaux est donc la seule option possible pour qu’ils restent en vie. Ce qui n’empêche pas de se poser les questions de leur bien-être et de leur conservation. Au contraire ! C’est d’ailleurs sur ces thèmes que les zoos sont attendus au tournant, d’autant que les Français sont de plus en plus nombreux (89 % selon un sondage Ifop 2018) à considérer la cause animale comme importante.

Les arguments anti-zoos

Chanee s’attarde sur 4 questions qui, généralement, auraient plutôt tendance à jouer en leur défaveur :

  • Pourquoi les zoos gagnent-ils de l’argent avec les animaux plutôt que de devenir des associations ?
  • L’EAZA et l’AFdPZ sont-ils des organismes suffisamment indépendants pour être objectifs ?
  • Est-on sûr que tous les animaux des zoos sont nés en captivité ?
  • Comment des zoos peuvent-ils pratiquer l’euthanasie de complaisance en toute liberté ?

Voici la vidéo de Chanee sur les zoos :

Chez Zooactu, nous avons décidé de nous attarder sur ces différents points afin de leur apporter toutes les lumières possibles. Et tenter d’aider le grand public à construire son opinion en connaissance de cause.

Dans ce dossier, nous reviendrons donc sur ces différents points soulevés par Chanee, auxquels ont accepté de répondre Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval et président de l’AFdPZ ainsi que Jacques-Olivier Travers, directeur des Aigles du Léman et du Domaine des Fauves. Tout au long de l’été, nous publierons des articles dédiés à chacune de ces questions. Restez attentifs !

Découvrez les coulisses des zoos et parcs animaliers

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