Le report au 15 septembre demandé par l’Association Française des Parcs Zoologiques (AFdPZ) n’a pas été validé. Depuis le 21 juillet et comme tous les autres lieux culturels et de loisirs, les parcs animaliers et aquariums de plus de 50 personnes n’autorisent plus l’entrée qu’aux visiteurs détenteurs d’un pass sanitaire*. Une prolongation à fin août – et potentiellement fin septembre – a été accordée pour les jeunes de 12 à 17 ans, et le Premier ministre, Jean Castex, a reconnu qu’une « semaine de tolérance et de pédagogie » serait acceptée, autrement dit jusqu’au 28 juillet. Il n’empêche que cette nouvelle contrainte ne facilite pas le quotidien des parcs, déjà secoués par la fermeture de 7 mois consécutifs dont ils sortent à peine. D’autant que tous n’ont eu que 9 jours pour s’adapter.

Des contrôles pas toujours évidents

Au Parc de la Tête d’Or où l’entrée est gratuite, il n’y a pas de caisses ni de préventes de billets. Difficile donc d’instaurer un contrôle des entrées et pourtant, l’établissement n’échappe pas à la règle. Alors, il a dû s’adapter en instaurant un sens de circulation. Désormais, l’entrée ne se fait plus que par le portail sud. Là, un pass sanitaire est exigé à toute personne majeure.

Pour rappel, un pass sanitaire valide est, au choix :

  • une preuve de vaccination complète + 1 semaine après la deuxième injection ;
  • un résultat négatif de test PCR ou antigénique datant de moins de 48 h ;
  • une preuve de rétablissement (test positif de plus de 15 jours et de moins de 6 mois).

Pour accéder au parc, il faut donc désormais présenter un pass sanitaire ainsi qu’une pièce d’identité. Il faut parfois s’armer de patience, le temps que les contrôles se fassent. D’autant que les parcs animaliers ne sont pas encore rodés à l’exercice. Les visiteurs non plus, certains pensant par exemple être en règle alors que moins d’une semaine s’est en réalité écoulée depuis leur deuxième injection.

De façon générale, tous ont bien préparé leur communication en amont pour ne pas créer de mauvaises surprises sur place. A Thoiry, en région parisienne, il n’y a eu que très peu de refus, assure Le Parisien. Au Parc animalier de Sainte Croix, « les contrôles se sont déroulés sans problème avec l’application du gouvernement Verif Covid« , nous explique Clément Leroux, directeur de la communication. « Les visiteurs ont joué le jeu sans problème. Nous avions prévu une organisation avec des personnes en amont des caisses pour le contrôle des pass sanitaires. »

Mais ce n’est pas toujours aussi évident. Surtout pour le personnel chargé de contrôler les laisser-passer. France Bleu raconte ainsi que la journée a été compliquée au Parc animalier des Pyrénées, avec des hôtesses d’accueil contraintes de faire de la pédagogie.

Tests antigéniques devant l’entrée

Afin de rester accessibles aux personnes majeures et non vaccinées, de nombreux parcs proposent de réaliser des tests antigéniques sur place. Il suffit d’attendre quelques minutes, et un résultat négatif donne droit d’entrer dans l’établissement. Un test positif, en revanche, et l’accès est refusé. Par ailleurs, toute personne positive et non vaccinée doit respecter un isolement de 10 jours minimum en l’absence de symptômes ou bien à partir de leur apparition. Si les symptômes persistent, l’isolement s’étend à 48 h après la disparition de la fièvre.

Ces tests sont gratuits – pour l’instant, car dans son discours du 12 juillet, Emmanuel Macron a rappelé que les tests PCR et antigéniques non prescrits deviendraient payants à l’automne – et sont valables 48 h. Il suffit simplement de se munir d’une carte vitale et d’une carte d’identité.

Voici quelques parcs proposant des tests antigéniques à l’entrée :

  • le Zoo de la Flèche, qui a tout de même enregistré une baisse de fréquentation de 30 % au premier jour d’application du pass sanitaire ;
  • le ZooParc de Beauval ;
  • le Parc zoologique et botanique de Branféré.

Jauge à 50 visiteurs pour les petits parcs

Plusieurs petits parcs animaliers ont opté pour une toute autre stratégie : instaurer une jauge à 50 visiteurs en simultané. Ainsi, ils ne sont pas concernés par l’obligation d’exiger un pass sanitaire à l’entrée et peuvent ouvrir comme avant, en respectant bien évidemment les gestes barrières comme le port du masque.

C’est ce qu’a choisi de faire Exotic Park, près de Pau. « Parce que nous ne voulons plus voir d’enfant pleurer à l’entrée du zoo, parce que tout le monde n’a pas encore eu accès à la vaccination, parce que nous voulons continuer de faire vivre Exotic park, le pass sanitaire ne sera plus demandé à l’entrée. Nous maintiendrons une jauge de moins de 50 visiteurs dans le parc, afin de rendre cela légalement possible », expliquent les équipes sur Facebook. Une décision qui reste un sacrifice en cette période estivale. « Il est possible que vous deviez attendre que des places se libèrent », rappelle le parc, qui exhorte les visiteurs à téléphoner avant de se rendre sur place pour connaître en temps réel l’affluence et l’éventuelle attente.

Idem à L’Arche de Méo, dans les Bouches-du-Rhône : « nous sommes les premiers impactés et nous subissons une nouvelle fois les décisions de l’état qui vont grandement nuire et compliquer notre travail. Nous avons donc décidé ce soir en derniers recours d’appliquées une jauge de 50 adultes maximum présent sur le parc simultanément. Nous sommes un petit parc familial et nous n’avons en aucun cas l’envie de devoir refuser l’entrée à des familles pour lesquelles certains membres n’auraient pas encore obtenus le pass sanitaire. Ceci est tout nouveau pour nous et nous verrons dans les prochains jours comment cela évolue et si notre stratégie est la bonne », écrit-il sur sa page Facebook.

A Exoticamis, dans le Tarn, la direction a opté pour une stratégie sur-mesure, adaptée à sa situation : « De 10h à 16h, nous avons mis en place le pass sanitaire car nous accueillons des groupes de centres de loisirs, puis de 16h à 18h, une jauge à 50 personnes », nous explique Cédric Beignet, le gérant. Malgré tout, cette première journée s’est soldée par une sévère chute de fréquentation pour l’espace zoologique, qui constate une baisse de 70 % ce mercredi 21 juillet.

Même constat au Parc animalier d’Ecouves, qui confie à Ouest France avoir enregistré 50 % d’entrées en moins ce premier jour du pass sanitaire. « Nous avons dû renvoyer chez elles des dizaines de personnes, c’est une catastrophe économique pour les zoos et parcs animaliers », regrette Vincent Chauvin, directeur du parc, qui a réfléchi à instaurer, lui aussi, une jauge à 50 visiteurs.

*Le décret est paru au Journal Officiel le 20 juillet 2021 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043806125

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