C’est l’une des batailles des associations anti-captivité et de défense animale qui vient d’être (en partie) remportée ce mardi 29 septembre : la fin des delphinariums. Une mesure forte sur laquelle s’est engagée la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, en poste depuis juillet 2020.

Vers l’interdiction des delphinariums

« Je suis ici pour vous annoncer que le gouvernement engage aujourd’hui un tournant majeur pour les animaux sauvages dans notre société. Fauves, éléphants, singes, dauphins ou encore visons : il est temps d’ouvrir une nouvelle ère dans notre rapport à ces animaux. Il est temps que notre fascination ancestrale pour ces êtres sauvages ne se traduise plus par des situations où l’on favorise leur captivité par rapport à leur bien-être. »

C’est avec ces mots forts que la ministre a démarré sa conférence de presse sur le bien-être de la faune sauvage captive, très attendue des professionnels des parcs zoologiques, des cirques et des associations de défense des animaux. Et les annonces qui ont suivi se sont montrées à la hauteur.

Une mesure en particulier concerne certains parcs animaliers : la fin progressive des delphinariums. En France, il en existe trois :

  • Marineland qui présente des orques et des grands dauphins ;
  • Planète Sauvage et ses grands dauphins ;
  • Parc Astérix qui organise également un spectacle de dauphins.
Spectacle de dauphins au Parc Astérix
Spectacle de dauphins au Parc Astérix.

Des conditions de captivité décriées

« Aujourd’hui, je vous annonce la fin de la présence d’orques et de dauphins dans des delphinariums inadaptés à leurs besoins de mammifères marins », a déclaré Barbara Pompili en conférence de presse.

D’après la ministre, ce sont bien les conditions de leur captivité qui ont encouragé le gouvernement à prendre de telles mesures. « Des études récentes ont montré combien ces mammifères ont conscience de leur captivité et à quel point leur comportement naturel – rien que nager par exemple – est impossible à reproduire dans un delphinarium malgré tous les efforts que nous pourrions imaginer », a-t-elle expliqué.

Et d’ajouter : « ces espèces de cétacés à l’intelligence si vive sont si particulières dans leur comportement, leur compréhension de ce qui les entoure, les liens sociaux qui les unissent, que je crois profondément que leur place n’est pas dans un delphinarium. »

Une fermeture progressive

Si beaucoup souhaiteraient que cette captivité cesse sans tarder, elle prendra en réalité quelques années. Le temps que les professionnels concernés puissent s’adapter à ces changements et que des solutions soient trouvées pour l’avenir des animaux concernés.

Dans le détail, l’interdiction des orques en captivité « à des fins de spectacle » devra se faire sous 2 ans – autrement d’ici 2022 –, celle des dauphins sous 7 – c’est-à-dire d’ici 2027.

Spectacle d'orques à Marineland
Spectacle d'orques à Marineland

Des mesures immédiates sont toutefois prises en vue de préparer la fermeture des delphinariums :

  • l’arrêt de la reproduction de ces cétacés ;
  • l’arrêt de l’introduction de nouveaux animaux dans ces parcs animaliers « à des fins de spectacles » ;
  • l’interdiction d’ouvrir un établissement présentant des cétacés « à des fins de spectacles».

« Nous allons aussi, dès maintenant, travailler avec leurs responsables, ensemble, pour mettre progressivement un terme à la détention à fin de spectacle des cétacés en France, a poursuivi la ministre de la Transition écologique. Ce sera plus rapide pour les 4 orques qui restent en captivité en France que pour les dauphins, pour lesquels il nous faudra probablement 7 à 10 ans pour préparer la suite, et notamment identifier des solutions d’avenir pour les animaux restants. »

L’idée d’un placement de ces cétacés dans un sanctuaire a été avancée, sans plus de détails. « La France doit étudier la création d’un tel lieu, à la fois pour accueillir les animaux mais aussi pour l’éducation et la recherche. »

Des annonces floues et tardives pour certains

Les associations comme C’est Assez et One Voice n’ont pas tardé à féliciter cette annonce sur la fin de captivité des cétacés en France à des fins de spectacle. Soulignant toutefois au passage des mesures tardives.

« Depuis janvier 2018 que l’arrêté delphinarium adopté en mai 2017 a été annulé, l’État a laissé naître et mourir des dauphins dans les bassins sans agir. On déplore que pendant trois ans, des delphineaux soient nés dans ces bassins. Depuis que nous avons assigné l’État au Conseil d’État pour faute, il l’a fait attendre un an, assurant à la plus haute juridiction administrative que des mesures de bien-être animal arrivaient », a réagi One Voice.

Ségolène Royal avait en effet pris un arrêté en 2017 pour encadrer le fonctionnement des établissements accueillant des cétacés, et notamment l’interdiction de reproduire des orques et des dauphins. Une décision finalement annulée par le Conseil d’Etat en 2018, pour vice de forme.

Autre point qui interroge : que vont devenir les cétacés captifs ? « Aujourd’hui, ces annonces sont constructives, nous attendons à présent des précisions pour les individus actuellement captifs. Une autre question se pose : où vont aller les orques dans 2 ans ? », questionne One Voice.

Enfin, les annonces du gouvernement précisent l’interdiction de détenir des orques et des dauphins à des fins de spectacles. La mention « à des fins de spectacles » sera-t-elle importante ? Des précisions seront attendues. Dans tous les cas, l’interdiction immédiate de la reproduction des cétacés ne s’accompagne pas de cette mention. A terme, la fermeture définitive des delphinariums semble donc se dessiner.

Autre annonce sur les parcs zoologiques

La ministre Barbara Pompili a également annoncé du nouveau concernant les parcs zoologiques dans leur ensemble. Sans rentrer dans le détail, le ministère de la Transition écologique souhaite :

  • l’instauration de normes de détention visant à améliorer le bien-être de la faune sauvage captive en zoos pour certaines espèces, telle que l’ours polaire dont la captivité est souvent sujette à polémique ;
  • l’instauration de mesures d’encadrement des spectacles en zoos, avec notamment l’interdiction de toucher les animaux. L’an dernier, l’ONG World Animal Protection dénonçait justement les pratiques de certains zoos, pointant notamment du doigt les interactions entre l’homme et l’animal.

Une concertation avec les professionnels des parcs zoologiques doit avoir lieu pour mettre en place ces nouvelles mesures.

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