L’information a défrayé la chronique : un zoo allemand envisagerait de tuer certains de ses pensionnaires pour les donner à manger à d’autres si l’approvisionnement devenait impossible en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. L’établissement aurait même établi un « plan d’abattage », classant les animaux par ordre de priorité. Au-delà de son aspect choquant, ce sujet soulève une question primordiale : comment peuvent faire les zoos pour continuer à nourrir leurs pensionnaires sans aucune rentrée d’argent à cause du confinement ? Après plusieurs semaines de flou, le gouvernement français vient de faire un geste.

19 millions pour les zoos, refuges et cirques

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a en effet annoncé le 17 avril une aide de 19 millions d’euros à destination des zoos, refuges et cirques accueillant des animaux sauvages. Cette mesure a pour l’instant été votée en première lecture par l’Assemblée nationale. Elle devra être validée par le Sénat, qui se penchera dessus mardi 21 avril.

Le but de cette aide : les aider à financer l’achat de nourriture et de litière, et garantir la continuité des soins aux animaux.

« Dans un contexte de prolongement de la période de confinement, nous avons jugé nécessaire de renforcer l’accompagnement des structures accueillant de la faune sauvage », explique le gouvernement dans un communiqué de presse.

Il a donc été décidé de créer un soutien financier entièrement dédié à l’alimentation et les soins prodigués aux animaux dans ces établissements.

En plus de cette aide financière, l’Etat affirme accompagner les structures dans le besoin pour tout ce qui concerne la recherche de nourriture et de litière. Car les risques d’approvisionnements portent non seulement sur la question de leur financement mais aussi, parfois, sur leur sourcing.

Vigilance sur la santé des animaux

Le gouvernement va plus loin et assure renforcer sa vigilance sur les animaux dont l’état de santé pourrait se dégrader durant la période de confinement.

« Une cellule de veille a été mise en place entre le ministère de la Transition écologique et solidaire, la fédération des parcs zoologiques, l’office français pour la biodiversité et la commission nationale des activités circassiennes pour identifier les situations à risques pour les animaux », assure-t-il.

Si la situation l’exigeait, et notamment si l’état de santé d’animaux se trouvait dégradé, l’Etat n’écarte pas la possibilité de les placer dans des refuges. A condition que ces derniers aient suffisamment de places et de moyens pour les accueillir, les refuges n’ayant bien entendu pas des capacités d’accueil illimitées.

Une aide suffisante ?

Si cette aide est la bienvenue dans le contexte actuel, plusieurs questions restent en suspens. D’abord, quels sont les établissements éligibles ? La ministre Elisabeth Borne précise que sont concernées les structures « en difficulté en raison du confinement ». Sans donner davantage de détails pour l’instant sur quels sont les critères retenus pour prétendre recevoir une partie de cette aide financière.

Ensuite, cette aide sera-t-elle suffisante ? Une première inquiétude vient du fait que le communiqué de presse parle d’une centaine de parcs zoologiques. Or, ils sont bien plus nombreux en France. Et puis, si un premier palier vers le déconfinement a été annoncé par Emmanuel Macron avec une réouverture des écoles envisagée le 11 mai, le doute subsiste pour les parcs zoologiques et aquariums. Dans le secteur, on s’attend plutôt à une fermeture jusqu’à la mi-juillet. Soit encore trois mois supplémentaires où ils devront payer les salaires et acheter nourriture et matériel sur leurs réserves, ou grâce au Prêt Garanti par l’Etat (PGE) pour ceux qui y ont eu recours.

Enfin, y-aura-t-il une différence de traitement entre les zoos et les cirques, concernés par cette mesure ? Plusieurs voix se sont en effet élevées pour critiquer le fait d’allouer de l’argent aux cirques avec animaux sauvages. Comme One Voice qui proteste contre le fait de « donner les millions pour laisser de manière atroce et illégale les animaux dans des camions au lieu de les placer en sanctuaire ».

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