Après la naissance en juin dernier d’une jeune gorille née d’une femelle en provenance du ZooParc de Beauval et réintroduite en milieu naturel, c’est au tour d’un autre mammifère issu de captivité de donner la vie en milieu sauvage.

Elle s’appelle Paradise et a pu regagner les terres de Mongolie, foulées par ses très lointains ancêtres. Regagner… pas tout à fait, découvrir en fait. Car cette jument de Przewalski est née en 2009 à la Ménagerie du Jardin des Plantes, un des nombreux parcs zoologiques français à présenter cette espèce primitive. Née en captivité, Paradise n’a jamais connu le milieu sauvage avant 2015, date à laquelle elle a été réintroduite en Mongolie.

Tout l’inverse des deux petits auxquels elle a donné naissance en 2019 et 2021 qui, eux, ne connaîtront sans doute jamais la captivité. On récapitule avec vous son parcours.

Pourquoi réintroduire des chevaux de Przewalski ?

Les chevaux de Przewalski font partie des espèces sauvées de l’extinction par le monde des parcs zoologiques : une dizaine d’individus ont été capturés et se sont reproduits en captivité. Exterminée par la chasse, l’espèce est aujourd’hui sauvée mais malheureusement consanguine.

Afin que l’espèce colonise à nouveau son aire de répartition d’origine, l’opération « Return of the Wild Horses » organisée par le zoo de Prague en collaboration avec l’EEP réintroduit des chevaux de Przewalski depuis 2012. Des transferts complexes qui permettent également un meilleur brassage génétique entre animaux nés en captivité et ceux nés en milieu sauvage.

Première étape, de Peaugres à Prague

cheval de Przewalski
La jument Paradise au Safari de Peaugres.

Et justement, en 2014, ce fut au tour de Paradise d’être choisie par le coordinateur du programme européen d’élevage en captivité (EEP) pour tenter sa chance dans le grand monde. Née à Paris, elle a quitté le Safari de Peaugres en décembre 2014 pour une première étape au Zoo de Prague, en République Tchèque. Elle y a rencontré alors trois autres juments dans le but de former un groupe avec une bonne entente :

  • Querida née au Zoo de Prague,
  • Rabea issue du Zoo de Leipzig, en Allemagne
  • Kira née dans le parc national de Hortobágy en Hongrie

Deuxième étape, de Prague à la Mongolie

Quelques mois plus tard, en 2015, les quatre juments font le grand voyage jusqu’en Mongolie. Mais bien entendu, on ne peut pas relâcher trop rapidement des animaux nés en captivité, d’autant plus qu’ils sont nés en Europe où le climat est différent. Dans un premier temps, les équidés sont placés dans un très grand enclos clôturé afin de s’adapter en douceur et sous le contrôle des équipes de « Return of the Wild Horses ». Une transition « afin de leur permettre de s’adapter aux hivers très froids et d’être supplémentées en foin« , explique le Safari de Peaugres.

Troisième étape, de la captivité à la liberté

Une fois l’hiver passé, les quatre juments ont quitté l’enclos pour la vraie liberté, en 2016. Elles ont été réintroduites en Mongolie dans la réserve du Grand Gobi (ou Great Gobi). Créée en 1975 puis reconnue par l’UNESCO en 1991, il s’agit de l’une des plus grandes réserves de biosphère du monde avec pas moins de 5 millions d’hectares de superficie. Un habitat parfait pour les chevaux de Przewalski qui aiment les paysages de steppes et la végétation désertique. Grâce aux réintroductions, on compte désormais environ 350 de ces chevaux dans la réserve du Grand Gobi.

Mais pas seulement. Paradise côtoie sur ce site de nombreuses autres espèces animales et certaines très menacées comme l’âne sauvage d’Asie, le léopard des neiges ou encore le chameau de Bactriane, animal qu’on ne retrouve plus aujourd’hui à l’état sauvage que sur trois sites, dont cette réserve.

Une jument née en captivité donne naissance en milieu sauvage

juments réinroduites
Rabea et Paradise ici en 2017, toutes les deux relâchées en 2015. ©mb

Et les choses semblent s’être bien passées pour la jument née en France puisque que grâce au suivi des membres du projet sur place, les équipes de Peaugres ont appris en 2019 que Paradise a donné naissance à un poulain. Rebelote en juin 2021. Deux chevaux de Przewalski qui ne connaîtront sans doute jamais la captivité et les parcs zoologiques d’où vient leur maman.

Le Safari de Peaugres, quant à lui, présente toujours 5 juments de cette espèce, visibles en mixité avec des chameaux. Paradise est aujourd’hui la seule pensionnaire du parc à avoir été réintroduite à l’état sauvage.

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