Après les gorilles et le condor du ZooParc de Beauval, la jument de Przewalski du Safari de Peaugres, les ibis chauves du Parc zoologique de Mulhouse ou encore les vautours fauves du Bioparc de Doué-la-Fontaine, un nouvel animal né en captivité en France va tenter d’être réintroduit en milieu sauvage. Elle s’appelle Arirahna, femelle loutre géante, et elle est née du côté de Saumur en septembre 2013.

Le Bioparc de Doué-la-Fontaine a été le premier parc zoologique à accueillir et présenter au public des loutres géantes – Pteronura brasiliensis – en 2007. Depuis, le parc zoologique situé près de Saumur est devenu célèbre pour sa maitrise de la reproduction de cette espèce classée « en danger d’extinction » par l’UICN. C’est en toute logique donc qu’une de ses pensionnaires devient la première loutre géante née en France à être réintroduite en milieu sauvage. Une première française, mais une expérience déjà tentée trois fois avec d’autres loutres nées dans des parcs européens.

Pour Pierre Gay, président de Bioparc Conservation, « il s’agit d’une récompense de nos efforts et de notre foi en notre métier. C’est notre rôle en tant que parc zoologique, la finalité d’un programme d’élevage. Nous sommes fiers de ce retour à la vie sauvage et suivrons avec attention l’avenir de notre loutre ».

A la tête de ce projet de relâcher de loutres géantes en Argentine, l’association Fundación Rewilding Argentina. Son but ? Réintroduire Pteronura brasiliensis en Argentine, d’où elle a presque disparu, contrairement au reste de son aire de répartition, le Brésil, le Pérou, la Colombie, la Bolivie ou encore le Venezuela.

Comment réintroduire en milieu sauvage une loutre née en captivité  ?

L’expérience aura lieu sur l’île de San Alonso, située dans le parc national argentin d’Iberá. Ce n’est pas une première pour la fondation argentine puisque qu’une femelle de Budapest et un mâle danois ont déjà été transférés sur place en 2019 pour tenter cette incroyable aventure. Et depuis, ils se sont reproduits plusieurs fois !

« Situé au bord du lac Paraná, le parc est conçu spécialement pour l’espèce, offrant à la fois un environnement aquatique et des terres plus élevées avec des arbres et de la végétation. Ils y reçoivent quotidiennement des poissons vivants afin de mettre en pratique leurs techniques de pêche« , explique le Bioparc dans son communiqué, pour rassurer aussi ceux qui pensent que les animaux issus de parcs zoologiques ne peuvent se nourrir seuls.

Toutefois, le parc zoologique créé par la famille Gay précise qu’Arirahna a justement été choisie par l’association car elle sait chasser du poisson vivant et est capable d’attraper elle-même sa nourriture. Un savoir qu’elle saura enseigner à ses descendants.

Le choix d’Arirahna pouvait en effet faire débat, la femelle du Bioparc étant handicapée par la perte d’un oeil. Mais il est bon de rappeler que la vue n’est pas le sens le plus développé chez la loutre géante, grande prédatrice sud-américaine. C’est l’odorat !

Arirahna sera rejoint en Argentine par un mâle provenant d’un zoo suédois et placée dans un bassin un peu plus loin du premier couple réintroduit. Les animaux, pucés et équipés d’un émetteur radio, seront relâchés progressivement et pourront à tout moment revenir dans leur parc de transition s’ils le souhaitent.

Le Bioparc et les loutres géantes, retour sur une espèce emblématique du parc

Le Bioparc et les loutres géantes c’est une belle histoire d’amour depuis l’arrivée de Yucana et Diego en 2007. Arirahna, la femelle qui est partie le mercredi 5 janvier 2022 pour l’Amérique du Sud, est d’ailleurs l’une des nombreuses descendantes de ce couple de loutres mythiques du Bioparc, qui aura en tout 11 petits.

En 2018, après la mort de ses parents et le transfert de ses frères et sœurs, seules restaient au Bioparc Arirahna et sa sœur. En cours d’année, Nura a déménagé pour le Parc des Pyrénées où elle formera d’abord un couple avec un mâle également prénommé Diego, puis, en 2020 avec Pepper, mâle en provenance du zoo belge Pairi Daiza.

Mais Arirahna ne sera pas restée longtemps seule au Bioparc. Après la mort de sa mère durant l’été 2018 et le départ de sa sœur, elle a été rejointe la même année par un mâle dénommé Iquitos.

Arirahna et Iquitos, ici en août 2021, au Bioparc de Doué-la-Fontaine. © Zooactu

Après le départ de Arirahna pour l’Argentine ce 5 janvier 2022, Iquitos restera seul quelques temps avant de partager à nouveau l’enclos du Bioparc avec une nouvelle femelle reproductrice, choisie par le coordinateur de l’EEP, le programme d’élevage européen en captivité créé en 2003 et dirigé aujourd’hui par le zoo de Dortmund, en Allemagne.

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