La structure, unique en son genre sur l’Ile de Beauté, est gérée par une association créée tout spécialement : U Pettirossu, qui signifie « rouge-gorge » en Corse. Elle se situe sur la commune d’Olmeta-di-Tuda, en Haute-Corse, juste à côté du Corsica Zoo. Et pour cause…

Un directeur de zoo à l’initiative du centre

Derrière ce projet, il y a Pascal Wohlgemuth. Ce passionné d’animaux diplômé d’un BTS gestion et protection de la nature a fait ses armes en tant que soigneur animalier dans différents parcs français – dont le ZooParc de Beauval, le Zoo d’Amnéville, la Réserve Zoologique de la Haute-Touche et le Parc Zoologique de Paris – avant d’ouvrir son propre parc animalier en Corse.

« Dès notre ouverture en 2019, nous avons été sollicités par des particuliers qui nous appelaient ou venaient nous déposer les animaux blessés trouvés sur leur route, raconte le directeur. Bien entendu, nous ne les avons pas renvoyés et nous nous sommes occupés d’eux de façon non-officielle. » Les installations du parc ainsi que les compétences et l’engagement des soigneurs ont permis de ne pas laisser ces animaux sans soins.

Face à l’ampleur des besoins, le directeur du Corsica Zoo a rapidement décidé de créer une structure indépendante de son parc animalier afin d’accueillir et soigner dans les meilleures conditions les animaux sauvages confiés. Aujourd’hui, les deux entités sont séparées et fonctionnent indépendamment l’une de l’autre.

Formation en centre LPO

Même si Pascal Wohlgemuth dispose d’une solide formation pour s’occuper des animaux en parcs animaliers, il lui a fallu se former davantage pour envisager d’ouvrir un centre de soins pour animaux sauvages. « Je devais notamment obtenir un certificat de capacité pour toutes les espèces susceptibles d’être accueillies », détaille-t-il. C’est désormais chose faite.

Pour parfaire ses connaissances en matière de soins aux animaux sauvages, le directeur du Corsica Zoo est également parti se former dans le centre de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) situé à Audenge, en Gironde. « J’y suis resté plusieurs jours, puis j’ai fait du bénévolat pour compléter », raconte-t-il.

Après deux ans de travaux – pour nettoyer la parcelle de 2 hectares donnée par le fondateur du zoo et construire un premier bâti de 35 mètres carrés – et pour obtenir toutes les autorisations nécessaires, le centre de sauvegarde peut enfin ouvrir officiellement ses portes ce printemps. Et c’est une excellente nouvelle car avec les beaux jours arrivent également les jeunes animaux trouvés par des promeneurs ou des adultes blessés, après une collision ou des tirs intentionnels par exemple. « La période avril-septembre représente 80 % de notre activité », rappelle Pascal Wohlgemuth.

Soigner tous les animaux sauvages

Petite chauve-souris secourue
Petite chauve-souris secourue après avoir été retrouvée affaiblie. ©U Pettirossu

La Corse n’avait encore aucun établissement de ce genre sur son territoire. Et cela manquait donc cruellement. « A l’exception d’un centre de soins pour rapaces à Corte, géré par le parc naturel régional de Corse, et du parc pour tortue A cupulatta dans le Sud, il n’existe aucun refuge ou centre qui accepte de s’occuper de tous les animaux sauvages. U Pettirossu a cette vocation-là : soigner tous les animaux qui vivent à l’état naturel en Corse. Aussi bien les oiseaux que les mammifères, les reptiles ou encore les amphibiens. »

Les oiseaux devraient représenter la part la plus importante des animaux accueillis par U Pettirossu. « Au printemps, il n’est pas rare que des promeneurs récupèrent des juvéniles trouvés au sol, pensant qu’ils sont en danger. Ils ignorent que chez certaines espèces, comme le petit duc et faucon crécerelle, les parents nourrissent au sol les oisillons qui ne sont donc pas menacés. Une fois emmenés, en revanche, ils ont souvent besoin d’une fin de sevrage pour espérer à relâchés dans la nature », explique Pascal Wohlgemuth.

Seront également soignés dans ce centre les hérissons, les chauves-souris ou encore les tortues d’Hermann, espèce emblématique en Corse. « Nous envisageons aussi de créer une unité de soins pour les oiseaux marins, en partenariat avec le parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. » Et ainsi être sur tous les fronts de la faune menacée.

D'autres articles de la catégorie Conservation

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour, Je viens vers vous pour un petit renseignement du côté de chez moi à Ajaccio ils ont tué une laie et elle laisse 5 petits bébés de 2,3 mois des bébés croisés ils sont blancs et 2 qui ressemblent à des marcassins ils parlent de faire des battue administrative et je pense qu’ils vont les tuer est-ce qu’il y aurait moyen de sauver ses bébés?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here