S’il y a bien un parc en France qui a le don des projets spectaculaires, c’est bien le ZooParc de Beauval. Mais le parc zoologique – récemment devenu refuge LPO – sait aussi s’investir dans des projets moins imposants et tout aussi bénéfiques à la faune sauvage. Il prévoit ainsi l’ouverture d’un centre de soins de la faune sauvage d’ici moins de deux ans. Pour en parler, nous nous sommes entretenus avec Rodolphe Delord, son directeur.

La genèse du projet de centre de soins de Beauval Nature

L’idée part d’un constat. Le Loir-et-Cher n’a que peu de structures dédiées à la faune locale et celles-ci sont souvent petites et manquent de moyens. « C’est aussi le fruit des discussions avec le département, la DDPP, la DREAL mais aussi les pompiers et les gendarmes qui nous sollicitent régulièrement. » Effectivement, le directeur du ZooParc de Beauval nous explique qu’il n’est pas rare qu’il reçoive un appel à minuit ou 1h du matin disant « on a trouvé un animal blessé, on peut vous l’amener ? » Or, la réponse est non. « Réglementairement, nous n’avons pas le droit d’accueillir et de soigner des animaux sauvages. Oui, nous possédons probablement la clinique vétérinaire zoologique la mieux équipée d’Europe mais légalement, nous ne pouvons mélanger ces animaux avec nos pensionnaires. Légalement et sanitairement, ce n’est pas possible et souhaitable. »

Une ancienne usine transformée en centre de soins de la faune sauvage

Qu’à cela ne tienne, s’il ne peut les soigner dans son parc zoologique, Rodolphe Delord créera son propre centre de soins, sous l’égide de Beauval Nature, l’association du parc animalier. Il sera situé à 1 km du parc, le périmètre obligatoire à respecter pour séparer faune sauvage et faune exotique, mais aussi parce que « le ZooParc de Beauval continue à s’étendre et continuera encore dans l’avenir », nous explique son directeur.

Le lieu a déjà été choisi. Le permis de construire vient d’être signé et déposé. « Il s’agit d’une ancienne usine de 5 000 m² de superficie que nous avons rachetée et que nous transformerons en bâtiment neuf avec tout l’équipement nécessaire. Un projet qui nécessitera entre 1,8 et 2 millions d’euros d’investissement. »

Sept salariés à temps plein et l’accent mis sur la médiation

Le centre de soins sera géré par une équipe vétérinaire différente de celle de l’équipe du parc zoologique, tout comme l’équipement sera différencié. « Nous avons prévu sept salariés à plein temps 7 jours sur 7. Les gens auront la possibilité de déposer les animaux 24 heures sur 24 grâce à un système de sas. Surtout, nous prévoyons une médiation importante par téléphone pour répondre aux questions et rassurer les particuliers qui ont trouvé un animal », continue Rodolphe Delord.

Ce service dédié à renseigner les particuliers pourrait éviter bien des maladresses. Nombre d’oiseaux ou de mammifères sont ramassés par des personnes pleines de bonne volonté alors qu’il serait préférable de ne rien faire.

Une capacité d’accueil estimée à 5 000 animaux par an

Le centre de soins sera habilité à recevoir et à prodiguer des soins aux oiseaux, aux hérissons et autres petits mammifères blessés victimes de collision, d’empoisonnement et autres menaces qu’encourent la faune sauvage. « Nous pensons pouvoir nous occuper d’environ 5 000 animaux par an. Le but c’est bien entendu de les relâcher le plus rapidement possible mais pas à côté du centre, qui est une zone pavillonnaire. Les animaux qui ne peuvent être réintroduits dans la nature seront euthanasiés comme cela est pratiqué dans les autres centres. En aucun cas ils ne rejoindront le parc. »

Beauval et la faune sauvage

Si le parc s’est fait connaître avec sa faune exotique – panda, koala, hippopotame – Beauval œuvre de plus en plus pour la faune in-situ.

Française d’une part, puisque le parc zoologique est devenu, comme le Jardin zoologique de Monaco et le Bioparc, refuge LPO au mois de juin 2021. Beauval Nature a d’ailleurs recruté un biologiste dédié à la faune locale qui effectue recensements et opérations de conservation. Récemment, l’organisme a même fait l’acquisition d’une grotte anciennement dédiée à la culture de champignons, aujourd’hui habitée par une colonie de chauve-souris, raison pour laquelle Beauval Nature l’a rachetée et en a fait un refuge préservé.

Beauval Nature, c’est aussi la protection de la faune sauvage à l’étranger. En mars 2021, l’association a pris la tête de Help Congo, programme de conservation des chimpanzés au Congo. « Depuis février, j’ai déjà envoyé six soigneurs pendant environ deux mois sur place. » Du personnel en renfort des 15 salariés de Beauval Nature qui font la navette entre la France et le Congo. « On fait beaucoup pour la biodiversité exotique et je veux faire plus pour celle locale. »

D'autres articles de la catégorie Conservation

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here