Un récent rapport de l’ONG World Animal Protection (WAP) dénonce les pratiques de centaines de zoos et aquariums dans le monde, qui utilisent leurs pensionnaires dans des activités incluant les visiteurs.

La question du bien-être des animaux en captivité

Des dauphins entraînés à exécuter des sauts périlleux, des chimpanzés vêtus de couches culottes pour faire des photos amusantes, des éléphants dansant devant une foule de spectateurs… Certains zoos et aquariums n’hésitent pas à mettre en scène leurs pensionnaires pour divertir leurs visiteurs. Des pratiques vivement dénoncées dans un rapport de WAP dévoilé en juillet 2019.

Le bien-être animal en question

« Le spectacle ne peut plus durer », titre l’ONG auteure du rapport accablant les méthodes de plusieurs centaines de zoos et aquariums à travers le monde. La raison est simple : ces interactions entre l’animal et le visiteur nuiraient au bien-être mental et physique des animaux.

WAP a listé une série d’interactions parmi lesquelles les spectacles, les nourrissages à la main, les pauses pour des photos, le chevauchement (tour à dos d’éléphant par exemple) ou tout simplement le fait de caresser l’animal.

« Ces pratiques n’ont pas leur place dans un zoo aujourd’hui, poursuit l’ONG. Pour faire en sorte que les animaux interagissent avec les visiteurs ou réalisent telle performance, ils subissent des méthodes d’entraînement souvent lourdes. Selon les espèces concernées et les types d’attraction, cela implique parfois des séparations prématurées avec leur mère, la contrainte physique, de la douleur et de la peur. »

C’est le cas par exemple des grands félins utilisés pour poser en photo avec des visiteurs et se faire caresser à longueur de journée. « Les jeunes sont séparés très tôt de leur mère, ce qui cause des souffrances à la fois pour les bébés et pour la femelle. Certains sites gardent même leurs animaux en laisse, de sorte qu’ils ne puissent s’enfuir, même s’ils veulent de l’espace ou du repos », détaille le rapport.

Tigres en laisse dans un zoo thaïlandais
Certains félins sont tenus en laisse pour ne pas échapper aux visiteurs. Ici, dans un zoo thaïlandais.

Idem pour les félins dressés à réaliser des performances lors de spectacles. « Le stress qu’ils subissent peut provoquer des comportements anormaux et des maladies chez les grands félins captifs », assure l’ONG. Les dauphins, les éléphants, les primates sont eux aussi concernés par le rapport.

La WAZA mise en cause

WAP a enquêté sur les membres directs et indirects de l’association mondiale des zoos et aquariums, la WAZA. En étudiant leurs pratiques sur internet, via notamment les photos et vidéos de visiteurs, et en se rendant directement sur place dans 12 zoos et aquariums dans le monde*, l’ONG a dressé un panorama peu favorable.

Il est ressorti de ses investigations que 75 % des membres (400 directs et environ 900 indirects) de la WAZA proposaient au moins une interaction animal-visiteur listée dans le rapport. Pour l’ONG, la WAZA devrait établir un code éthique et le faire respecter par tous ses membres.

Ce à quoi l’association mondiale des zoos et aquariums a répondu dans un communiqué que son pouvoir ne pouvait s’appliquer à ses membres indirects. En ce qui concerne ses membres directs, en revanche, la WAZA a élaboré « Caring for Wildlife », une sorte de code de conduite à tenir pour respecter le bien-être animal.

« Nous prenons les préoccupations relatives au bien-être des animaux au sérieux et en tenons compte chez nos membres, rapidement et efficacement chaque fois que possible. Nous nous attendons à ce que nos membres directs suivent les instructions données. Cependant, la grande majorité des organisations interrogées dans le rapport WAP ne sont pas membres et il est donc difficile pour nous de faire des commentaires sur ces institutions », se justifie l’association.

Un spectacle d'éléphants dans un zoo aux Etats-Unis.
Un spectacle d'éléphants dans un zoo aux Etats-Unis.

Le rôle des zoos : la conservation des espèces

Dans tous les cas, WAP et la WAZA s’accordent sur une chose : de telles pratiques ne sauraient continuer dans des établissements modernes. Non seulement le public est de plus en plus exigeant en matière de bien-être des animaux en captivité, mais aussi parce que les zoos et aquariums ont une responsabilité en matière de préservation des espèces.

« Il est vrai que certains zoos modernes et responsables jouent un rôle parfois nécessaires dans la préservation de certaines populations sauvages et la protection d’animaux, mais ils doivent toujours faire du bien-être animal leur priorité », commente l’ONG.

Ce qui n’empêche pas pour autant que certaines expériences soient maintenues pour les visiteurs. « Tant que cela n’induit aucun risque de blessure ou d’abus pour l’animal », souligne le rapport.

*En Australie, au Canada, en France, au Portugal, au Japon, aux Philippines, à Singapour, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis. Les zoos et parcs animaliers visités en France sont le Zoo d’Amnéville et le Puy du Fou.

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