Au Canada, on l’appelle caribou mais c’est sous le nom de « renne » que Rangifer tarandus, un grand cervidé originaire des régions froides de l’hémisphère Nord, est le plus connu en Europe. Animal emblématique de Noël, le renne est celui sans qui le père Noël ne pourrait pas distribuer ses cadeaux en un temps record, dans la nuit du 24 au 25 décembre. C’est en effet grâce à la vitesse de ses neuf rennes – Eclair, Tonnerre, Comète, Furie, Fringuant, Danseuse, Cupidon, Tornade et Rudolf – qu’il parcourt la planète aussi vite. Au-delà du folklore qui entoure Noël, le renne fait partie depuis longtemps de l’imaginaire des hommes. Neandertal le dessinait déjà et les populations utilisaient sa fourrure, sa chair ou encore ses bois pour survivre au paléolithique.

Habitat / enclos

Le renne est un animal grégaire qui vit en harde de plusieurs dizaines d’individus dans les forêts boréales, la toundra forestière et la toundra arctique en Amérique du Nord, en Scandinavie et au Nord de la Russie. C’est une espèce migratrice. Chaque hiver, les rennes se mettent en route pour rejoindre des territoires plus au sud, en quête de nourriture.

En parc animalier, les rennes ont donc besoin d’espace. Au Parc animalier de Sainte Croix, les rennes vivent ensemble – à l’exception de la période du rut lorsque les deux mâles sont séparés pour éviter tout affrontement dangereux – dans un vaste enclos. « Celui-ci est de type forestier, boisé avec des types d’arbres adaptés, explique Carine Gendronneau, cheffe animalière. Ce sont par exemple des bouleaux et de grands charmes. Nous évitons en revanche des essences comme le chêne, car les rennes pourraient manger trop de glands, ce qui leur provoquerait des troubles digestifs. »

Avec leurs sabots larges parfaitement adaptés aux longs parcours sur les sols arctiques et subarctiques, les rennes ont également besoin d’un sol particulier. « Il ne faut pas d’herbe dans l’enclos comme par exemple une prairie, prévient également Carine Gendronneau. Car les rennes sont très sensibles à tout type de parasites qui pourraient s’y trouver. »

A Sainte Croix, le groupe des rennes est très soudé, comme l’assure la cheffe animalière. « Tous s’entendent très bien, les 9 femelles comme les 2 mâles que nous séparons uniquement en automne et jusqu’à ce qu’ils perdent leurs bois, pour éviter toute blessure. » Chacun a son propre caractère, certains étant plus craintifs que d’autres, plus affirmés que d’autres. Mais l’ensemble s’entend à la perfection.

« Forcément, ils apprécient davantage les périodes hivernales. Lorsqu’il fait un froid sec et en-dessous de zéro degré, ils se portent comme des charmes ! », continue la cheffe animalière. A ce moment de l’année, les soigneurs de Sainte Croix placent dans leur enclos des sapins pour qu’ils les mangent, mais aussi qu’ils se grattent contre eux. « Les jeunes aiment tout particulièrement jouer avec », ajoute-t-elle.

Régime alimentaire

Le renne est un animal herbivore. Dans la nature, il mange des écorces, des feuilles ou encore du lichen. « Il apprécie vraiment le lichen, c’est leur petit péché mignon, constate Carine Gendronneau. A Sainte Croix, nous leur en dispersons dans l’enclos environ trois fois par semaine, mais toujours après leurs granules pour être sûrs qu’ils les mangent car ils ont tendance à se ruer sur le lichen. »

Ces granules, adaptés au régime alimentaire du renne, sont fractionnés en trois petites rations distribuées au cours de la journée. « Comme dans la nature, les rennes mangent peu et plusieurs fois par jour. Alors, nous nous adaptons à ce rythme. » Ils ont également à leur disposition du foin à volonté et des branchages, apportés frais chaque jour.

Reproduction

Cas exceptionnel chez un cervidé, les femelles comme les mâles ont des bois. « Les ramures des femelles sont généralement plus petites – d’ailleurs, leur gabarit est aussi moins imposant – mais sont toutes aussi belles », commente Carine Gendronneau.

Tous les ans, les bois tombent avant de se reformer l’année suivante. « Les mâles les perdent après le rut – qui démarre vers la mi-septembre et dure jusqu’octobre – tandis que les femelles les perdent plus tardivement. C’est variable, mais les bois des femelles tombent parfois en mars », poursuit la cheffe animalière. Il se pourrait que tandis que les mâles ont besoin de leurs bois pour rivaliser avec les autres mâles pendant le rut, les femelles en aient plutôt besoin pour défendre leurs petits à la naissance, qui se produit généralement au début du printemps.

Après l’accouplement, les femelles entre en gestation pendant une durée d’environ 7 mois et demi. A la naissance, elles s’isolent du reste du groupe pour rester tranquilles. « A Sainte Croix, nous reproduisons les femelles les plus en forme et isolons les autres au moment du rut. Les mères s’occupent toutes très bien de leurs petits – nous en avons eu quatre cette année – et reviennent naturellement dans le groupe lorsqu’elles estiment qu’il est temps. La tétée dure environ six mois et les petits incorporent progressivement d’autres aliments. Au bout d’un moment, nous leurs proposons du grain que nous laissons à leur disposition dans les mangeoires à leur hauteur. Ce sont eux qui décident quand ils sont prêts à faire la transition. »

Santé

Comme évoqué plus haut, les rennes sont sensibles aux parasites et doivent éviter d’être infectés. Ce sont par exemple les tiques, les mouches mais également les parasites intestinaux qui sont dangereux pour lui. « En été, nous plaçons par exemple des ventilateurs à différents endroits de l’enclos pour chasser les mouches qui pourraient les embêter au niveaux des yeux et des oreilles par exemple », explique la cheffe animalière du Parc animalier de Sainte Croix. Les équipes surveillent également qu’il n’y ait pas d’eaux stagnantes à proximité de l’enclos, où se développent les larves de moustiques.

Plutôt habitué aux régions froides, le renne peut également parfois souffrir de la chaleur en plein été. Même s’il perd progressivement son épaisse fourrure d’hiver avant l’arrivée des beaux jours lors d’une mue plutôt impressionnante – il se gratte aux arbres ou carrément entre les mains de ses soigneurs pour se débarrasser de touffes entières ! –, il a besoin de se rafraîchir. « C’est pourquoi l’enclos a été pensé avec de nombreuses zones d’ombres où les rennes peuvent se reposer aux heures les plus chaudes. Et puis nous disposons des ventilateurs et des brumisateurs. »

En captivité, les soigneurs sont également vigilants aux sabots du renne. « Les soucis au niveau des onglons sont fréquents. Il faut absolument éviter les sols humides et la boue au profit de zones sèches pour éviter que des impuretés ne se glissent sous la peau et s’infectent, détaille la cheffe animalière. Lorsque des abcès se produisent quand même, nous évitons d’anesthésier l’animal – sauf en période de rut où tous sont plus nerveux et où nous devons les sédater. Le reste du temps, nous appliquons un système de contention adapté, puis nous le faisons rentrer entre deux parois amovibles pour les immobiliser et nous nous occupons de leurs pieds. Une méthode que nous faisons aussi pour faire les vaccins. »

A l’instar de tous les autres herbivores, les rennes peuvent également présenter une certaine usure des dents passé un certaine âge. « Tous les ans, nous faisons passé à nos pensionnaires les plus âgés un check-up complet avec prise de sang et, bien entendu, contrôle de la dentition»

Dans la nature, le renne a une espérance de vie d’environ 15 ans. « En captivité, c’est un peu plus. Notre plus vieille femelle a par exemple 18 ans et est encore très en forme ! », complète Carine Gendronneau.

Menaces et conservation

D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le renne est une espèce menacée, classée « vulnérable » (VU) sur la liste rouge internationale. La modification de son milieu naturel, avec l’essor de complexes touristiques, la construction d’infrastructures empêchant sa migration ou encore les effets du changement climatique sur son environnement – très marqués dans les régions arctiques – font partie des principales menaces qui pèsent sur son avenir.

L’association européenne des zoos et aquariums (EAZA) a mis en place un programme d’élevage européen (EEP) pour la sous-espèce Rangifer tarandus fennicus, que l’on trouve encore à l’état sauvage en Finlande et en Russie. Mais ce sont généralement des rennes domestiques que l’on aperçoit en parc animalier, comme à Sainte Croix par exemple.

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