Le petit panda n’a rien à envier au panda géant car, lui aussi, est une star dans les parcs animaliers. Rares sont les établissements qui n’en accueillent pas aujourd’hui au sein de leur structure, tant les pandas roux sont appréciés des visiteurs comme des équipes travaillant sur place. « C’est une espèce facile à vivre, qui peut se mixer avec d’autres espèces, prend peu de place et n’exige pas de bâtiment chauffé… Résultat, tous les parcs veulent des pandas roux ! », rappelle Dorothée Ordonneau, vétérinaire au Cerza. Voici ce qu’il faut savoir de la vie du panda roux (Ailurus fulgens), en captivité et en milieu naturel.

Habitat / enclos

« Le panda roux est un animal très arboricole, donc son enclos doit avoir de grands et beaux arbres naturels dans lesquels il pourra facilement aller se réfugier, ainsi que des perchoirs pour aller chercher encore de la hauteur », explique Dorothée Ordonneau.

Originaire des forêts humides de l’Himalaya, le panda roux vit en altitude en milieu naturel. Entre 2800 et 3900 mètres en général ! Il apprécie donc les températures plutôt fraîches et aime moins la chaleur. « Il a besoin d’avoir pas mal de points d’ombre dans son enclos afin de pouvoir trouver de la fraîcheur aux moments les plus chauds de l’année, poursuit la vétérinaire du Cerza. Il est plus à l’aise entre 0 et 10 degrés qu’au-dessus de 15 ! D’ailleurs, le panda roux n’est pas très actif l’été. »

En plus de grands arbres, le panda roux a besoin de maisons en hauteur afin de se reposer quand il le souhaite. « Cet animal est crépusculaire, il s’active principalement le matin et le soir, et passe pas mal de temps à dormir pendant la journée », souligne la vétérinaire.

Pour se sentir à l’aise, le panda roux a également besoin de pouvoir se cacher des regards quand il ressent l’envie. « C’est pourquoi les enclos circulaires autour desquels les visiteurs peuvent circuler pour trouver l’animal sont déconseillés. Idéalement, il faut que rien ne se passe au moins sur deux côtés de l’enclos. A moins que l’enclos soit tellement grand qu’il permette au petit panda de garder ses distances en toutes circonstances. »

Le panda roux tolère facilement la présence d’autres espèces dans son enclos. Cette mixité peut même constituer une forme d’enrichissement pour lui. « Au Cerza, les pandas roux cohabitent avec des muntjacs de Chine, mais ce peut être aussi avec des loutres naines d’Asie par exemple, comme c’est le cas au Zoo de Mulhouse. Ce type de mixité est intéressante à plusieurs niveaux : pour les animaux – les pandas roux vivant en haut et les autres animaux vivant en bas, peu de risque qu’ils se croisent souvent, et puis tous bénéficient ainsi d’un enclos plus grand – et pour les visiteurs car cela a une portée pédagogique de présenter des espèces originaires d’une même région. »

Régime alimentaire

Le panda roux appartient à l’ordre des carnivores, comme les félins, les mustélidés et les ours à qui on a pensé pendant un temps qu’il était étroitement lié. En réalité, le petit panda est le seul du genre Ailurus – de récentes études scientifiques supposent qu’il existerait deux espèces de panda roux : le panda roux de l’Himalaya (Ailurus fulgens fulgens) et le panda roux de Chine ou de Styan (Ailurus fulgens styani) – et il n’a pas vraiment un régime alimentaire carnivore.

On le classe ainsi en raison de ses mâchoires, de ses dents et de ses pattes. Dans la nature, plus de 95 % de son alimentation se compose de bambou, le reste étant essentiellement des fruits, des insectes et occasionnellement des œufs.

« Le panda roux se nourrit principalement de bambou avec, potentiellement, quelques protéines animales mais uniquement de façon opportuniste, confirme Dorothée Ordonneau. Il n’est absolument pas un chasseur né. D’ailleurs, il n’est pas très rapide. En captivité, nous respectons ce régime alimentaire naturel en lui proposant du bambou ainsi que du « cake bambou« , une sorte de poudre qu’on réhydrate. On y ajoute un peu de fruits – comme des pommes et des bananes pour faire du training médical notamment – mais pas de légumes. Ces animaux sont gourmands et ont en effet tendance à se jeter sur les fruits alors les bananes sont idéales pour faire de l’entraînement. »

Au Cerza, les pandas roux ont droit à deux repas jour ainsi qu’à une mise à disposition en continu de bambou. « Nous utilisons leur ration de base pour la rendre plus difficile d’accès, en suspendant le bambou en hauteur par exemple ou en le cachant à divers endroits dans l’enclos », poursuit la vétérinaire. Ces enrichissements servent de stimulant aux pandas roux et leur donnent une occupation.

Reproduction

Les pandas roux sont des animaux habituellement solitaires. Si en captivité ils vivent souvent ensemble, dans la nature, mâle et femelle ne se rencontrent que pour s’accoupler. Puis c’est la femelle qui assure seule l’éducation des petits. En captivité, il en va de même ! Même si le mâle reste présent dans le même enclos – à la différence des félins, les soigneurs n’ont pas besoin de le séparer de sa progéniture – il ne s’en mêle pas et ne fait qu’interagir avec les petits. C’est la femelle qui se charge de tout.

« La gestation est un peu particulière chez les pandas roux : les femelles ont ce que l’on appelle une diapause. L’accouplement se passe généralement entre décembre et janvier, mais le développement embryonnaire se met en pause et la gestation ne reprend vraiment qu’ensuite, pour une mise bas en juin ou juillet, explique Dorothée Ordonneau. Cela se produit en milieu captif comme dans la nature ! Et les ours polaires font de même : ils se reproduisent en mai-juin quand les rencontres entre mâles et femelles sont les plus favorables, et les mises bas ont lieu en novembre-décembre, lorsque la glace est suffisamment épaisse, et après que la femelle ait pu faire le maximum de réserves pendant l’automne. »

Au total, la gestation en tant que telle ne dure que 3 mois environ. Pour les soigneurs animaliers comme pour les vétérinaires, ce n’est pas toujours évident de repérer tôt une gestation chez un panda roux. D’abord parce qu’il y a cette diapause, et puis parce le pelage dense de l’animal ne se prête guère aux échographies. « Le mieux, c’est d’observer si le vente de la femelle s’arrondit et si elle fréquente plus que d’habitude les terriers. »

Car la femelle met bas au sol, dans un terrier. Elle a en moyenne deux petits par portée. Ces derniers naissent aveugles et ne pèsent pas bien lourd. Ils restent très fragiles durant les premiers instants de leur vie et sont donc étroitement surveillés en parc animalier. « La mère déplace ses petits pendant la nuit. Elle les transporte d’un terrier à l’autre pour leur offrir un terrier propre. C’est pourquoi l’enclos doit compter plusieurs terriers car la femelle déménage tout au long de la croissance des petits. »

Ce n’est que vers l’âge de 2 mois que les bébés pandas roux font leurs premières sorties. Ils peuvent rester auprès de leurs parents jusqu’à l’âge de 8 mois à 1 an. « Les parents éjectent les petits avant la mise bas suivante. Alors en parc animalier, le coordinateur de l’espèce procède généralement aux transferts dans d’autres parcs vers mars-avril, avant les mises bas de juin-juillet », révèle la vétérinaire de Cerza. Si le couple ne se reproduit pas, les petits peuvent rester plus longtemps, comme c’est le cas pour les deux petites femelles du Cerza nées en 2019. « Elles ne partiront qu’en septembre, mais il ne faut généralement pas dépasser l’âge de 18 mois, car après, il peut y avoir des tensions. »

Santé

En milieu naturel, l’espérance de vie du panda roux oscille entre 8 et 10 ans. Cela augmente en captivité : 12 ans en général, et parfois de 15 à 20 ans, le plus vieux panda roux connu en captivité ayant atteint l’âge de 21 ans.

« Les pandas roux n’ont pas de problèmes de santé en particulier. Du fait de leur importante fourrure, ils sont toutefois plus sujets aux parasites, tiques et puces, donc il faut les déparasiter. Et puis, ils font une importante mue l’été, ce qui explique que leur pelage n’est pas aussi superbe que d’habitude », commente Dorothée Ordonneau.

D’un naturel gourmand, le panda roux en captivité a toutefois tendance à prendre du poids. Les soigneurs doivent donc le surveiller et éviter tout embonpoint qui pourrait déboucher sur des problèmes de santé plus graves.

Menaces et conservation

Le petit panda est une espèce menacée, classée « en danger » d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il en resterait moins de 10.000 à l’état sauvage.

Parmi les principales menaces qui pèsent sur l’espèce : la déforestation. Les locaux se tournent en effet souvent vers les forêts où vit le panda roux pour trouver le bois dont ils ont besoin pour se chauffer et cuire leurs aliments. L’installation de villages a également dégradé le territoire naturel du petit panda avec la construction de routes et autres infrastructures. Et puis, la proximité grandissante avec l’homme et les animaux domestiques l’expose davantage à des maladies comme la maladie de Carré à laquelle il est particulièrement sensible.

Adulé par le tout internet et considéré par beaucoup comme une peluche animée, le panda roux est également la cible de braconniers qui n’hésitent pas à le capturer dans son milieu naturel pour le revendre comme animal de compagnie. Quand ce n’est pas tout simplement pour sa fourrure ou sa viande, qui trouvent preneurs sur le marché asiatique.

Heureusement, des actions de conservation sont menées in situ pour sa conservation. L’ONG Red Panda Network a notamment mené d’importants programmes de conservation au Népal et étend désormais son action à d’autres pays de l’aire de répartition du petit panda.

Ex situ, le panda roux fait l’objet d’un programme d’élevage européen (EEP) cordonné par le zoo de Rotterdam (Pays-Bas). « Lorsque j’ai commencé le métier il y quinze ans, les naissances de pandas roux dans les parcs zoologiques étaient plutôt rares et aujourd’hui, la tendance est plutôt à freiner la reproduction !, se souvient Dorothée Ordonneau. Soit en les mettant sous contraception, comme nous l’avons fait cette année pour le couple du Cerza, soit en créant des groupes unisexes. » Il faut dire qu’au fil des ans, les conditions d’élevage se sont considérablement améliorées.

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