Bien qu’on le surnomme le roi de la savane, le lion est aujourd’hui menacé. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe l’espèce dans la catégorie « vulnérable » à l’extinction et les populations déclinent. Si rien ne change, le lion pourrait s’éteindre d’ici 2050. Les deux sous-espèces de lions sont concernées :

  • le lion d’Afrique (Panthera leo leo), et notamment les individus d’Afrique de l’Ouest, considérés comme « en danger critique » d’extinction ;
  • le lion d’Asie (Panthera leo persica) dont il ne reste plus que 674 individus (recensement de juin 2020) cantonnés dans la forêt de Gir, en Inde.

Le lion demeure l’une des espèces les plus emblématiques des parcs zoologiques qui le présente. En France, il est par exemple possible de l’admirer au Parc des Félins, au Parc zoologique de Paris, le Bioparc de Doué-la-Fontaine, Planète Sauvage, Zoo African Safari ou encore au Zoo de Jurques, qui présente des lions bruns et des lions blancs.

Habitat / enclos

Bien qu’on le rattache à la savane, le lion peut vivre dans différents milieux. On le trouve ainsi dans la savane africaine mais également dans les prairies, les forêts, le désert… Les lions d’Asie sont en revanche forestiers. Ce qui n’empêche pas le lion d’Afrique de se montrer habile grimpeur aux arbres. D’ailleurs, certains lions se reposent sur des branches en hauteur et les lionceaux aiment jouer dans les arbres. Ces félins peuvent aussi traverser des plans d’eau car ils sont de bons nageurs.

En captivité, les lions ont besoin de retrouver dans leur enclos de quoi les stimuler comme ce serait le cas dans la nature, mais aussi de quoi se reposer. Il s’agit en effet d’un animal peu actif qui passe l’essentiel de son temps – 10 à 15 heures par jour – à dormir et rester tranquille. La présence de végétation est importante pour lui offrir de l’ombre en cas de fortes chaleurs, mais aussi pour lui permettre de se cacher aux yeux des visiteurs ou de leurs congénères quand il en éprouve le besoin.

L’enclos doit également offrir plusieurs zones de marquage, comme des rochers, des troncs, des arbres et être suffisamment grand pour permettre, si nécessaire, de séparer les individus. Les lions bénéficient aussi de loges intérieures en cas de conditions climatiques dégradées ou pour isoler un individu malade par exemple.

Au Zoo de Jurques, les lions bruns disposent d’un enclos extérieur de 4000 m² et les lions blancs d’un espace de 2000 m². Ces enclos sont boisés et agrémentés de rochers pour permettre au lion de se reposer à l’ombre ou à l’abri de la foule. Ils ont également des plateformes en bois sur lesquelles peuvent se percher les félins. « Ces aménagements sont déjà des enrichissements en soi, en plus de la présence éventuelle d’animaux sauvages comme les poules d’eau dans le bassin et de lapins de garenne dans l’enclos », assure Guillaume Ourry, dirigeant de l’établissement.

A l’inverse de nombreux grands félins comme le tigre par exemple, le lion vit en groupe de plusieurs individus dans la nature. En captivité, il n’est donc pas opposé à partager son enclos avec ses congénères. Surtout lorsqu’il s’agit de membres de sa famille. En revanche, c’est plus compliqué de mettre en contact de nouveaux lions. « En fait, tout dépend de la structure du groupe, nuance Guillaume Ourry. En effet, l’introduction de nouveaux individus au sein d’un groupe déjà constitué est une chose très complexe. »

Alimentation

Le lion est un carnivore. Il se nourrit donc exclusivement de viande. Dans la nature, il chasse des proies moyennes à grandes, principalement des herbivores tels que le zèbre, le koudou et même de plus grandes proies comme le buffle ou la girafe.

En captivité, aussi, la viande représente l’essentiel de l’alimentation du lion. Attention, il ne mange pas tous les jours mais à intermittence, comme nous l’explique Guillaume Ourry :

« Nous avons changé notre méthode d’alimentation en 2020, suite à la lecture d’une étude américaine sur le sujet. Désormais, nous pratiquons deux jours de jeûne consécutifs par semaine, suivis d’un très gros repas : environ 9 kg pour un mâle et 7 kg pour une femelle. Puis, nous les nourrissons un jour sur deux à raison de 6 kg pour un mâle et 4 kg pour une femelle. Ce nourrissage semble être le plus en adéquation avec l’alimentation naturelle du lion. »

En milieu sauvage, il en est de même : le lion n’est pas assuré de manger tous les jours. Tout dépend de si la chasse s’est révélée concluante ou non. Et lorsqu’un groupe de lions capture une grande proie, alors tous mangent une quantité plus importante à un instant T. De quoi leur permettre de tenir sur leurs réserves les jours suivants, si les proies se font plus rares.

« A Jurques, nous leur donnons 80 % de viande blanche – du poulet et de la pintade – et 20 % de viande rouge – du bœuf. Pour adapter leur régime au mieux, nous utilisons des outils de « body scoring », ou évaluation de l’état corporel », continue le responsable du parc animalier normand, en accord avec les recommandations de l’AZA (Association of Zoos and Aquariums).

Afin de s’assurer que chaque lion reçoit la nourriture qui lui est destinée et éviter des tensions, chaque lion est nourri individuellement. Tous reçoivent également des compléments alimentaires pour éviter d’éventuelles carences.

Santé

En milieu naturel, l’espérance de vie du lion est de 15 ans en moyenne. C’est plus en captivité où l’animal peut recevoir des soins adaptés. « Chez nous, par exemple, notre lionne la plus âgée à 22 ans », reprend le responsable du Zoo de Jurques.

Les lions ont généralement une bonne condition physique. « Avec l’âge, ils développent des maladies assez communes au vieillissement comme de l’arthrose, des problèmes rénaux ou encore des tumeurs. »

A part des problèmes gériatriques inévitables, ils n’ont pas besoin de soins particulièrement assidus. Au Zoo de Jurques, « nous ne vaccinons pas nos félins et nous ne les vermifugeons pas de façon systématique. A la place, nous réalisons deux coprologies – ou analyse des matières fécales – par an et leur donnons un vermifuge si les résultats montrent que c’est nécessaire. »

Reproduction

A la différence du guépard, le lion n’est pas une espèce difficile à reproduire en captivité. Plusieurs zoos ont d’ailleurs dû placer sous contraceptifs leurs couples de lions pour limiter le nombre de naissances.

C’est le cas par exemple à Jurques, qui a placé ses jeunes lionnes sous contraceptifs, les plus âgées n’en ayant pas besoin. Et puis, on se souvient de l’euthanasie de 9 lionceaux pourtant en bonne santé dans un zoo de Suède par manque de place dans d’autres structures…

Pendant la période de reproduction, « les accouplements sont nombreux et les lions sont toujours ensemble », rappelle Guillaume Ourry. Comme dans la nature : quand une femelle accepte de s’accoupler, le couple reste ensemble pendant environ 5 jours au cours desquels ils s’accoupleront plusieurs dizaines de fois par jour !

Il n’y a qu’à la fin de la gestation – qui dure environ 110 jours chez ce félin – que les lionnes sont isolées pour plus de tranquillité. « Vers la fin, elles sont assez apathiques, puis elles adoptent souvent un comportement nerveux avant la mise bas », continue-t-il.

Les lionceaux sont très fragiles à la naissance. D’ailleurs, il n’est pas rare que certains ne survivent pas. Une lionne a entre 2 à 6 lionceaux par portée. Ils sont aveugles durant les premiers instants de leur vie et dépendent complètement de leur mère. Malheureusement, il arrive que certaines femelles rejettent leurs petits et ne s’en occupent pas. La négligence parentale est d’ailleurs l’une des principales causes de mortalité des bébés lions.

Quand tout se déroule bien, les lionceaux ont tout de même besoin de rester à l’écart du reste du groupe, avec leur mère. « Ils resteront avec elle jusqu’à leur maturité – vers l’âge de 3 ans – et seront allaités jusqu’à leurs 6 mois. Ce n’est qu’à partir de 3 mois qu’ils pourront faire leur première sortie dans l’enclos extérieur. »

Conservation

Le lion est malheureusement une espèce menacée. Alors qu’ils étaient dix fois plus nombreux il y a un siècle, les lions ne seraient plus aujourd’hui que 20.000 dans la nature et les populations sauvages continuent de décliner.

La principale menace, c’est la disparition de leurs proies au profit du commerce de viande de brousse, ainsi que les conflits avec l’homme. Ces dernières années, le braconnage ciblé pour récupérer des parties du corps des lions a également augmenté. Les crocs, les griffes, les os sont extraits et utilisés dans la médecine traditionnelle africaine ou vendus en Asie.

Aujourd’hui, le lion ne vit plus que dans 28 pays africains et en Inde, unique pays à abriter encore des lions d’Asie à l’état sauvage. Il a disparu de 95 % de son aire de répartition historique.

Pour lutter contre son déclin, des associations et des gouvernements se mobilisent. L’ONG Panthera, soutenue par plusieurs parcs animaliers français, a notamment lancé le projet Leonardo. Son objectif : aider au rétablissement des populations africaines en atteignant au moins les 30.000 individus d’ici 2030.

Comment ? En renforçant la protection des lions dans leurs habitats naturels et en construisant des corridors pour permettre aux différents groupes de se rencontrer. Cela passe notamment par un important travail avec les populations locales, pour les aider à réduire les risques d’attaques sur le bétail par exemple. Panthera soutient des projets dans 18 des 28 pays d’Afrique où le lion est encore présent.

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