Avec sa robe tachetée, ses longs traits noirs coulant de ses yeux tels des larmes et son allure athlétique qui lui permet d’atteindre des pointes à plus de 110 km/h, le guépard fascine. Plusieurs parcs animaliers présentent ce félin en France. Il est ainsi possible d’en voir au Safari de Peaugres, au Bioparc de Doué-la-Fontaine, au zoo de Montpellier, à la Réserve africaine de Sigean ou encore au Parc des Félins.

Habitat / enclos

Le guépard avait auparavant une aire de répartition assez étendue. On le trouvait ainsi en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Aujourd’hui, il a disparu d’au moins 25 pays où il était originellement présent, et peut-être plus. En Asie, une seule population isolée vit encore à l’état sauvage : environ 50 individus en Iran. Le dernier territoire sauvage du guépard est désormais l’Afrique.

Il apprécie les milieux ouverts comme la savane, les steppes ou encore les plaines. Sa présence est aujourd’hui attestée dans une vingtaine de pays, dont le Kenya, la Tanzanie, le Botswana et l’Afrique du Sud.

En captivité, le guépard a besoin d’enclos plutôt en longueur et dans lesquels il pourra facilement trouver de quoi se positionner pour voir de loin. « Ces félins passent une partie de leur temps à dormir et observer ce qu’il se passe, explique Christelle Vitaud, directrice et vétérinaire du Safari de Peaugres, en Ardèche. Si les jeunes apprécient les jeux – avec des balles par exemple ou des sacs en toile de jute – et se percher dans des arbres, passés 2 à 3 ans, ils préfèrent qu’on les laisse tranquilles. »

En période de reproduction, lorsqu’un mâle fait la connaissance d’une femelle, il peut être intéressant de placer dans l’enclos des souches, des troncs et autres points de marquages potentiels. « A Peaugres, nous avons un enclos spécial dans lequel nous faisons entrer la femelle pendant la nuit et, le jour, nous inversons en faisant entrer le mâle. Si la femelle en question présente des signes de chaleur, alors le mâle passe sa matinée à marquer l’enclos et même à roucouler ! »

Un système de leurre placé dans l’enclos peut également les inciter à sprinter, comme ils le feraient dans la nature s’ils pourchassaient une proie. Pour les visiteurs, c’est aussi l’occasion de voir en vrai l’étonnante vitesse de ces félins.

Alimentation

Comme tout félin, le guépard est carnivore. En milieu naturel, il utilise ses atouts de chasseurs pour capturer des proies comme des impalas, des gazelles, des antilopes ou encore des phacochères.

Parce qu’il chasse généralement seul – ou parfois en famille avec une poignée d’individus – le guépard cible des proies de taille moyenne, dont le poids ne dépasse pas les 100 kg. Il peut tout de même lui arriver de chasser des proies plus importantes, comme des gnous par exemple.

En captivité, aussi, le guépard a besoin de viande. « Nous essayons d’alterner entre viande blanche et viande rouge, en respectant un jour de jeûne. Seules les femelles gestantes, si elles en ont besoin, ne jeûnent pas », détaille Christelle Vitaud. Au Safari de Peaugres, la viande des guépards est toujours fraîche et non décongelée. « Nous nous sommes aperçus qu’ils pouvaient avoir des troubles digestifs, mais cela ne se produit pas lorsque nous leur donnons du frais », poursuit la directrice.

A cette alimentation s’ajoute des compléments minéraux et vitaminiques.

Reproduction

Dans la nature comme en captivité, la reproduction des guépards est assez complexe. « A la différence des lions par exemple, où il suffit de mettre en contact un mâle et une femelle, chez les guépards les femelles choisissent le mâle. Et ce n’est pas automatique ! A Peaugres, par exemple, il nous est déjà arrivé de présenter 7 mâles à une femelle avant qu’elle ne trouve finalement chaussure à son pied », se souvient Christelle Vitaud.

Or, si un mâle ne convient pas, alors la femelle n’aura pas de chaleur. C’est donc extrêmement important de former la bonne paire pour espérer un accouplement. « Pendant longtemps, la reproduction du guépard en captivité était compliquée. On mettait en contact mâles et femelles qui se complétaient bien génétiquement, mais ce n’était pas suffisant. La reproduction est avant tout comportementale. Avec le temps, on a de plus en plus calqué ce qu’il se passait dans la nature : plusieurs mâles rentrent dans le territoire d’une femelle et elle fait son choix », continue la vétérinaire.

Pour les parcs animaliers qui souhaitent s’investir dans la reproduction du guépard – l’espèce fait l’objet d’un programme d’élevage européen (EEP) – il faut donc de l’organisation afin de pouvoir présenter différents mâles à une femelle. Cela implique parfois de faire venir des mâles uniquement pour tenter une rencontre avec la femelle, puis de le faire repartir si cela ne fonctionne pas. « Pendant longtemps, nous avons travaillé avec le Zoo de la Palmyre et aujourd’hui davantage avec le Zoo de Montpellier, qui a la même sous-espèce que nous. Et puis c’est pratique car pas très loin. »

Il faut également une organisation logistique. Peaugres a 10 enclos différents – dont 2 seulement sont visibles du public. « Nous avons par exemple un enclos au relief plutôt accidenté où nous inter-changeons mâle et femelle jour et nuit pour qu’ils sentent les odeurs de l’un et de l’autre avant leur rencontre et ainsi créer un climat d’attente. Et puis nous avons un couloir le long de l’enclos de mise en contact pour observer les comportements des animaux en amont et ainsi éviter tout risque de blessure », détaille Christelle Vitaud.

Si une femelle est intéressée par un mâle, elle commencera à avoir des chaleurs. « Chez certaines, c’est très visible avec par exemple la femelle qui se roule sur le dos devant le mâle. Mais chez d’autres, c’est plus timide. Il faut avoir l’œil », explique la vétérinaire. Le mâle peut aussi être un bon indicateur de chaleur chez la femelle, puisque s’il la sent réceptive, il commencera à produire de fortes vocalises très roques.

« L’accouplement se produit généralement rapidement, dans l’heure qui suit la mise en contact. Trois semaines plus tard, nous les remettons en contact, et s’ils s’ignorent, c’est que la femelle est sûrement pleine. » De cette façon, pas besoin d’anesthésier la femelle pour lui faire une échographie.

La gestation dure en moyenne 90 jours chez le guépard. Les portées sont assez variables. « A Peaugres, nous avons eu de 1 jusqu’à 7 petits. » Que ce soit dans un extrême ou l’autre, il faut se montrer vigilant. « Une femelle qui n’a qu’un petit risque de ne pas aller au bout de l’élevage et ne produira plus suffisamment de lait », avertit Christelle Vitaud. C’est ce qu’il s’était passé au Safari de Peaugres en 2016. La petite Zoé, seule de sa portée, avait dû être élevée par une autre femelle guépard ayant récemment eu des petits. « Il fallait éviter à tout prix l’élevage à la main pour qu’elle puisse intégrer tous les codes de son espèce. »

Inversement, quand une portée est trop grande, un petit peut se retrouver plus faible que les autres. Après leur naissance, tous les bébés guépards sont fragiles et n’ouvrent pas les yeux avant plusieurs jours. « Nous les pesons tous les jours pour nous assurer qu’ils grandissent bien. En moyenne, ils doivent prendre 30 à 50 grammes chaque jour. »

Les petits ne rencontreront jamais leur père, comme cela se produirait dans la nature. Ils resteront en revanche 18 mois avec leur mère, le temps d’apprendre tout ce dont ils auront besoin dans leur vie de guépard adulte.

Santé

En captivité, l’espérance de vie d’un guépard est de 14 à 15 ans en moyenne. « Notre plus vieille femelle a vécu jusqu’à 19 ans », précise Christelle Vitaud. Mais dans la nature, c’est bien moins. D’après l’ONG Panthera, les guépards du Serengeti (parc national tanzanien) vivent en moyenne 5 à 6 ans.

Avec l’âge, les guépards peuvent développer une insuffisance rénale. Ils seraient même plus exposés à cette pathologie que les autres félins, également très sensibles.

« Nous devons par ailleurs les vermifuger toutes les six semaines, ajoute la vétérinaire du Safari de Peaugres. Nous faisons attention à leur donner des vermifuges bien connus, car de mauvaises réactions peuvent parfois se produire. » Au Bioparc, deux femelles guépards sont malheureusement mortes suite à une intolérance sévère à un antiparasitaire.

A chaque fois, le vermifuge est dissimulé dans la nourriture des guépards. Avec cette espèce, il n’y a pas de médical training. « Nous limitons au maximum les interactions avec les humains pour préserver leur instinct naturel », détaille la directrice et vétérinaire de Peaugres.

Conservation

Dans le milieu sauvage, le guépard est malheureusement une espèce menacée. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe Acionyx jubatus dans la catégorie « vulnérable » à l’échelle globale.

Mais des sous-espèces sont encore plus menacées. C’est le cas du guépard du Sahara (Acionyx jubatus hecki) et du guépard d’Asie (Acionyx jubatus venaticus), tous deux « en danger critique » d’extinction.

Le nombre de guépards sauvages continue de diminuer et on estime la population d’aujourd’hui à moins de 7.000 individus, principalement en Afrique. Ces félins sont menacés par la disparition de leur milieu naturel, les conflits avec l’homme – et notamment les éleveurs de bétail – et par le braconnage.

Bien que protégés, il existe également un important trafic de bébés guépards qui, une fois capturés dans la nature, sont vendus comme animaux de compagnie. Posséder un guépard « domestique » est un symbole de richesse dans les pays du Golfe persique. Résultat, les millionnaires en raffolent. D’après les estimations du Cheetah Conservation Found ou CCF (Fonds de Conservation pour le Guépard), environ un millier de guépards vivraient ainsi, principalement aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite.

Sur le terrain, plusieurs organismes s’impliquent pour la conservation de ce félin. C’est le cas par exemple de Panthera et du CCF, fondé par la zoologiste Laurie Marker. Ses principales missions : travailler en collaboration avec les éleveurs pour réduire les représailles envers les guépards. L’association leur fournit par exemple des chiens de garde expressément élevés pour garder les troupeaux. Plusieurs parcs zoologiques soutiennent financièrement ces programmes, comme le Safari de Peaugres qui reverse en moyenne 5000 à 10.000 euros au CCF.

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