Imposant par sa taille – l’éléphant est le plus gros de tous les mammifères terrestres avec un poids moyen compris entre 3 et 6 tonnes et une hauteur de 3 mètres au garrot – ce pachyderme se distingue au premier coup d’œil par sa trompe.

Cet appendice exceptionnel – fusion du nez et de la lèvre supérieure – lui sert aussi bien à respirer, boire, se nourrir ou encore saisir des objets et même communiquer ! Il porte aussi des défenses en ivoire qui, malheureusement, lui valent d’être traqué par les braconniers.

Dans la nature, il est possible de trouver des éléphants sur deux continents : l’Asie et l’Afrique. Depuis peu, nous savons qu’il existe deux espèces d’éléphants en Afrique :

  • l’éléphant de savane (Loxodonta africana),
  • l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis).

L’éléphant d’Afrique est un animal emblématique de la savane, mais aussi des parcs animaliers. Charismatique, il est très apprécié des visiteurs.

Habitat / enclos

Les éléphants africains vivent en Afrique subsaharienne, dans un peu moins d’un quarantaine de pays aujourd’hui. On les trouve notamment au Botswana – pays qui compte la plus importante population sauvage d’éléphants de savane avec 130.000 individus –, en Namibie, au Zimbabwe ou encore eu Kenya.

L’éléphant de forêt, plus petit, est quant à lui surtout présent dans les forêts d’Afrique centrale et de l’Ouest. On le retrouve par exemple au Gabon et au Congo, dans des habitats moins ouverts que son cousin de la savane.

Les éléphants sont connus pour être de grands marcheurs. Dans la nature, ils sont capables de parcourir de très grandes distances tous les jours afin de trouver à boire et à manger : plusieurs dizaines de kilomètres en une journée !

En captivité, cela leur est impossible. Mais leur bien-être passe surtout par l’existence de certaines composantes dans leur enclos. « La superficie n’est pas si importante qu’on pourrait le penser », avertit Sylvie Clavel, vétérinaire au Zoo African Safari près de Toulouse. Une information confirmée par l’EAZA dans son « guide des bonnes pratiques » sur l’éléphant.

« L’important, c’est d’avoir un enclos avec un sol varié où l’éléphant pourra s’user la plante des pieds comme il le ferait dans la nature, reprend la vétérinaire. Il aime se coucher dans les bourbiers et aussi fouler les zones d’herbes. Et puis, la présence d’un bassin où il peut s’immerger est un plus. Bien entendu, il lui faut également des zones d’ombres. »

Cette variété d’éléments stimule l’éléphant et l’encourage à faire un peu d’exercice pour rester en bonne santé. Placer de la nourriture à différents endroits et différentes hauteurs est aussi un stimulant intéressant pour le pachyderme.

En plus d’un enclos extérieur, les éléphants doivent aussi disposer de bâtiments. « Tous les zoos participant à un programme de reproduction doivent avoir trois enclos séparés différents », préconise l’EAZA.

« Chez nous, le mâle a deux box pour lui tout seul avec des murs pleins, très costauds, détaille Sylvie Clavel. Quant aux femelles, elles ont potentiellement chacune un box ainsi qu’un accès à un box commun. En cas de souci, le mâle peut facilement être isolé, notamment quand il commence à s’agiter à l’approche du rut. A ce moment-là, il peut devenir agressif. »

Les éléphants sont des animaux à la force colossale. Les soigneurs animaliers qui travaillent à leurs côtés doivent donc respecter de nombreuses règles de sécurité pour éviter l’accident. En plus des barreaux renforcés de leurs enclos, « des marquages au sol indiquent la limite à ne pas franchir quand on fait du training par exemple », explique la vétérinaire du Zoo African Safari. « Et puis, il faut toujours rester très concentré dans ces moments. »

Alimentation

Les éléphants d’Afrique sont herbivores : ils se nourrissent exclusivement de végétaux. Le régime alimentaire est très varié : herbes, feuilles, branchages, racines, écorces, fruits…

Idem en captivité. « Nous proposons aux éléphants deux repas quotidiens, le matin et le soir, composés de fruits et de légumes divers, ainsi que de la farine d’orge et de maïs », détaille la vétérinaire du Zoo African Safari.

Chaque éléphant a ses petites préférences. « Les femelles aiment bien les pommes et les bananes, c’est un grand classique. En revanche, le mâle raffole du poireau… C’est son truc ! »

En plus de ces repas, les éléphants du zoo de Plaisance-du-Touch disposent de foin à volonté et mangent des branchages et de l’herbe tout au long de la journée. Ils ont également accès à l’eau pour se désaltérer.

Tous les jours, un éléphant d’Afrique a besoin de manger 300 kg de matières végétales et de boire 60 à 100 litres d’eau ! Résultat, se nourrir lui prend du temps : environ 16 heures par jour. Il reste peu de temps pour dormir : environ 4 à 5 heures toutes les 24 heures.

Reproduction

Les éléphants mâles sont plutôt solitaires tandis que les femelles vivent en groupe, guidées par une matriarche. Ce n’est qu’au moment de la reproduction que mâles et femelles entrent en contact, avec un mâle pouvant féconder plusieurs partenaires.

Une femelle a généralement un seul petit à la fois. Les cas de jumeaux sont en effet extrêmement rares, mais pas impossibles : cela est par exemple arrivé en 2014 dans une réserve d’Afrique du Sud.

Les éléphanteaux naissent après une longue gestation de 20 à 22 mois, autrement dit, presque 2 ans ! Ils restent au sein du groupe familial durant toute la durée de leur apprentissage. La maturité sexuelle est assez tardive, aux alentours de 13-15 ans.

En parc animalier, la reproduction de l’éléphant d’Afrique n’est pas simple. Il a fallu plusieurs années pour que les résultats s’améliorent. « Et puis dans beaucoup de parcs, on a maintenu des groupes de femelles sans mâles, ajoute Sylvie Clavel. Leurs cycles se sont enchaînés sans qu’elles puissent se reproduire, jusqu’à atteindre un âge où elle ne le pouvait plus. »

Pourtant, les accouplements en captivité se passent généralement bien. « La femelle se montre tactile avec le mâle, elle le touche avec sa trompe… Ensuite, pendant la gestation, nous surveillons que la femelle se porte bien. C’est un moment où elle est plus sensible. » Il semblerait que les taux de fécondité des femelles soient moins élevés en captivité que dans la nature, tandis que la mortalité des éléphanteaux est importante. Au Zoo de Zurich (Suisse), à l’été 2020, un petit est par exemple mort après avoir été tué involontairement par les autres éléphants du troupeau, qui voulaient l’aider à se relever.

Contrairement à la plupart des félins, il n’y a pas obligation de séparer le mâle du petit, après la naissance. « A ma connaissance, aucun père n’a jamais tué son petit », souligne la vétérinaire. Mais il arrive que pour plus de tranquillité les soigneurs mettent le mâle à l’écart.

Santé

Dans la nature, l’espérance de vie d’un éléphant est de 40 à 70 ans, avec plutôt une moyenne autour de 50-60 ans. Elle est généralement similaire en captivité. Le plus vieil éléphant connu en captivité est mort à l’âge très avancé de 88 ans en Inde. Il s’agissait d’un éléphant d’Asie.

Ces pachydermes ont cependant plus de fragilité à l’égard de certaines maladies. C’est le cas notamment de la tuberculose, une maladie contagieuse mortelle transmise le plus souvent par l’homme à l’animal. C’est la raison pour laquelle sont surtout concernés les éléphants captifs et non ceux vivant en milieu naturel. En raison du fort caractère contagieux de cette infection inter-espèces, les cas de tuberculose sont pris avec beaucoup de sérieux. Comment oublier les deux éléphants d’Asie du zoo de Lyon porteurs de la tuberculose et qui ont défrayé la chronique au début des années 2010 ? Menacés d’euthanasie, Baby et Népal avaient finalement trouvé refuge à Roc Agel, propriété de la famille princière de Monaco.

« Dorénavant avant chaque transfert, on procède à des tests pathologiques pour vérifier qu’un éléphant n’est pas porteur de la tuberculose », précise Sylvie Clavel, qui ajoute : « Cette maladie est davantage diagnostiquée chez l’éléphant d’Asie que chez l’éléphant d’Afrique ».

Habitués à marcher de longues distances dans la nature, les éléphants peuvent aussi développer des problèmes de pieds. Pour les éviter, les soigneurs utilisent le medical training (ou entraînement médical) pour retirer la corne. « Au Zoo African Safari, nous le faisons une fois par semaine et contrôlons régulièrement. Pour cela, nous demandons à l’éléphant de nous présenter ses pieds, en l’encourageant avec de la nourriture et la voix du soigneur », détaille Sylvie Clavel.

En vieillissant, les éléphants peuvent aussi avoir des troubles digestifs et une usure des dents, un classique chez les herbivores. Quant aux jeunes, il arrive qu’ils succombent au virus de l’herpès. « Là encore, les éléphants d’Asie sont davantage concernés. »

Conservation

Chassé pendant de nombreuses années – et aujourd’hui encore – pour son ivoire, l’éléphant d’Afrique est aujourd’hui menacé. D’après une récente mise à jour de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’éléphant de savane est classé « en danger » (EN) et l’éléphant de forêt « en danger critique » (EN), dernier pallier avant l’extinction dans la nature.

Pourtant, l’éléphant d’Afrique est inscrit en annexe I de la Cites depuis 1989. Selon cette réglementation, son commerce ou celui de parties de son corps (ses défenses par exemple) est strictement interdit à l’échelle internationale. Une exception existe cependant, puisque l’espèce est inscrite en annexe II dans 4 pays : le Botswana, le Namibie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe. La chasse à l’éléphant est autorisée dans ces pas, sous certaines conditions.

Malgré tout, le commerce international de l’ivoire est interdit, mais un important trafic continue d’exister. On estime que 30.000 éléphants sont tués chaque année en Afrique, et que la population sauvage restante ne serait plus que de 415.000 individus. A titre de comparaison, ils étaient 3 à 5 millions au début du 20e siècle.

En Europe, l’éléphant d’Afrique fait l’objet d’un programme européen d’élevage (EEP), coordonné par l’EAZA.

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