« Un miracle ». C’est ainsi que les équipes de Touroparc ont désigné la naissance d’un tigreau blanc, le 8 août dernier. Il faut dire que rien ne laissait penser que la femelle était gestante. Bien au contraire…

Naissance surprise

Il est 7h30 du matin ce dimanche 8 août lorsque le chef animalier adjoint, Victor Jeandin-Livet passe devant l’enclos des tigres blancs pendant sa ronde. Il est alors intrigué par d’inhabituels petits mouvements en provenance de l’une des loges de la fauverie… En y regardant de plus près, il découvre… un bébé tigre blanc !

« Stupéfait à la vision d’un tout jeune félin, il n’a pas tardé à m’appeler et m’a tout de suite part de sa découverte inattendue : un tigreau était allongé près de sa mère », raconte Thomas Gervais, le directeur général du parc.

Personne, pas même les soigneurs, n’avait vu venir cette incroyable naissance, qualifiée de « quasi-surnaturelle » par Thomas Gervais. Et pour cause, la femelle n’avait laissé transparaître aucune indication quelconque pouvant laisser penser qu’elle était gestante.

« Protectrice envers son petit, Tina a caché cette future mise bas, raconte dans un communiqué le parc animalier de Saône-et-Loire. L’absence de contraction et de prise de poids n’annonçaient pas cette venue. »

Et puis, Tina est une tigresse âgée. Née au Touroparc en 2006, elle vient de fêter ses 15 ans, ce qui est un âge avancé pour la reproduction d’une femelle.

La surprise a donc été totale pour les équipes, qui ont dû réagir vite. Rapidement, ils ont mis en place un protocole alimentaire adapté. Ils ont également installé un système de vidéosurveillance dans la loge de la tigresse afin de ne pas l’importuner et de la laisser tranquille avec son petit. Les images sont d’ailleurs partagées en temps réel dans le parc, près de la loge intérieure de Tina et son petit.

Mâle disparu récemment

Non seulement la femelle est âgée et n’a rien laissé paraître de sa gestation, mais en plus, elle est seule depuis plusieurs semaines ! Son compagnon, le mâle Randir, est en effet mort des suites d’une tumeur pulmonaire début juin 2021.

« La gestation d’une tigresse étant d’une centaine de jours, l’accouplement a dû se produire fin avril, juste avant le décès du mâle, estime le Touroparc. Randir a voulu donner une dernière descendance à sa partenaire de longue date afin de ne pas la laisser seule. »

Ensemble depuis 2010, Randir et Tina ont eu cinq portées, soit 14 bébés au total, dont ce petit dernier. Les 13 autres sont depuis partis dans d’autres parcs animaliers. Mais la dernière portée remonte à 2014, autrement dit, cela faisait 7 ans que le couple n’avait plus eu de petits !

Sexage et première sortie pour bientôt

Le petit tigre né le 8 août était le seul de la portée. Pour l’instant, il semble en bonne santé, mais aucun examen vétérinaire n’a encore été fait, car on préfère le laisser tranquille avec sa mère.

« Les 8 à 10 premiers jours sont une période sensible, vitale mais fragile. Néanmoins, le nouveau-né nous paraît solide et la mère, aux gestes et aux comportements bienveillants, est elle aussi en bonne santé », précise Thomas Gervais.

Les premiers soins et examens, ainsi que le sexage du petit, auront lieu un mois après la naissance. « Blotti contre le ventre de sa mère, ils tissent, ensemble, les liens familiaux qui les unissent maintenant. Ces instants de calme, en famille, sont nécessaires pour faire de Tina et son bébé des alliés inséparables », explique le parc.

Il faudra donc attendre encore un peu avant de savoir s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Le public sera invité à aider à lui trouver un nom via les réseaux sociaux. « Mi-septembre, une concertation interne sera faite ; 4 prénoms seront proposés. La première partie des votes se déroulera via la page Facebook de Touroparc.Zoo, seuls les deux favoris seront retenus. Ensuite, à vous, les visiteurs, de décider définitivement du prénom du jeune tigre », détaille le parc.

Quant à savoir combien de temps ce petit tigre blanc restera à Romanèche-Thorins, tout dépendra. Aucune décision n’a encore été prise. « Son avenir et son temps passé à Touroparc ne sont pas encore décidés, cela dépendra certainement du sexe du petit », assure la communication du parc.

Le tigre blanc, un animal à part

Contrairement à ce que certains pensent, le tigre blanc n’est pas une espèce ou une sous-espèce de tigre à part entière. Il s’agit en réalité d’un tigre du Bengale atteint de leucisme, ou leucitisme, une anomalie génétique qui donne au félin une robe blanche plutôt qu’orangée comme chez les autres tigres.

Le gène responsable est récessif et pour avoir des petits tigres blancs, le recours à la reproduction de partenaires consanguins a malheureusement été très fréquent. Plusieurs individus sont nés avec des tares génétiques importantes, des malformations et une santé plus fragiles.

De nombreux organismes en appelle à l’arrêt de l’élevage des tigres blancs et à laisser cette population détenue en captivité s’éteindre naturellement. En 2011, l’association américaine des zoos et aquariums (AZA) a d’ailleurs indiqué que ses membres ne devraient plus reproduire intentionnellement ces animaux. D’autant que l’élevage de tigres blancs « ne présente pas un intérêt majeur pour la conservation du tigre », comme le rappelle Touroparc.

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