Rien n’est fait, mais toutes les équipes croisent les doigts depuis qu’un mâle est arrivé dans le cadre d’un programme de reproduction européen et a rejoint la femelle Suyiana… Après moult péripéties !

Brexit et guerre en Ukraine ont retardé le projet

En effet, le Parc animalier d’Auvergne a dû faire preuve de patience car, malheureusement, des événements internationaux d’ampleur ont chamboulé les attentes de l’établissement. L’arrivée d’un mâle panthère de l’Amour était programmée depuis…. Dix-huit mois !

D’abord, ce devait être un individu d’un parc anglais, mais le Brexit a fortement compliqué la donne en matière de transferts d’animaux entre parcs zoologiques. Le choix de la coordinatrice EEP pour cette sous-espèce de léopard s’est ensuite porté sur un individu d’un zoo ukrainien. Son arrivée au Parc animalier d’Auvergne était prévue pour fin février, mais la guerre débutée le 24 février a évidemment empêché ce transfert. Rappelons que les zoos ukrainiens font face à de nombreuses difficultés et ne peuvent donc assurer le transfert d’animaux convenus dans le cadre d’échanges européens comme avant.

Un mâle transféré depuis l’Italie

Panthère de l'Amour au Parc animalier d'Auvergne
Panthère de l'Amour au Parc animalier d'Auvergne.

Finalement, la troisième fois aura été la bonne : un mâle panthère de l’Amour est arrivé le 30 mars du parc italien la Torbiera, aussi connu sous le nom zoo d’Agrate. Il s’appelle Baruto, est âgé de 11 ans et a rejoint la femelle Suyiana dans « le plus grand enclos d’Europe pour des panthères », assure le Parc animalier d’Auvergne.

« Clémence, la cheffe animalière, Denis le vétérinaire et moi-même sommes allés le chercher directement en Italie. Le transport s’est très bien passé et son arrivée au parc également », raconte Marie Demoulin, directrice adjointe.

Baruto et Suyiana n’ont pas beaucoup d’années d’écart, la femelle étant âgée de 8 ans. C’est la première fois qu’elle sera mise en contact avec un mâle reproducteur. Jusqu’à son arrivée au Parc animalier d’Auvergne en 2021, elle vivait avec son père.

Rencontre avec la femelle

Pour le moment, les deux félins se jaugent, s’observent à distance et ne montrent que très peu de signes d’agressivité, ce qui est plutôt bon signe en vue d’une rencontre physique ultérieure.

« Nous sommes à l’étape de découverte de l’enclos par Baruto, nous les sortons donc en alternance pour que Baruto puisse le découvrir, et que Suyiana puisse ensuite sentir les odeurs laissées par le mâle. Si tout se passe bien, nous ferons alors rencontrer les deux individus dans l’enclos sous surveillance du vétérinaire et de la cheffe animalière », continue Marie Demoulin.

Bientôt des bébés panthères de l’Amour ?

Les équipes du Parc animalier d’Auvergne espèrent que cette rencontre se passera bien et qu’un couple reproducteur pourra se former en vue de donner naissances à des petits prochainement. Et cela pourrait avoir lieu assez rapidement, si tout se déroule bien.

« Suyiana vient d’avoir ses chaleurs, juste avant l’arrivée de Baruto. Nous espérons qu’elles vont revenir vite puisque cela faciliterait la mise en contact. Ensuite, si les deux individus s’entendent, nous pourrions avoir des naissances entre 92 et 95 jours après l’accouplement », précise la directrice adjointe du parc d’Ardes-sur-Couze.

Un autre couple de panthères – les panthères des neiges – vient lui aussi de se rencontrer et le courant est plutôt bien passé puisque des accouplements ont eu lieu entre Gabriel et Nala. « Si cela a marché, les naissances devraient avoir lieu en avril ou en mai », espère Marie Demoulin.

La panthère de l’Amour dans la nature

Reconnaissable à ces yeux bleus, cette sous-espèce de léopard ne vit que dans les forêts tempérées de l’Extrême-Orient, à cheval entre la Russie et la Chine, sur une superficie de 5000 km² environ.

Braconnée, elle a vu son habitat naturel se réduire comme peau de chagrin avec la déforestation et l’expansion des activités humaines (infrastructures, agricultures, etc.). Au point de ne plus compter qu’une trentaine d’individus à l’état sauvage en 2007. Grâce à des programmes de conservation, ce nombre a été multiplié par trois en dix ans.

D'autres articles de la catégorie Actualités

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here