La surprise a été totale : au zoo de Padirac, dans le Lot, une femelle varan malais seule depuis toujours a fait non pas un, mais trois bébés sans mâle ! Un événement extrêmement rare, mais pas inédit, puisqu’une autre femelle de la même espèce a également donné naissance à un petit à Exotic Park, en janvier 2018.

Un bébé toute seule

Pas de doute quant à la naissance de ces petits, le dimanche 23 janvier 2022 et jours suivants : la mère a fait cela toute seule. « Elle s’appelle Shy et c’est une femelle que nous avons depuis quatre ans. Avant l’ouverture du parc en juillet 2020, elle faisait partie de notre élevage personnel », explique Fanny Da Fonseca, la fille du fondateur de Padiparc, Raphaël Da Fonseca.

Le 10 août 2020, Shy pond quelques œufs. Bien qu’il n’y ait pas eu d’accouplement avec un mâle, Raphaël et sa fille décident de placer les œufs en incubateurs pour voir ce qu’il en était. Et miracle : un peu plus de cinq mois plus tard, un œuf a éclos ! Les jours qui ont suivi, deux autres bébés sont nés à leur tour, ce qui fait un total de trois petits varans malais nés sans père.

L’explication : la parthénogenèse

Ce phénomène extraordinaire est bien connu des spécialistes des reptiles : il s’agit de parthénogenèse, du grec qui signifie « naissance vierge ». Certaines espèces comme le dragon de Komodo ou le python réticulé sont en effet capables de se reproduire seules, sans la présence d’un mâle. Les femelles réussissent à produire des ovules où s’effectue la division cellulaire malgré l’absence de fécondation.

Au total, près de 80 espèces de vertébrés sont reconnues pour être capables de parthénogenèse. Tous sont des poissons, des amphibiens et des reptiles.

Chez le varan malais (Varanus salvator), il n’y a pas encore de reconnaissance officielle de faculté à la parthénogenèse, mais il y a depuis longtemps forte suspicion. « C’est pour cette raison que nous avons placé les œufs en incubateurs, nous savions que cette espèce en était capable », poursuit Fanny Da Fonseca.

Cas pas inédit en France

Reste à le prouver officiellement. « Nous allons tenter de nous mettre en relation avec des organismes susceptibles de nous confirmer la parthénogenèse, confirme la responsable. Un autre cas avait eu lieu à l’Espace Zoologique de Saint-Martin-la-Plaine il y a plusieurs années, mais la parthénogenèse n’a jamais été prouvée. »

En janvier 2018, un bébé varan malais est également né dans des conditions similaires à Exotic Park, près de Pau. « Il était le seul œuf viable sur les cinq pondus par notre femelle, raconte Guillaume Darzacq, fondateur du parc. Aujourd’hui, il mesure plus d’un mètre ! Il s’agit d’un mâle, comme tous les varans nés de parthénogenèse. »

Après cette naissance exceptionnelle, Exotic Park a tenté de faire reconnaître ce cas de parthénogenèse auprès d’un laboratoire référent en Asie. Mais avec la crise du Covid, les résultats ne sont jamais arrivés.

D'autres articles de la catégorie Naissances

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here