Parrot World a ouvert ses portes le 15 août 2020 après cinq ans de formalités et de travaux. Un projet ambitieux qui a nécessité un investissement de 20 millions d’euros. A son origine, Eric Vignot, ancien dirigeant d’un groupe parapharmaceutique implanté à Marne-la-Vallée. Ce passionné d’animaux a enfin réalisé son rêve : permettre aux oiseaux de refuge de voler. Pour Zooactu, il a accepté de revenir sur la genèse du projet et de dessiner un premier bilan depuis l’ouverture de Parrot World.

Zooactu : Comment vous est venue cette envie de créer un parc autour des perroquets ?

fondateur parrot world
Eric Vignot, fondateur de Parrot World.

Eric Vignot : Je suis un passionné d’animaux mais l’amour des perroquets est né il y a 12 ans quand ma femme m’a offert une amazone à front bleu. Puis, je suis devenu bénévole dans un refuge qui accueillait 300 perroquets. Ça me fendait le cœur de les voir. Je me suis alors rendu compte que c’était l’animal le plus persécuté à travers l’histoire. Déjà les riches Romains mettaient les perroquets en cage.

J’ai donc créé la Parrot Wildlife Foundation en 2015 afin d’œuvrer in situ à la protection de ces oiseaux mais aussi ex situ en aidant les oiseaux détenus par les particuliers. Pour cela, j’ai fait construire à Crécy-la-Chapelle une volière de 50 mètres de long et de 6 mètres de haut afin de permettre aux donateurs de la fondation de faire voler leurs perroquets dans des conditions optimales.

La même année, je me suis dit que ce serait sympa de permettre aux oiseaux détenus dans les refuges de voler. Je me suis donc fait accompagner de professionnels : un zoologue pour la partie animalière, l’architecte du Parc Astérix pour dessiner Parrot World, mais aussi un décorateur de théâtre et de cinéma pour réaliser l’intérieur des enclos et le décor du parc.

Après cinq ans de procédures, Parrot World est né. C’est donc la fondation qui est à l’origine du parc.

Présentez-nous Parrot World : infrastructures, animaux…

EV : Le principe de base de notre parc c’est le bien-être des animaux. Parrot World propose une immersion en Amérique du Sud au travers d’un espace Amazonie et Patagonie. J’ai voulu faire quelque chose de beau, mais surtout permettre aux visiteurs d’être transportés quelques heures dans une réserve animalière.

Le clou du site est la volière géante d’un hectare de superficie et de 15 mètres de haut. Elle accueille 400 oiseaux dont 200 perroquets. 70 % d’entre eux proviennent d’autres parcs zoologiques français ou européens et 30 % de partenariats avec trois refuges animaliers. On cible les oiseaux d’Amérique du Sud, mais nous accueillons également des gris du Gabon – perroquet africain menacé et également l’un des oiseaux les plus prisés sur le marché mondial des animaux domestiques exotiques –, qui ne sont pour le moment pas visibles du public.

La volière géante accueille aussi des mammifères typiques de l’Amazonie et notamment deux loutres géantes et des capybaras qui disposent d’infrastructures modernes comme des toboggans et des cascades. Pour reproduire au plus près leur habitat, nous avons fait venir un bateau entier d’arbres du Surinam ! Cette mixité loutres géantes et perroquets est unique en Europe. Elle nous a même valu la visite du coordinateur européen des perroquets !

les perroquets de parrot worldA côté de la volière, l’espace des jaguars, un enclos de 700 m² et de 15 mètres de haut avec bassin. Pour le moment, nous accueillons une femelle venue du Zoo de Cracovie (Pologne) et un mâle doit arriver fin septembre du Zoo de Martinique.

Dans l’enclos consacré à la Patagonie, nous présentons des manchots de Humboldt, des guanacos et des nandous mais aussi, dans un espace séparé, des coatis.

Le site a ouvert depuis maintenant plus d’une semaine. Quel est le premier bilan de cette ouverture ?

EV : Nous devions initialement ouvrir le 15 juin mais c’est finalement le 15 août que nous avons  accueilli nos premiers visiteurs. Une ouverture atypique puisque Paris est vide à cette période – le parc est situé à seulement 30 minutes de la Capitale – et avec les mesures sanitaires imposées par la pandémie de Covid-19, je ne savais pas du tout si on aurait du monde ou pas !

Surtout que nous avons dû modifier notre plan de communication à cause du confinement et supprimer tous les affichages dans les transports en commun.

Heureusement, le jour de l’ouverture nous avons accueilli 2000 visiteurs sur une capacité quotidienne de 3000. Et depuis, nous faisons entre 1000 et 2000 entrées chaque jour et continuons de vendre des pass annuels, ce qui est très bon signe. C’est donc un bilan plutôt positif sachant que les animaux n’étaient pas habitués à voir du public. Il a fallu qu’ils s’habituent eux aussi.

Pour le moment, le parc se concentre sur l’Amérique du Sud. Quels sont vos projets pour les prochaines années ?

L’Amérique du Sud est en effet la première zone du parc, qui occupe pour le moment une superficie de 10 hectares. Mais il me reste encore 15 hectares de libre, j’ai donc la possibilité d’agrandir à 25 hectares dans les 20 à 25 ans à venir. Il y a de quoi faire mais je vais avancer pas à pas. Pendant les deux prochaines années, nous allons compléter l’espace Amérique du Sud puis, en 2022-2023, nous entamerons la création d’une autre zone. Il s’agira d’une volière géante dédiée soit à l’Afrique soit à l’Océanie, je ne sais pas encore. Nous voulons garder le principe d’une balade dans une réserve animalière avec, à chaque fois, une nuée d’oiseaux typiques et des mammifères ensemble. Pour moi, le perroquet est une espèce parapluie : en protégeant le perroquet, je protège les autres espèces.

projets parrot world
« Les visiteurs pourront dans le futur venir rencontrer les perroquets
et autres animaux d’Afrique, d’Océanie et d’Asie » explique le dossier de presse de Parrot World.

Quelles sont vos ambitions pour Parrot World ?

EV : D’abord, il faut que le parc soit rentable ! Ensuite, l’idée c’est de financer grâce aux entrées les actions de la Parrot Wildlife Foundation in situ. Nous avons déjà soutenu financièrement plusieurs projets. Au Costa Rica par exemple, nous avons aidé à la création d’une volière pour réhabiliter des aras de Buffon et des aras macao dans un centre de sauvegarde dédié. En Argentine, nous soutenons la Fondation Rewilding Argentina dans son projet de réintroduction du ara chloroptère dans la réserve naturelle Iberá, d’où il a disparu depuis 150 ans.

Enfin, il y a une dimension familiale. Si je n’avais pas eu mes fils à mes côtés, je ne me serais pas lancé dans un projet aussi fou. Adrien a pris la tête du parc en tant que directeur et s’occupe donc de la partie animalière tandis que Pierre-Louis s’occupe de toute la partie informatique et hôtellerie-restauration. [NDLR : Parrot World propose de passer la nuit au parc au travers de plusieurs lodges].

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