Après des mois d’attente, Ecozonia, nouveau parc zoologique situé à Cases-De-Pène près de Perpignan, a enfin pu ouvrir ses portes ce mercredi 19 mai 2021. Une ouverture repoussée de plusieurs mois à cause du Covid 19 mais également d’un très médiatique accident survenu fin janvier : l’évasion de loups. En tout, le projet, qui devait initialement voir le jour en décembre 2020, aura nécessité 4 ans de préparation. Interview de Cyril Vaccaro, directeur et fondateur d’Ecozonia.

Zooactu : Quel est le concept d’Ecozonia ?

Cyril Vaccaro : Ecozonia c’est avant tout une thématique : un parc zoologique composé uniquement de prédateurs, du jamais vu en Europe. Mais Ecozonia c’est aussi un concept, celui de lier chaque écozone [NDLR : espace du parc] à une association ou fondation de conservation in-situ.

Mercredi, à l’ouverture du parc, une première écozone était visible, celle du Krai du Primorie, l’Extrême-Orient russe. L’association mise en avant est Wild cats conservation alliance, qui veille à la protection des félins d’Asie. Nous présentons 12 espèces de carnivores et 8 espèces de rapaces, soit une soixantaine d’individus.

Pour sélectionner nos animaux, nous avons respecté deux critères : il fallait que ce soit un prédateur issu de l’écozone choisie mais aussi qu’il soit adapté au climat méditerranéen, à savoir chaud en été et venteux, et parfois froid en hiver.

Dès mercredi, les visiteurs ont donc pu observer entre autres des gloutons, des dholes, des putois de Sibérie, des chiens viverrins, des tigres de l’Amour, des panthères de l’Amour, ou encore des lynx d’Europe. Dans les allées, des fauconniers sont présents pour répondre aux questions des visiteurs et leurs permettre d’observer de plus près les rapaces qui seront en vol libre au-dessus du parc comme des pygargues à queue blanche, des chouettes lapones, des faucons crécerelles et pèlerins, etc.

tigre de l'amour ecozonia
Un tigre de Sibérie d’Ecozonia. ©DR

Zooactu : L’enclos des loups gris sera-t-il vide à l’ouverture ?

Cyril Vaccaro : Suite aux événements de fin janvier, les loups gris sont repartis dans un autre parc mais nous attendons trois ours bruns et trois nouveaux loups gris de Slovaquie. Ils ne seront pas présentés au public immédiatement bien-sûr. Les deux espèces vivront en mixité, comme à Thoiry qui présente les baribals [NDLR : ours noirs d’Amérique] et les loups arctiques ensemble.

Zooactu : Quels sont les projets du parc pour l’avenir ?

Cyril Vaccaro : A terme, Ecozonia sera constitué de quatre écozones. Seule celle de Russie sera visible dès l’ouverture mais nous prévoyons l’ouverture de la zone dédiée à la province Lambayesque, au Pérou, d’ici 2 ans donc 2023 puis celle dédiée à la faune du parc national africain W situé entre le Niger et le Bénin en 2026 et enfin, la dernière écozone sera réservée à la faune du plateau de Shan, en Birmanie, pour une ouverture d’ici environ 10 ans, en 2030. Actuellement réparti sur 26 hectares, Ecozonia devrait s’agrandir de 15 hectares supplémentaires dès la phase 2.

Si dès le départ j’ai voulu créer un parc spécialisé carnivores, il était évident pour moi de l’axer sur la conservation de ces prédateurs. C’est pourquoi nous avons créé en parallèle du parc zoologique, un fonds de dotation : Ecozonia Conservation. Le parc verse une partie de ses bénéfices à l’association qui dispatche ensuite les dons entre les quatre actions de conservation in-situ que nous avons choisies : Wild cats conservation alliance pour l’écozone russe, Tu Tierra au Pérou pour la deuxième écozone, ACTAG-PRW pour l’écozone dédiée aux prédateurs africains et enfin ABConservation pour la faune du plateau de Shan.

Zooactu : Vous avez souhaité un concept de parc animalier le plus écologique possible. En quoi Ecozonia est-il novateur ?

Cyril Vaccaro : L’éco-conception c’était fondamental pour moi. Je me suis dit « on crée un parc, autant créer quelque chose de nouveau, le plus écologique possible dès le départ« . Et cette façon de penser se retrouve à plusieurs niveaux, déjà dans le choix de nos espèces. Nous avons sélectionné des animaux dont le climat est identique au nôtre ce qui signifie que nous n’avons pas besoin de lampes UV ou de bâtiments de nuit, juste des structures de sécurité, c’est à dire de grandes cages entièrement ouvertes dans lesquelles on fait du medical training ou on donne les repas. Les animaux n’ont pas peur d’y rentrer puisque tout est transparent mais sécurisé pour le soigneur.

Ensuite, nous avons installé un système de phytoépuration pour gérer les eaux usées. Elles sont d’abord récoltées dans un grand bassin puis filtrées par des roseaux et enfin l’eau qui en ressort nous sert à arroser les végétaux du parc. Pour les toilettes du parc, même principe, l’urine est évacuée par phytoépuration et les excréments par lombricompostage ce qui nous permet de faire des énormes économies d’eau dans une région où, l’été, on en manque.

Même les voiturettes utilisées par notre équipe pour se déplacer sont électriques !

Zooactu : Quels sont vos objectifs en termes de fréquentation ?

Cyril Vaccaro : Pour la première année, comme la saison est déjà amputée de plusieurs mois, nous espérons accueillir 60 000 visiteurs puis en année 2, si la pandémie ne nous impose pas d’autres fermetures, nous tablons sur 100 000 visiteurs.

Mais ce qui est génial c’est que dès maintenant, alors que le parc ouvre à peine, nous sommes en mesure de reverser 10 000 € à nos quatre associations partenaires, des dons récoltés grâce aux parrainages de nos animaux.

Notre concept repose aussi sur la location d’écolodges, dont les cinq premiers qui ont ouvert le 8 mai dernier. Alors que le parc vient d’ouvrir, nous sommes déjà plein tous les samedis soirs jusqu’à fin juillet. C’est très encourageant.

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