La dernière fois qu’un tel événement s’est produit, en 2020, il s’agissait d’une grande première pour la Citadelle de Besançon. Mais bien qu’elle ne soit pas inédite, la naissance de ce petit langur de François est exceptionnelle à plus d’un titre.

Espèce unique en France

A nouveau, un petit langur de François est donc né au Jardin zoologique du Muséum de Besançon. Il a pointé le bout de son nez il y a quelques semaines et est le fruit des amours de la femelle Ping, âgée de 6 ans et du mâle Johan, 16 ans, tous deux nés au Royaume-Uni et arrivés à la Citadelle respectivement en 2018 et 2012.

« Actuellement, le petit et sa maman ne sont visibles par les visiteurs que quelques minutes par jour, sous surveillance des équipes vétérinaires de la Citadelle et si les conditions climatiques le permettent », explique Besançon sur Facebook.

Le petit – dont on ignore encore le sexe – est né tout roux, à la différence de ses parents qui sont noirs. Il deviendra progressivement de la même couleur que les adultes au bout de quelques semaines.

Le premier petit du couple, Bao, est quant à lui toujours présent. Le groupe de langurs de François de Besançon se compose donc désormais de 4 individus.

Cette espèce de primate est rarissime : en France, on ne peut en voir qu’à Besançon et seuls 43 langurs de François vivent en parcs animaliers en Europe, et 139 dans le monde.

« Depuis un an, il s’agit de la troisième naissance en Europe et de la cinquième dans le monde », ajoute la Citadelle de Besançon.

Primate très menacé

Cette naissance est d’autant plus exceptionnelle qu’elle concerne une espèce rare en parc zoologique, mais également dans la nature.

Classé « en danger » d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ce petit primate a vu ses populations sauvages fortement décliner au cours des dernières décennies. On estime qu’il a perdu 50 % de ses effectifs au cours des trois dernières générations, soit en l’espace de 36 ans.

Aujourd’hui, il resterait moins de 2000 langurs de François dans la nature et les populations continuent de diminuer. Au Vietnam, il ne reste déjà plus que 200 individus seulement.

La principale raison de ce déclin, c’est le braconnage dont il est victime Contrairement à d’autres petits primates – comme les gibbons – dont les parents sont tués pour capturer les petits et les vendre comme animaux de compagnie, les langurs de François sont surtout cibler pour les médecines traditionnelles asiatiques et, dans une moindre mesure, pour leur viande.

Ils sont aussi menacés par la destruction de leur habitat naturel au profit du développement de l’agriculture. Résultat, les populations vivent en petits groupes éloignés les uns des autres, ce qui risque de favoriser la consanguinité et d’appauvrir le patrimoine génétique de l’espèce.

Le langur de François dans la nature

Ce petit primate tient son nom d’un consul de France qui se trouvait en poste dans le Sud de la Chine au 19e siècle, et son nom scientifique est Trachypithecus francoisi. Il est originaire des collines karstiques de Chine et du Vietnam et se distingue des autres langurs par son épaisse fourrure noire soulignée au niveau des joues par deux bandes blanches, comme de longs favoris.

Le langur de François vit en groupe d’une douzaine d’individus mené par des femelles. Ce sont elles qui élèvent les petits, toutes ensembles. « Tous vivent dans des grottes creusées par les pluies dans les falaises de calcaire, et se nourrissent essentiellement de feuilles, bourgeons, écorces et racines », complète Besançon.

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