C’est une belle surprise – bien que les soigneurs s’en doutaient un peu – qui a attendu les équipes du Domaine de Pescheray, dans la Sarthe, le 12 janvier dernier : la naissance d’un petit raton crabier !

Première naissance viable

Après une gestation qui a duré 60 à 75 jours, l’une des deux femelles du groupe de quatre individus adultes de Pescheray a donné naissance à un bébé, en début d’année. Et bonne nouvelle : trois semaines après, le petit se porte toujours bien !

« A ma connaissance, c’est la première naissance viable de raton crabier en France », s’est félicité Anthony Cirefice, responsable du parc zoologique. Deux premières naissances avaient déjà eu lieu au sein de l’établissement, mais les petits n’ont malheureusement pas survécu. « Dans le premier cas, la mère a complètement délaissé le petit, qui est mort au bout de quelques heures seulement. Et la deuxième fois, elle s’en est occupée pendant deux jours, mais il a fini par mourir à son tour. A la naissance, les ratons crabiers sont si petits et fragiles, que tout peut se dégrader très vite et nous n’avons hélas rien pu faire », poursuit le responsable.

Heureusement, la troisième tentative semble être la bonne ! « Ces échecs ont fait partie de l’apprentissage maternel de la femelle qui, aujourd’hui, s’occupe très bien de son bébé. » Placé à l’écart du reste du groupe avec sa mère dès la mise bas, le petit n’a pas encore été sexé, les soigneurs préférant le laisser tranquille avec sa mère. « Mais nous pensons qu’il pourrait s’agir d’un mâle », précise Anthony Cirefice.

Raton crabier avec sa mère à Pescheray
Le petit raton crabier avec sa mère à Pescheray.

Espèce très rare en parc animalier

En plus d’être une première, cette naissance est d’autant plus exceptionnelle qu’elle concerne une espèce très peu représentée en parc animalier eu Europe. « Seuls douze individus adultes vivent dans des parcs zoologiques européens, dont quatre à Pescheray », détaille le responsable.

Pour apporter de la diversité génétique, le parc a fait venir une nouvelle lignée du Texas en 2020. « Cela a forcément intéressé les autres parcs qui avaient des ratons crabiers, et nous avons pu constituer un nouveau groupe reproducteur composé d’un mâle et de deux femelles. Le deuxième mâle est trop âgé, et est isolé des autres. »

Lorsqu’il aura atteint la maturité sexuelle, le petit raton crabier de Pescheray partira probablement vers un nouveau parc, dans le but de se reproduire à son tour. En attendant, il reste auprès de sa mère, qui l’allaitera jusqu’à l’âge de 2-3 mois. Il sera complètement autonome vers 8-9 mois.

Le raton crabier, un cousin du raton laveur

Originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du sud, le raton crabier s’appelle ainsi en raison de sa forte ressemblance avec son cousin le raton laveur – pelage noir et blanc, masque autour des yeux, queue striée de bandes noires et blanches – et de son penchant pour les crustacés et les poissons. Un régime alimentaire qui le rend bien entendu inféodé aux milieux aquatiques (mangroves, bords de fleuves, etc.).

L’espèce n’est officiellement pas considérée comme menacée, selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ses populations sauvages semblent stables sur son aire de répartition, qui s’étend du sud du Costa Rica au nord de l’Argentine.

Elles sont cependant bien souvent victimes de la chasse pour leurs peaux et le commerce des animaux de compagnie. Dans certaines zones, la destruction de leur milieu naturel – notamment les mangroves – peut également peser sur l’avenir de l’espèce.

Bientôt au Domaine de Pescheray

Comme bien d’autres parcs zoologiques, Pescheray rouvre ses portes ce samedi 5 février 2022, après sa fermeture hivernale. Et pour démarrer cette nouvelle saison, l’établissement a prévu plusieurs nouveautés.

LA grande nouveauté de 2022, ce sera le repaire des ocelots, prévu au printemps. « Dans une immense volière de 5 mètres de haut, nous installerons notre couple qui pourra s’épanouir dans cet enclos plus vaste que le précédent », dévoile Anthony Cirefice.

Et ils ne seront pas les seuls… Le Domaine de Pescheray prévoit également d’agrandir l’enclos des lynx – « il va plus que doubler », assure le responsable – et celui immersif des lémuriens. « Nos makis cattas et nos lémurs bruns auront à leur disposition un grand espace arboré de grands chênes dans lesquels ils pourront exprimer leurs comportements. » Ces nouveaux aménagements sont prévus pour mars-avril.

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