La Ménagerie du Jardin des Plantes a annoncé courant février l’arrivée de deux diables de Tasmanie ! Les marsupiaux devaient être visibles dans leur enclos fin mars, mais cela a été décalé en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus. Retour sur ce projet débuté il y a quatre ans.

Quatre nouveaux parcs choisis pour présenter les diables de Tasmanie

Ils sont dorénavant neuf parcs animaliers européens à présenter au public cette espèce à la fois mythique et mal connue. Alors que le ZooParc de Beauval était le cinquième parc européen – et le premier français – à devenir ambassadeur des diables de Tasmanie, quatre autres zoos ont été choisis par le gouvernement australien. Il s’agit de La Ménagerie du Jardin des Plantes à Paris, du Zoo de Prague en République Tchèque, du Zoo de Budapest, en Hongrie, et du zoo d’Édimbourg, en Ecosse. Les heureux élus rejoignent ainsi les deux zoos belges Pairi Daiza et Plankendael, le zoo de Duisburg en Allemagne, le zoo de Copenhague au Danemark et bien sûr le ZooParc de Beauval.

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Tableau des zoos où se trouvent actuellement les diables de Tasmanie ambassadeurs. Source : Tasmanian Devil Ambassador Program.

Pourquoi uniquement des mâles ?

Comme la plupart de ces parcs, la Ménagerie du Jardin des Plantes recevra deux mâles âgés d’un an et demi. Excepté à Copenhague où il y a des femelles car la reproduction de l’espèce y est autorisée, celle-ci n’est pas souhaitée – pour le moment – dans les autres zoos.

« Ces diables de Tasmanie sont des ambassadeurs, ils ont un rôle de représentation plus que de reproduction, et sont des acteurs importants de la sensibilisation de la scène mondiale à la situation des diables de Tasmanie. » (Source : Tasmanian Government)

Les deux animaux proviennent d’une population de « réserve » créée en 2004 dans plusieurs zoos d’Australie et de Tasmanie. D’abord uniquement visible dans ces deux pays, l’espèce n’a franchi que très récemment les frontières. En partenariat avec le Programme diable de Tasmanie Ambassadeur (TDAP) et après un premier test en captivité à l’étranger concluant au Zoo de San Diego, plusieurs animaux ont rejoint des parcs animaliers américains et néo-zélandais. Plus récemment, le programme a été élargi à l’Europe et l’Asie avec notamment des diables de Tasmanie envoyés au Japon et à Singapour.

A chaque fois, le parc animalier est sélectionné par la Fondation tasmanienne pour la sauvegarde de l’espèce qui envoie également ses recommandations.

Des diables de Tasmanie à Paris : un projet de longue haleine

Diable de Tasmanie

Tout commence en 2016 quand Aude Bourgeois, l’une des vétérinaires de la Ménagerie du Jardin des Plantes, assiste à une formation au parc zoologique de Copenhague qui héberge déjà l’espèce depuis quelques années. « Deux autres soigneurs de la Ménagerie ont également été formés depuis, et le reste de l’équipe de la Ménagerie a reçu toutes les informations nécessaires pour prendre soin de ces deux nouveaux pensionnaires à la biologie et aux instincts si particuliers », précise le parc dans le communiqué de presse. Car le diable de Tasmanie, n’est pas aussi facile à manipuler que son cousin marsupial, le koala. Les nouveaux pensionnaires du plus vieux zoo de France sont équipés d’une mâchoire aux dents pointues et puissantes et d’un caractère bien trempé ! « Leur vieillissement n’est pas non plus évident. L’espérance de vie d’un diable de Tasmanie est d’environ 7 à 8 ans en captivité, mais dès 4 à 5 ans, ces animaux développent naturellement des cancers et présentent des dégénérescences nerveuses provoquant des pertes d’équilibre. Cela nécessitera des soins et de l’attention. Nous sommes prêts ! », confie Aude Bourgeois.

Un enclos totalement refait à neuf

« Ce dernier a été préparé selon un cahier des charges rigoureux transmis par le centre de conservation de l’espèce afin de satisfaire au moindre besoin des animaux », précise les équipes du Museum national d’Histoire naturelle auquel appartient le zoo du Jardin des Plantes.

En milieu sauvage, ces marsupiaux endémiques de l’île de Tasmanie, située sous l’Australie, ne sortent que la nuit pour se nourrir. Pas très pratique pour les visiteurs du parc animalier parisien ! Alors, les soigneurs ont d’ores-et-déjà trouvé l’astuce. Composé d’herbes, de branches, d’un point d’eau et d’un abri, l’enclos des diables de Tasmanie camouflera des proies mortes que les soigneurs viendront installer plusieurs fois par jour « afin de stimuler leur instinct de chasseur et d’assouvir leur appétit », précise le parc animalier. « Car ces petits diables mangent beaucoup ! Environ l’équivalent du tiers de leur poids chaque jour en viande. »

Un appétit qui n’a pas spécialement contribué à redorer le blason des diables de Tasmanie, longtemps persécutés et aujourd’hui encore mal aimés notamment à cause de leur cri que certains jugent effrayant.

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