« C’est le cœur (très) serré que nous avons regardé Taïko partir hier, pour rejoindre le Zoo de Budapest. Nous savions que ce moment tant redouté allait venir », écrit le Zoo de la Flèche sur sa page Facebook. Un post empreint d’émotions qui revient longuement sur le départ de cet ours polaire, si cher aux cœurs des nombreux spectateurs d’Une Saison au Zoo et des fidèles visiteurs du parc sarthois.

Décision du coordinateur

L’ours polaire mâle âgé de 10 ans a donc quitté le Zoo de la Flèche qu’il avait rejoint en mars 2013, sur décision du coordinateur EEP de l’espèce.

Il n’aura finalement pas longtemps profité de son nouvel espace, Terre des ours polaires, inauguré en juillet dernier. Ni même eu le temps de faire beaucoup connaissance avec Quintana, une femelle née au zoo de Munich et arrivée au Zoo de la Flèche cet été.

Alors, pourquoi une telle décision ?

« Issu d’une lignée d’ours très représentée au sein de la communauté européenne des parcs zoologiques (EAZA), nous présagions que Taïko ne serait pas autorisé à se reproduire afin de permettre à d’autres lignées de se développer et ainsi assurer un brassage génétique essentiel à la pérennité de la population des ours polaires », expliquent les équipes du Zoo de la Flèche.

C’est pour cette raison qu’il a rejoint le Zoo de Budapest, que nous avons visité en janvier 2020. Voici une photo de l’enclos des ours polaires, prise à ce moment-là, et qui ne nous avait pas laissé un souvenir mémorable.

Ours polaires au Zoo de Budapest

Arrivée d’un nouveau mâle

Mais Taïko ne devrait pas rester longtemps dans la capitale hongroise. Seulement quelques mois, a priori. Il s’agit en effet d’une solution d’urgence avant de l’envoyer « vers une autre région du monde où cette fois il pourra certainement engendrer une belle descendance », poursuit le Zoo de la Flèche. En dehors des lignées d’ours polaires européennes.

Car entre temps, le parc animalier sarthois doit accueillir un nouveau mâle reproducteur. Il s’appelle Aron et a été rejeté par sa mère, comme cela se produit naturellement lorsqu’un petit grandit. Il avait donc besoin urgemment de trouver un nouveau foyer.

« Nous vous raconterons bientôt les détails de son arrivée », ajoute le parc animalier, sans donner davantage de détails, laissant toutefois entendre qu’Aron était déjà sur place.

Dans un commentaire, le parc précise : « Aron est un jeune mâle qui pourra former un couple avec notre femelle ».

Une page se tourne au Zoo de la Flèche

En attendant, le départ de Taïko suscite une vive émotion. Après le décès de « Poupette » – aussi appelée Katinka ou Kati – en 2018, Taïko était resté seul dans l’enclos des ours polaires. Et les équipes animalières s’étaient beaucoup attachées à lui tout au long de ces années.

« Joueur, curieux, très intelligent et extrêmement proche de ses soigneurs, Taïko nous a offert sa confiance et son amitié. Grâce à ce lien, il a appris ici tous les rudiments de l’entrainement médical jusqu’à accepter d’entrer lui-même volontairement dans la caisse de transport qui devait l’emmener vers Budapest. Ce dernier moment fut d’ailleurs d’une intensité incroyable. […] Ces deux dernières années, Taïko fut notre principale source d’inspiration pour concevoir notre nouvel environnement polaire, même si nous pressentions qu’il ne pourrait pas y engendrer de descendance. Merci Taïko pour cette inspiration qui servira les tiens, merci pour ce lien si fort et ces si belles années ! »

Dans les rangs des visiteurs et spectateurs d’Une Saison au zoo, aussi, ce départ est difficile. Plusieurs personnes ont fait part sur les réseaux sociaux de leur tristesse de voir Taïko quitter le Zoo de la Flèche, certains ne cachant pas un certain énervement à l’égard de la décision du coordinateur EEP.

Pour le parc animalier, il s’agit toutefois d’une décision dure mais nécessaire. « Le départ de Taïko illustre parfaitement la difficulté de notre métier qui est celui de travailler aux enjeux supérieurs de la conservation d’une espèce menacée et donc de la gestion d’une population dans sa globalité, tout en garantissant le bien-être et la meilleure qualité de soins aux individus que nous hébergeons et auxquels immanquablement nous nous attachons. Croyez bien que si nous avions pu garder Taïko avec nous, nous aurions privilégié cette possibilité », écrit-il.

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4 Commentaires

  1. Très triste pour le départ de Taïko, pour toute l’équipe mais surtout pour lui, il a dû s’attacher à ses soigneurs, que deviendra-t-il s’il ne se fait pas à son nouvel environnement ? Quel traumatisme pour lui…

  2. Conserver l’espèce au détriment du bien être individuel de ces animaux.. Quelle folie. Il a dû s’attacher. Dans quelles conditions est il transporté et dans quelles conditions va t il être accueilli. Tout ça pour repartir plusieurs mois plus tard… De la marchandise ni plus ni moins. Arrêtons ces pratiques.

  3. C’est bien triste . Dieu sait ce qui adviendra de Taiko maintenant qu’il n’est plus en France . Si effectivement il partira dans un pays et un zoo adapté pour lui . Il aurait vraiment fallu essayer avec le Canada ou la Suède qui ont des structures pour des ours polaires. Et pas cet endroit horrible en Hongrie .

  4. Je viens d’apprendre la nouvelle pour cet ours
    Quel dommage car on s’y attache !!!!
    Ce sont comme on dit , des bêtes à chagrin !!!
    quand ils disparaissent pour toujours ou pour aller autre part !!
    Bon pensons aux autres pensionnaires du zoo
    Cordialement
    Une fidèle du zoo de la flèche

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