Les hommages se sont succédés depuis l’annonce du décès de Françoise Delord. Fondatrice du plus important parc zoologique de France, le ZooParc de Beauval, Françoise Delord s’est éteinte vendredi 3 décembre 2021. Elle laisse derrière elle, outre ses enfants et son œuvre, le souvenir d’une précurseur dans le domaine du parc animalier français.

A l’origine du Parc de Beauval, l’amour des oiseaux

Rien ne destinait la très féminine et parisienne Françoise Delord à devenir la fondatrice du parc animalier le plus fréquenté de France. Mais cette actrice de théâtre et de music-hall née en 1940 à Orléans gagne un jour deux oiseaux à l’occasion d’un abonnement à un magazine. C’est la révélation, le déclencheur de sa passion pour les oiseaux et plus généralement les animaux. En 1977, elle publie son premier livre « Mes Oiseaux et Moi » où elle parle de son amour pour la faune aviaire. Des oiseaux qu’elle accumule d’ailleurs dans l’appartement parisien où elle vit avec sa famille. Mais quand la cohabitation ne devient plus possible, elle décide d’embarquer tout son petit monde à la campagne pour mieux vivre sa passion.

En 1980, Françoise Delord, née Françoise Doucet, pose ses valises dans le Loir-et-Cher, à Saint-Aignan-sur-Cher, où elle crée un parc ornithologique de cinq hectares afin de partager sa passion avec le grand public.

Le parc ornithologique devient le Zoo de Beauval

francoise delord
@ZooParc de Beauval

Un peu plus de 10 ans plus tard, au début des années 1990, le site prend une nouvelle dimension en accueillant d’autres animaux, des félins et des primates, pour qui Françoise Delord fait construire une serre tropicale. Elle aurait suivi le conseil d’un autre grand nom des parcs zoologiques français, Claude Caillé, le fondateur du Zoo de la Palmyre décédé en 2011 qui lui aurait dit un jour, « mets deux singes et deux trois fauves et appelle ça un zoo, sinon tu ne tiendras pas » (source). Le parc ornithologique devient donc le Zoo de Beauval en 1989.

Mais c’est l’arrivée des tigres blancs en 1991 qui fait connaître le parc zoologique. Gorby et Raïssa sont en effet les deux premiers tigres blancs à être présentés sur le territoire français.

Des nouveautés et des premières françaises, Françoise Delord qui travaille désormais avec ses enfants a bien compris que c’était la clé du succès. Loin de se reposer sur ses lauriers, la famille continue à proposer de nouvelles espèces dans des scénographies innovantes ou à améliorer le bien-être de ses animaux déjà présents.

Un héritage et une relève assurée

Ses enfants, Rodolphe et Delphine, prennent la relève pour développer le parc mais jamais la passionnée Françoise Delord ne s’est éloignée de son « jardin d’Eden » à côté duquel elle vivait. Celle qui était restée présidente d’honneur du ZooParc de Beauval continuait à le parcourir au quotidien, avant l’arrivée des visiteurs ou après leur départ, presque jusqu’à la fin.

Accueillir des pandas géants était son rêve. Son fils l’a réalisé pour elle en 2012 après des années de bataille, une ténacité qui coule dans le sang des Delord. La fréquentation du parc zoologique explose à l’arrivée du couple de plantigrades et encore plus quand leur premier descendant Yuan Meng naît en 2017.

Mais cette année, alors que des jumelles pandas sont nées et que la Cérémonie du nom s’est déroulée le 18 novembre, Françoise Delord est absente des photos officielles quand elle y était encore quatre années auparavant.

Comme un signe, Françoise Delord est décédée seulement quelques jours après Muda, le mâle orang-outan qui était arrivé en 1994 à Beauval, seulement deux ans après l’ouverture de la serre tropicale des chimpanzés et orangs-outans.

Celle qui a su s’imposer dans le monde des parcs zoologiques comme une grande dame laisse un héritage sans précédent. Les hommages se sont succédés tout le week-end et notamment celui de ses amis fondateurs du Zoo de Saint-Martin-la-Plaine.

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1 COMMENTAIRE

  1. J’ai connu le Parc de Beauval à ses débuts et Madame Delord faisait souvent l’actualité des infos régionales de la région ! Expatriée en Afrique, à chaque fois que je revenais dans ma chère Touraine, je ne manquais jamais d’aller voir les nouvelles acquisitions de « son » Parc. Personnellement, même si j’en comprends les raisons de protection des espèces, je regrette qu’il soit devenu ce parc quasi infréquentable « grâce » aux Pandas … Comme tout le monde dans la région, j’avais une grande admiration pour cette passionnée des animaux et je suis triste de savoir qu’elle n’est plus parmi nous. Mais sûrement a-t-elle retrouvé tous les animaux qu’elle a sauvés et comme on dit en Afrique, « Françoise, que la terre te soit légère ». Sincères condoléances à ses enfants qui ont vaillamment repris son oeuvre. !

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