L’équidé reconnaissable à ses rayures noires sur robe blanche vit en Afrique à l’état sauvage. On le croise souvent dans des parcs animaliers, mais connaissez-vous vraiment cet animal ? Elodie Trunet, vétérinaire au zoo du Bassin d’Arcachon et consultante pour le programme EEP du zèbre de Grévy et d’Hartmann, nous explique tout sur la vie du zèbre dans la nature et en captivité.

Zèbre zoo de la Palmyre

Zèbre au zoo de la Palmyre © SoGladia

Habitat / enclos

Le zèbre est un équidé de l’ordre des périssodactyles, au même titre que les rhinocéros, les tapirs et les chevaux. Dans la nature, tous vivent en Afrique, dans les zones semi-désertiques comme la savane, mais chaque espèce a une aire de répartition qui lui est propre et qui, parfois, recoupe celle d’un de ses cousins.

En captivité, les zèbres ont besoin d’espace. « Ce sont des animaux qui, dans la nature, parcourent de nombreux kilomètres pour se nourrir. Il faut donc qu’ils puissent gambader comme ils le feraient à l’état sauvage », explique Elodie Trunet, vétérinaire au zoo du Bassin d’Arcachon et consultante pour les programmes d’élevage européens (EEP) du zèbre de Grévy et du zèbre d’Hartmann. « Nos enrichissements consistent d’ailleurs principalement à disposer leur nourriture à différents endroits de l’enclos pour les inciter à se déplacer et à changer régulièrement de points de nourrissage afin d’éviter toute routine », poursuit-elle. Et pour y parvenir, il faut de grands enclos. Heureusement, les zèbres peuvent tout à fait cohabiter avec d’autres espèces, comme les girafes ou les watussis, ces grands bovidés aux cornes immenses. « Attention toutefois, il est recommandé de les placer avec des animaux plus grands qu’eux sinon les zèbres auront tendance à les chasser », préconise la vétérinaire. « Idem par exemple s’ils sont dans le même enclos qu’une antilope qui met bas. Il faut rapidement mettre le petit à l’écart. »

Régime alimentaire

Tous les zèbres sont des herbivores. Dans la nature, ils se nourrissent d’herbe, de graminées et de branches feuillues. « Les zèbres sont des brouteurs. En captivité, ils mangent essentiellement du foin que nous leur donnons à volonté tout au long de la journée comme de la nuit », explique la vétérinaire du zoo du Bassin d’Arcachon. A la différence de nombreuses autres espèces, les zèbres ne sont donc pas rationnés et ont toujours à leur disposition des bottes de foin. Des compléments sont par ailleurs ajoutés régulièrement à leur alimentation.

Reproduction

La femelle donne naissance à un petit à la fois au terme d’une gestation qui dure environ un an. Les cas de jumeaux sont extrêmement rares mais restent possibles. L’accouchement ne dépasse pas plus d’une vingtaine de minutes, sauf complications, et le petit qui naît se dresse rapidement sur ses pattes après quelques tentatives. « En captivité, la reproduction du zèbre est plutôt facile et les naissances abondantes », résume Elodie Trunet. D’ailleurs, plusieurs zoos préfèrent les limiter afin d’éviter de se retrouver en surnombre. Pour cela, plusieurs possibilités : soit placer des implants contraceptifs, soit former des groupes de même sexe. Au zoo du Bassin d’Arcachon, par exemple, le groupe des zèbres de Grévy se constitue de quatre mâles.

Zèbres zoo de Beauval Nourrissage des zèbres Zèbre de Grant à Sigean Zèbres et watussis Sigean Zèbres Paris Jeune zèbre la Palmyre Zèbres Sigean Couple de zèbres à Vincennes Zèbre Parc zoologique de Paris Zèbre de Grévy

Comportement particulier

A l’état sauvage, les zèbres vivent en harems constitués d’un mâle, d’une ou plusieurs femelles et de leurs petits. Cette famille est très hiérarchisée, chaque membre ayant un rang qui lui est propre, y compris entre les poulains. Lorsqu’un autre mâle arrive pour défier le chef de famille, des hostilités démarrent afin de déterminer qui domine. Cela commence par des démonstrations de force comme des reniflements ou des cris. Lors des combats, les mâles se mordent et se cabrent pour se donner des coups avec leurs pattes avant. Mais la plupart du temps, les mâles célibataires forment des groupes qui gravitent non loin des familles en attendant de saisir l’occasion qui leur permettra de trouver, eux aussi, leur propre groupes de femelles. Généralement, ils attirent les jeunes juments en chaleur d’autres groupes et avec lesquelles leur père ne s’accouple pas. C’est ainsi que de fil en aiguille, ils parviennent à se constituer leur propre harem. Lorsque l’étalon devient trop âgé, il quitte le harem pour rejoindre un groupe de célibataires et cède ainsi sa place à un mâle plus jeune.

« En captivité, c’est pareil : le zèbre est un animal dominant, deux mâles adultes ne peuvent donc pas rester dans un même groupe », détaille Elodie Trunet. « Cela se passe bien avec les poulains et les jeunes zèbres, mais arrivés à un certain âge, ils doivent être déplacés pour éviter le pire. »

A noter que comme les chevaux, les zèbres peuvent dormir debout. Une faculté très utile lorsqu’ils sont dans la nature, à la portée de plusieurs prédateurs potentiels comme les lions et les hyènes. Mais la plupart du temps, un zèbre fait le guet pendant que le reste de la troupe dort paisiblement, couchée au sol.

Menaces et conservation

Il existe trois espèces différentes de zèbres :

  • le zèbre de Grévy (Equus grevyi) : plus grand de tous les zèbres, il se distingue par des rayures plus fines et plus rapprochées les unes des autres ainsi que des oreilles très arrondies. Il tire son nom de l’ancien président de la république Jules Grévy qui a reçu en cadeau de la part de l’empereur d’Ethiopie, Ménélik 1er, un zèbre de cette espèce. Un individu qui a été le tout premier zèbre accueilli par un zoo français, la Ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, en 1882. Dans la nature, il est très menacé et classé comme « en danger » (EN) par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) ;
  • le zèbre de montagne (Equus zebra) : « vulnérable » (VU) dans la nature, cette espèce de zèbre a une crinière légèrement plus touffue, des rayures fines sur l’avant du corps et plus épaisses sur l’arrière-train. Son cœur est par ailleurs plus gros et ses sabots plus durs, ce qui lui permet de vivre plus facilement en montagne comme l’indique son nom ;
  • le zèbre des plaines (Equus quagga) : moins menacé à l’état sauvage que ses cousins de Grévy et de montagne, le zèbre des plaines est l’espèce la plus commune en Afrique. Il en existerait environ 500 000 sur le continent. Cette espèce se caractérise par des rayures et des bandes blanches plus épaisses.

Les rayures du zèbre sont comme sa carte d’identité : chaque robe est unique et diffère d’un individu à l’autre.

En captivité, les zèbres de Grévy et d’Hartmann (sous-espèce du zèbre de montagne) font l’objet d’un EEP. Côté santé, vétérinaires et soigneurs animaliers sont confrontés à deux types de maladies chez le zèbre. La première est l’herpès virus qui touchent un grand nombre de zèbres en captivité. « Heureusement, la plupart sont porteurs sains, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas malades et ne présentent aucun symptôme. En revanche, cela provoque régulièrement des avortements, ce qui complique la reproduction. » Autre pathologie récurrente : les sarcoïdes, sortes de tumeurs cutanées souvent localisées au niveau des organes génitaux ce qui, là encore, gêne la reproduction. « Cela nous oblige à mettre à l’écart les reproducteurs, ce qui n’est pas évident dans le cadre d’un EEP », explique Elodie Trunet. « Nous pouvons intervenir chirurgicalement pour retirer la tumeur, mais les cas de récidives sont très importants alors il nous faut trouver d’autres remèdes. Nous appliquons par exemple des crèmes spéciales ou pratiquons la cryothérapie, une méthode plutôt efficace. Mais de façon générale, les sarcoïdes ne sont vraiment pas évidentes à traiter. »

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