Entre jungle et ruines d’une ancienne habitation coloniale, le parc animalier du Carbet abrite une faune et une flore typiques des Antilles et de l’Amérique du Sud. Plongée dans cet univers unique où s’entremêlent le passé et le présent.

Entrée zoo de la Martinique

Entrée du parc zoologique

Rien ou presque n’a résisté à la violente éruption de la montagne Pelée, en mai 1902. Dans l’ancienne capitale Saint-Pierre et ses alentours, la nuée ardente a tout détruit sur son passage et près de 30 000 personnes ont trouvé la mort. Non loin de là, au Carbet, se trouvait l’habitation Anse Latouche, l’une des plus anciennes demeures de Martinique érigée en 1643. C’est sur ses vestiges qu’a été construit en 2014 un parc animalier hors du commun.

L’histoire du zoo de Martinique

Nichés au creux d’une vallée entre mer et montagne, les animaux du zoo Le Carbet cohabitent avec les ruines d’un ancien monde. Ici, les enclos sont construits en harmonie avec ce qu’il reste de cette ancienne habitation où l’on cultivait autrefois du cacao, de la canne à sucre et du tabac, puis transformée en rhumerie au 19ème siècle. Partout, la végétation luxuriante a pris possession des lieux et c’est Jean-Philippe Thoze, paysagiste passionné et fondateur du jardin de Balata (Martinique), qui a entièrement réhabilité l’endroit pour faire de ce parc un jardin tropical extraordinaire.

Ancienne rhumerie

Les ruines de l’ancienne rhumerie sont partout

Chiffres clés

zoo de martinique
Année d’ouverture : 2014
Superficie : 3 hectares
Nombre d’espèces : environ 40
Nombre d’animaux : environ 150

Tarifs
Adulte (+ de 12 ans) : 15,50 euros
Enfant (de 3 à 12 ans) : 9 euros
Enfant de moins de 3 ans : gratuit

Adresse :
Anse Latouche, Le Carbet,
Saint-Pierre en Martinique

Les animaux du parc

Harpie féroce

Tête d’une harpie féroce.

Etats-Unis, Amazonie, Antilles… Au total, le zoo de Martinique abrite plus d’une quarantaine d’espèces originaires de cette partie du globe et que l’on ne trouve bien évidemment pas facilement, voire pas du tout, en Métropole. C’est le cas notamment de la harpie féroce, le plus grand rapace du continent américain et dont l’envergure peut atteindre les 2 mètres. Cet aigle forestier originaire d’Amérique du Sud aime construire ses nids dans la canopée, au sommet des arbres, à plus de 30 mètres du sol. Les femelles sont plus grandes et lourdes que les mâles et peuvent peser à l’âge adulte jusqu’à 9 kilos. Il est rare d’en observer dans leur habitat naturel, qui pâtit de l’activité humaine – en Amérique centrale, l’oiseau a presque complètement disparu du fait de la déforestation, mais il existe encore environ 50 000 spécimens dans le reste de son aire de répartition.

Loriquet arc-en-ciel

Loriquet arc-en-ciel

Souvent surnommé « roi de la forêt Amazonienne », le jaguar fait également partie des pensionnaires du zoo de Martinique. En janvier 2017, un bébé a même vu le jour au sein du parc. La petite femelle prénommée Naya est entièrement noire, comme sa mère Faya – le père Ulysse, quant à lui, dispose d’une robe tacheté comme la majorité de ses congénères.

En août de la même année, deux petits tamarins à mains rousses sont nés dans le parc. Leurs parents, de petits singes confiés à la Martinique par la Guyane, sont originaires d’Amazonie. Dans leur habitat naturel, ils ont l’habitude d’évoluer d’arbre en arbre et de se nourrir principalement de fruits et d’insectes. En France, il est possible d’observer des tamarins à mains rousses au parc de la Vallée des Singes.

D’autres primates vivent au zoo de Martinique, comme les singes hurleurs, les saïmiris (aussi appelés singes écureuils), les capucins blancs, les grivets ou encore les atèles. Côté reptiles, le parc accueille des tortues (charbonnière, denticulée et étoilée), des iguanes verts, un caïman à lunettes et un boa constrictor. Chez les mammifères, on peut observer des ratons laveurs, des coatis roux, un kinkajou (petit animal arboricole et nocturne qui vit dans les forêts humides d’Amazonie, de Guyane, des Andes et d’Amérique centrale) ou encore des capybaras.

Le zoo de Martinique compte également deux volières dites d’immersion et dans lesquelles les visiteurs peuvent se promener et admirer des loriquets, des oiseaux multicolores, des cacatoès, des ibis rouges, des flamants roses ou encore des wallabies.

Volière zoo de la Martinique

Volière aux flamants roses

Programme de conservation

Le zoo de Martinique fait partie de plusieurs programmes dédiés à la conservation et la protection des espèces, comme l’association SOS Faune Sauvage qui apporte des soins aux animaux qui vivent sur l’île. Membre de l’Alpza – Association latino-américaine des parcs zoologiques et aquariums –, de l’EAZA – Association européenne des parcs et aquariums – et de l’AFdPZ – Association française des parcs zoologiques – le parc s’engage dans la préservation des espèces. « Nous faisons partie de cette nouvelle génération de parcs zoologiques qui s’engagent pour la protection et la sauvegarde de la faune sauvage. A ce titre, différentes actions de partenariat avec des associations reconnues sont menées ici aux Antilles mais aussi partout dans le monde », explique-t-il sur son site internet.

Capucin zoo de Martinique

Capucin blanc

La serre aux papillons

Nouvelle attraction du parc, la serre aux papillons a ouvert ses portes au public au cours de l’été 2017. Cette sorte de volière est entièrement dédiée aux lépidoptères de toutes sortes et de toutes couleurs, qui virevoltent de-ci de-là sous l’œil émerveillé des visiteurs qui pénètrent dans leur repaire. Pour leur plus grand confort, une fontaine y a été aménagée ainsi que des plantes et fleurs nectarifères dont se nourrissent les papillons. Une couveuse de cocons complète le décor.

Un musée de la piraterie

Il ne faut pas oublier que le parc se situe dans les Caraïbes, haut lieu de la piraterie. Pendant plusieurs siècles, les mercenaires des mers ont arpenté les rives de cette île des Antilles à la recherche de vaisseaux marchands à piller. Un grand nombre de légendes sont nées dans cette région, dont certaines continuent d’alimenter le folklore. Rien de plus normal donc, que le zoo du Carbet consacre toute une exposition à la flibusterie !