La soirée d’Halloween est passée depuis déjà quelques jours mais le zoo de Pont-Scorff reste en plein scénario noir : le site pourrait être placé en cessation de paiement mardi prochain, le 7 novembre, par le tribunal de commerce de Lorient.

panneau Pont-Scorff

Une situation financière difficile malgré des visiteurs fidèles

La situation n’était qu’un secret de polichinelle : le zoo de Pont-Scorff connait des difficultés financières depuis plusieurs années. Malgré une clientèle très fidèle et une excellente réputation, le site observait une diminution de sa fréquentation, et donc de son chiffre d’affaires. En 2017 encore, dès le mois de février, l’entreprise a risqué la cessation de paiement : les comptes ont alors été renfloués par Maguy Thomas, co-fondatrice du parc animalier breton. Malheureusement, dès le mois d’août, les choses empirent : les deux cogérants, Véronique et Olivier Thomas, fille et fils du couple fondateur, sont incapables de se mettre d’accord sur la gouvernance du parc. Le conflit, qui dure déjà depuis des mois, éclate au grand jour ; Véronique et Olivier entament chacun de leur côté une procédure de révocation à l’encontre de l’autre.

Cette situation provoque la mise sous administration provisoire de la structure familiale : le tribunal de commerce de Lorient désigne un directeur temporaire, Pascal de Clarens. Les dettes atteignent alors 38 % du chiffre d’affaires, qui est lui-même en recul de 10 à 15 % par rapport aux années précédentes. L’entreprise, pourtant « potentiellement viable« , est notamment mise en péril par le manque d’investissements.

Un investisseur potentiellement intéressé

Ce vendredi, le tribunal de commerce de Lorient devait rendre sa décision et placer – ou non – le zoo de Pont-Scorff en cessation de paiement. Finalement, un investisseur intéressé par la reprise de la structure a été entendu ce matin par le tribunal ; l’arrivée de ce nouvel élément a reporté l’annonce du délibéré à mardi prochain.
Si cette bataille judiciaire marque la fin d’une époque pour le zoo de Pont-Scorff, fondé en 1973 par le couple Thomas, le sauvetage du site par un investisseur extérieur resterait une bonne nouvelle. En effet, ce parc animalier emploie une cinquantaine de salariés de grande compétence, dont une douzaine sont des travailleurs handicapés. 600 animaux de 120 espèces différentes sont également répartis sur les 12 hectares du parc : girafes, éléphants, panthères, pandas roux… Un parcours de 5 heures attend les visiteurs qui franchissent les portes de ce parc du Morbihan, et cela pourrait bien s’accroître encore si l’annonce d’un repreneur est officialisée mardi prochain. Véronique Thomas a, elle, d’ores et déjà annoncé qu’elle se retirait de la direction du parc sur ces mots : « Je suis usée, fatiguée. Une page se tourne pour moi. Je resterai disponible pour assurer le relais mais je vais faire un autre choix de vie« .

NDLR : Le médecin Sauveur Ferrara va finalement reprendre le zoo qui ne fermera donc pas ses portes. C’est son 3ème parc animalier avec le zoo des Trois Vallées (Tarn) et celui du Bois d’Attilly (Seine-et-Marne). Toutefois, le personnel du zoo s’est prononcé contre ce rachat.

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