Sauvée à la naissance par les soigneurs du parc, Cabriole a été élevée au biberon et a grandi au contact de l’Homme. Ce n’est que grâce à de nombreux efforts qu’elle a pu rejoindre finalement ses congénères… et donner naissance à un petit cabri !

Chamois au Parc de Merlet

Cabriole et son petit Ubaye.

Au printemps 2016, son histoire avait ému bon nombre de visiteurs. Il faut dire que Cabriole est une rescapée ! Contrairement à ce que son nom le laisse entendre, cette femelle chamois était incapable de réaliser les acrobaties que l’on attend de tout cabri. Car lors de sa naissance, un jour où il avait neigé sur les hauteurs du parc haut-savoyard, elle s’est cassée une patte, ce qui l’a empêchée de suivre sa mère, de téter et de s’affirmer au sein du groupe. Résultat, les soigneurs du Parc de Merlet n’ont eu d’autre solution que celle de s’en occuper. Heureusement grâce à de nombreux efforts, elle a pu finalement retrouver une vraie vie de chamois et même donner naissance à un petit cabri.

Élevée au biberon

Durant les premières semaines qui ont suivi sa naissance, Cabriole a été recueillie au sein de la famille Cachat qui gère le parc. Nourrie au biberon, la petite chamois s’est rapidement faite à sa nouvelle vie, allant même jusqu’à copiner avec le chien de la maisonnée. Au moment de la réouverture du parc à l’arrivée des beaux jours, Cabriole avait pris pour habitude de s’installer sur le bord de la fenêtre à l’accueil. L’endroit idéal pour tenir compagnie à la personne qui tient la caisse tout en souhaitant la bienvenue aux visiteurs ! Il n’en fallait pas plus pour qu’elle devienne la mascotte du Parc de Merlet.

Retrouver les animaux du parc

Mais comme tout animal sauvage, la vie de Cabriole est auprès de ses congénères. Les soigneurs ont dû fournir de nombreux efforts pour réussir à l’habituer aux autres animaux qui gambadent sur les pentes des Houches, face au Mont Blanc, et inversement. En novembre 2016, quelques mois après sa naissance, le Parc de Merlet place donc tous les chamois dans leur enclos d’hivernage comme chaque année lorsque la neige arrive. « Nous avons ensuite réussi à séparer un cabri du même âge que Cabriole dans un autre enclos à côté, raconte le parc animalier sur sa page Facebook. Notre protégée vit donc en compagnie d’un charmant jeune chamois que l’on a prénommé Génépi. C’est un pari réussi : en effet nous voulions qu’elle s’identifie bien comme un chamois et non comme le troisième enfant de la famille ! De plus, si nous l’avions mis avec le troupeau (10 adultes), Cabriole aurait été rejetée. » Le défi est d’autant mieux relevé que Cabriole et Génépi ont donné naissance fin juillet à un petit cabri baptisé Ubaye. « Depuis fin août, mère et fils ont été relâchés dans le parc sous haute surveillance, ajoute le parc dans un communiqué de presse. Cabriole ne manque pas une occasion de revenir vers l’entrée du parc et la cohabitation avec les visiteurs se passe bien. Nous avons bon espoir d’intégrer le nouveau cabri avec tous les autres chamois. »

Et les autres pensionnaires de Merlet ?

Marmotte Parc de Merlet

Le parc haut-savoyard a fermé ses portes dimanche 30 septembre pour sa fermeture annuelle. Durant l’automne et l’hiver, certains animaux hivernent, comme les marmottes par exemple. Après avoir passé tout l’été à faire des provisions – elles ont consacré la moitié de leur temps à chercher de la nourriture et ont avalé jusqu’à 1 kg de végétaux par jour – elles sont prêtes à passer la saison froide à l’abri dans leur terrier. A l’inverse de certains animaux qui hibernent, les marmottes ne dorment pas en continu pendant tout leur hivernage. Elles se réveillent notamment toutes les trois semaines environ pour déféquer dans des sortes de latrines construites exprès à l’écart de l’endroit où elles dorment.

La période s’annonce en revanche moins calme pour le cerf Sika qui vient de démarrer son rut. « C’est une période où le mâle se distingue en prenant régulièrement des bains de boue, explique le Parc de Merlet. En sortant, il s’ébroue vigoureusement mais son poil reste noir et taché. Il va calmer son agressivité en s’acharnant contre la végétation avec ses bois. » C’est aussi à ce moment-là que le cerf brame. Il s’agit d’un « véritable langage qui permet de manifester sa présence auprès des biches et de provoquer ses rivaux… il est bon de se tenir à l’écart ! »

Le Parc de Merlet – qui vient de fêter ses 50 ans – rouvrira ses portes au printemps 2019.

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