Entouré par de grandes étendues d’eau, le Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes dans l’Ain est un site unique en France dédié à l’avifaune du monde entier.

Flamant rose Parc des Oiseaux

Flamant rose de la Baie de Cuba, à l’entrée du parc ©Zooactu

C’est au cœur de la troisième plus grande zone humide d’eau douce de France que le Parc des Oiseaux a choisi de faire son nid, dans l’Ain. Sur un terrain de 35 hectares que l’on a du mal à parcourir en une seule journée, volent plus de 3 000 oiseaux issus de 300 espèces originaires des quatre coins du
Globe
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Historique du zoo spécialisé

C’est en 1962 que démarre l’histoire de ce site. Jean Saint-Cyr, ancien sénateur puis député de l’Ain et natif d’Ambérieux-en-Dombes, défend la création d’un parc-réserve dans la Dombes à une époque où il n’existe en France que peu de réserves naturelles. « C’est un livre qui est à l’origine de tout, explique-t-il à la presse en 1986. « Les oiseaux du marais « , de Charles Vaucher. Je n’avais pas, avant 1960, mesuré l’importance de l’existence de tous ces oiseaux. » Déjà dans les années 1960, cet homme politique prend conscience de « l’importance de la sauvegarde de l’environnement et la recherche de sa mise en valeur », déclare-t-il. Un projet qui trouve un écho favorable puisque le conseil général de l’Ain approuve la création d’un site protégé dès 1962. Les travaux démarrent à Villars-les-Dombes trois ans plus tard, après avoir réaménagé l’étang de Bel-Air tout autour du site choisi. Un chantier fastidieux qui débouche sur l’ouverture du Parc des Oiseaux le 18 juillet 1970. L’objectif : protéger la faune locale et sensibiliser le public sur les enjeux de la biodiversité.

Pour y parvenir, le parc réfléchit à différentes manières d’informer les visiteurs de façon ludique. S’inspirant du zoo de Londres, l’architecte Marc Dosse conçoit en 1977 la grande volière dédiée aux oiseaux de la Dombes – hérons, aigrettes, limicoles, faisans et perdrix. Cette structure a ensuite été transformée pour devenir la volière asiatique de Krabi, aujourd’hui remplacée par la jungle tropicale. Deux ans plus tard, en 1979, Marc Dosse remet le couvert et créé avec son fils Pierre la maison des manchots. Au cours des deux décennies suivantes (1980-1990), le Parc des Oiseaux multiplie les initiatives pour tenter de fidéliser les visiteurs et, surtout, rivaliser avec les nouveaux concepts de parcs de loisirs qui essaiment un peu partout. Le site inaugure ainsi un petit train en 1985 et accueille une exposition de véhicules anciens appartenant à la Fondation Berliet en 1990. Finalement, il est décidé de se recentrer sur les oiseaux en adoptant dès les années 2000 un positionnement avant-gardiste dans le mode de présentation, gommant les frontières entre les visiteurs et les animaux. Le parc ferme ses portes d’octobre 1999 à mai 2000 pour engager de grands travaux de rénovation dont il ressort, entre autres, la volière du Pantanal. Les nouveautés se succèdent ensuite, avec en 2002 l’aménagement de la petite Dombes, la création de la nurserie, de la vallée des rapaces et du labyrinthe du temps perdu, puis en 2003 de la pampa des nandous, en 2004 de la crique des manchots, en 2007 le bush australien et le jardin des oiseaux, en 2009 la forêt tropicale des toucans, en 2010 les terres de calaos, en 2016 la Tour panoramique et en 2018, l’Afrique en Mosaïque.

Les informations clés

parc des oiseaux visuel

Superficie : 35 hectares

Animaux : 3 000 oiseaux issus de 300 espèces différentes

Fréquentation : 280 000 visiteurs par an (2016)

Horaires : de 9h30 à 18h – fermeture des caisses à 17h

Tarif : 19 € (adulte), 16 € (jeune de 13 à 25 ans), 14 € (enfant de 3 à 12 ans), 8 € (personne à mobilité réduite). Tarif préférentiel pour les familles : 58 € pour quatre personnes, dont 2 enfants minimum.

Adresse : RD 1083, 01330 Villars-les-Dombes

Contact : 04 74 98 05 54 / info@parcdesoiseaux.com

Les animaux du Parc des Oiseaux

Le site de Villars-les-Dombes regroupe plus de 3 000 oiseaux de 300 espèces originaires du monde entier, dont une soixantaine fait partie de la liste rouges des espèces menacées au sens de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Répartis entre différents sites, ces animaux évoluent soient en volière immersive comme par exemple les ibis chauves et les vautours dans la vallée des rapaces ou les tantales ibis et autres oiseaux africains dans la grande volière de la zone africaine, soit en liberté comme les pélicans frisés autour de l’étang des pélicans ou les flamants roses de la Baie de Cuba, soit encore dans des enclos fermés comme les perroquets ou les colibris.

Cacatoes rosalbinRollier à ventre bleuNicobar à camailIbis rougeToucan tocoGris du GabonConure soleilCacatoes des PhilippinesManchot de HumboldtVautour

Le Parc des Oiseaux s’organise par zones géographiques :

  • L’Europe avec la vallée des rapaces (vautours européens, ibis chauves, chouettes, hiboux, etc.), la petite Dombes, la Tour panoramique depuis laquelle on peut facilement observer les nids de cigognes et la volière alpine (gypaètes barbus) ;
  • L’Asie avec l’étang des pélicans et les terres de calaos ;
  • L’Amérique du Sud avec la crique des manchots, la pampa des nandous, la maison des colibris et la volière du Pantanal ;
  • L’Océanie avec le bush australien où l’on retrouve exceptionnellement des mammifères (moutons, kangourous et wallabies), et la volière des loris ;
  • Les zones tropicales avec la cité des perroquets et la jungle tropicale ;
  • L’Afrique, dernière zone à avoir vu le jour et qui accueille 304 oiseaux de 41 espèces mais aussi des makis cattas et des suricates.

>> Voir notre diaporama photos sur les oiseaux de l’Afrique en Mosaïque

Il accueille plusieurs espèces rares en captivité, comme par exemple le messager sagittaire (ou serpentaire) et le calao à joues argentées dans la partie africaine, le casoar à casque et le pélican à lunettes dans le bush australien, le coq-de-roche et la roussette ou renard-volant (chauve-souris) dans la jungle tropicale ou encore le goura couronné et le cacatoès des Philippines dans la partie Asie.

Parmi les incontournables du Parc des Oiseaux, on retrouve tout d’abord le spectacle des oiseaux en plein vol. Visible tous les jours (quand la météo le permet) depuis l’aire de spectacle à côté de la cité des perroquets, ce programme existe depuis 2006. Pendant une trentaine de minutes, de majestueux oiseaux à l’envergure impressionnante comme les marabouts, les pélicans et les aras virevoltent au-dessus des têtes du public, les rasant de quelques centimètres parfois avant de repartir dans un ballet aérien bien ficelé au-dessus de l’étang faisant face à l’arène. Ce spectacle a pour objectif de mettre en scène les oiseaux de façon naturelle, sans artifice, tout en sensibilisant le public sur diverses thématiques. « Il s’agit d’un outil pédagogique et innovant composé de six tableaux enrichis de commentaires qui évoquent les caractéristiques de oiseaux, leurs sens et leur milieu de vie », détaille le parc.

Autre immanquable : la volière des loris. Située entre la crique des manchots et la cité des perroquets, cette volière immersive de 700 m² permet aux visiteurs d’aller au plus près des loriquets arc-en-ciel, ces petits perroquets multicolores originaires de l’est de l’Australie. Pour 1 €, il est possible d’acheter un gobelet de nectar dont raffolent ces oiseaux et de leur donner à manger directement. Peu peureux, les loris se posent régulièrement sur les visiteurs pour quémander un peu plus de nectar ! Ouverture de 10h30 et 12h et de 13h30 à 17h.

A ne pas rater également l’ascension de la tour panoramique. Inaugurée en 2016, cette tour de 27 mètres de haut est déconseillée pour les personnes ayant le vertige mais recommandée pour tous ceux désirant accéder à un point de vue époustouflant sur tout le parc et ses environs. De là-haut, la vue sur les nids de cigognes (du printemps à début août environ) est exceptionnelle.

Programmes de conservation

Ara bleu au Parc des Oiseaux

Ara bleu ©Zooactu

En tant que membre de l’association européenne des aquariums et zoos (EAZA), le Parc des Oiseaux participe à des programmes d’élevages européens (EEP) et des studbooks (ESB) sur plusieurs espèces. Le site est également membre de l’association mondiale des zoos et aquariums (WAZA). Il participe ainsi à des échanges avec d’autres parcs animaliers, que ce soit en termes d’animaux ou de connaissances et de compétences dans tel ou tel domaine.

Le parc participe par exemple activement à la conservation du pélican frisé, l’une des premières espèces à avoir rejoint le site dès son ouverture en 1970. Il est d’ailleurs le premier à réussir à reproduite l’espèce en captivité en France, en 1981. Aujourd’hui, le pélican frisé fait l’objet d’un EEP auquel participent 43 parcs animaliers européens, dont le Parc des Oiseaux qui réalise à lui seul plus de la moitié des naissances chaque année.

Autre combat mené par le site de Villars-les-Dombes : la protection du gypaète barbu. Le parc participe en effet au programme de conservation coordonné par la Vulture Conservation Foundation (VCF). Ce vautour a été exterminé dans les Alpes au début du 20ème siècle avant d’y être réintroduit dans les années 1980.

Les services

Si vous pensez vous rendre au Parc des Oiseaux au mois de juin ou en juillet, ne manquez pas les « Musicales du parc« . Depuis 2007, le par organise tous les ans à cette période son propre festival de musique. De grands noms de la chanson se sont succédés comme Maurane, Christophe Willem, Grand Corps Malade et Gérald de Palmas. En 2018, le Parc des Oiseaux attend Nolwenn Leroy (marraine de cette saison), Francis Cabrel, Calypso Rose ou encore Barbara Hendricks. Deux sessions sont prévues avec, chaque soir, un artiste différent : du 4 au 8 juin, puis du 2 au 6 juillet 2018.

Pour se restaurer, le Parc des Oiseaux a aménagé quatre aires de pique-nique avec tables et bancs en bois près de la Baie de Cuba à l’entrée du site, à côté de la tour panoramique, entre la petite Dombes et la vallée des rapaces et, enfin, près de la volière alpine. Il est également possible de se rendre au restaurant La Carpe, niché au milieu d’un roselière (pensez à réserver, le restaurant est vite complet) ou dans le self-service le Pélican frisé, près des caisses. Deux snacks sont également proposés : la Roselière et la Petite Carpe (ouverte uniquement en juillet et en août, ou les dimanches et jours fériés).

Notre conseil

Une seule journée suffit difficilement à tout visiter tant le site est grand et les propositions nombreuses. Une bonne paire de chaussures est nécessaire pour arpenter les 35 hectares du site, ainsi qu’une organisation minutieuse si vous ne voulez pas manquer le spectacle ou arriver trop tard pour la volière des loris. Il manque peut-être une offre d’hébergement sur place qui permettrait de prendre davantage le temps de visiter le parc sur deux jours.

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