Le 10 avril 1999, Serge Mounard ouvrait les portes de la « Colline aux marmottes », à Argelès-Gazost dans les Hautes-Pyrénées. Vingt ans plus tard, le site est devenu le Parc animalier des Pyrénées et a bien grandi.

20 ans du Parc animalier des Pyrénées

Au cœur des montagnes pyrénéennes, sur un terrain tout en relief, se dresse le Parc animalier des Pyrénées. Ouvert depuis vingt ans ce printemps, le site s’est fortement développé. Il s’étend sur 14 hectares et accueille 600 animaux de 120 espèces différentes. Rencontre avec Serge Mounard, directeur et fondateur du parc.

A la création du Parc animalier des Pyrénées, quels étaient les premiers pensionnaires ?

Lorsque nous avons commencé en 1999, le site s’appelait « la Colline aux marmottes ». C’était donc elles les premières pensionnaires et elles sont encore aujourd’hui l’une des espèces phares.

Nous sommes implantés au cœur des Pyrénées, sur une propriété familiale que nous avons choisi de transformer en parc animalier. Il a fallu réaliser des travaux titanesques à chaque fois que nous avons voulu aménager de nouveaux enclos pour accueillir de nouvelles espèces.

Le site s’est donc agrandi progressivement, en se concentrant naturellement dans un premier temps sur les espèces emblématiques de nos montagnes : les marmottes, puis les isards, les bouquetins, les chamois et autres ongulés de montagne, les ours, les lynx, etc. Puis, au rythme de tous les deux ans environ, le parc s’est ouvert à d’autres espèces plus exotiques.

Au début de l’année dernière, nous avons par exemple accueilli des pandas roux, des loutres cendrées et des pélicans frisés. Puis cet automne, ce sont des ouistitis pygmées, des flamants roses et un étourneau de Bali qui ont fait leur entrée au Parc animalier des Pyrénées. Cette année aussi, nous avons accueilli de nouvelles espèces : les suricates, les chiens de prairie, les aras macao et ararauna ainsi que les makis cattas.

Si vous deviez citer une naissance particulièrement émouvante…

Ce serait certainement celles des trois ours bruns. Bien sûr, toutes les naissances comptent, et nous en avons plusieurs chaque année. Mais l’arrivée de nos triplés il y a 4 ans est inoubliable.

Ours bruns Pyrénées

Ces frères sont nés de la femelle Cannelle, baptisée ainsi en hommage à la dernière ourse de souche pyrénéenne, abattue en 2004, et qui a enclenché par la suite les réintroductions d’ours bruns.

Ils ont vu le jour en janvier, après une gestation de deux mois environ. A ce moment de l’année, les ours sont en hivernation. Pour savoir si les oursons sont bien nés, nous nous sommes donc référés à leurs cris. Car un ourson qui vient de naître crie très fort ! Nous avions placé des caméras de surveillance dans leur tanière, et c’est ainsi que nous avons pu suivre leurs premiers instants. Ces ours vivent aujourd’hui encore avec nous, au Parc animalier des Pyrénées.

Quel a été le décès le plus éprouvant ?

La mort d’un animal, ce n’est jamais facile. A chaque fois, cela nous questionne : on se demande « qu’est-ce qu’on a fait de mal ? » L’une des disparitions les plus éprouvantes a été celle de l’un de nos trois mâles loutres géantes.

Tous trois arrivaient du Bioparc de Doué-la-Fontaine et nous les attendions avec impatience. Malheureusement, environ deux ans après leur arrivée, l’un d’eux est décédé. Il n’avait que 5 ans, ce qui est relativement jeune pour cette espèce. A l’autopsie, notre vétérinaire a découvert une tumeur et un cancer qui s’était généralisé.

Depuis, l’un des deux mâles restants est parti et nous avons accueilli une femelle pour former un couple reproducteur. Le tout, sur les conseils du coordinateur européen pour l’espèce.

Quelle est l’espèce la plus compliquée à gérer en captivité ?

Sans hésiter, sur notre parc il s’agit des loups d’Europe. Lorsqu’une meute est parfaite, tout fonctionne bien. Mais il faut faire attention quand de jeunes mâles grandissent. Des conflits peuvent apparaître et en cas de morsures, les blessures s’avèrent souvent sévères. Il faut donc anticiper et faire partir à temps les individus susceptibles de poser problème.

Et puis, les loups d’Europe sont assez fuyants et donc plus difficiles à approcher pour les soigneurs animaliers qui s’en occupent que d’autres espèces de loups comme les loups du Canada ou les loups arctiques par exemple.

Heureusement avec de la patience, des liens forts arrivent à se créer. Au Parc animalier des Pyrénées, l’un de nos soigneurs aujourd’hui à la retraite a noué des relations très solides avec les loups. Il passe encore leur rendre visite d’ailleurs.

Quelle espèce aimeriez-vous accueillir dans un futur proche ?

Cette question est particulièrement compliquée, pour la simple et bonne raison que le parc s’étend sur un terrain limité et pas toujours facile à aménager. Pour garantir le bien-être des animaux – ce qui est notre priorité – nous nous orientons donc désormais vers des espèces de taille relativement petite. Par rapport à ce qu’il est possible de faire en termes de gestion de l’espace au Parc animalier des Pyrénées, nous aimerions accueillir des primates asiatiques. Des gibbons notamment.

Nous voulons absolument éviter que nos animaux développent des stéréotypies ou qu’ils ne se sentent pas bien parce que nous n’avons pas pu leur offrir suffisamment d’espace. L’enclos que nous avons aménagé pour les suricates répond par exemple parfaitement à leurs besoins, et c’est génial ! Nous n’oublions pas que nous sommes un zoo de montagne, ce qui est plutôt atypique !

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