L’animal dérobé est un tamarin de Goeldi, une espèce menacée qui requiert un régime alimentaire particulier. Le zoo craint pour sa survie en-dehors de ses murs.

Vol tamarin Natur'Zoo
Le mâle tamarin volé à Natur’Zoo le 13 juillet 2018.

Mais que se passe-t-il dans les zoos français ? Un nouveau vol d’animaux a été déclaré le 13 juillet 2018 par Natur’Zoo de Mervent : le parc animalier situé en Vendée s’est fait dérober un tamarin de Goeldi, une espèce rare et menacée. Avec le vol de deux saïmiris à Planète Sauvage en avril 2018, le cambriolage du ZooParc de Beauval en mai et le vol de deux saïmiris et d’un perroquet gris du Gabon début juin au Domaine des Fauves, il s’agit du quatrième larcin commis dans un parc animalier français en l’espace de trois mois !

Volé en plein après-midi

Tamarin de Goeldi, Mervent
Le singe est âgé de 11 ans et pèse 600 grammes.

Les soigneurs ont découvert les faits en fin d’après-midi, lors du dernier nourrissage des singes de la journée. « La porte de l’enclos était ouverte, le cadenas avait été fracturé, rapporte Sébastien Laurent, directeur de Natur’Zoo et du Zoo de la Boissière-du-Doré. Nous avons aussi retrouvé un autre cadenas cassé sur l’un des portails de service, près de la grange à foin, laissant penser que les voleurs sont passés par là. » Le vol s’est donc produit en plein après-midi, alors que le zoo était encore ouvert. Le singe dérobé est un mâle âgé de 11 ans qui a un régime alimentaire bien particulier. « L’espérance de vie d’un tamarin de Goeldi ne dépasse pas les 15 ans. Notre singe est donc déjà âgé et s’il ne nous est pas rendu, il mourra d’ici peu de temps », alerte le directeur.

Un groupe d’individus suspecté

Le petit singe d’à peine 600 grammes se trouvait à l’intérieur d’une grande volière dans laquelle il vivait avec des tamarins pinchés et des saïmiris, deux espèces particulièrement recherchées sur le marché noir. Pourtant, les voleurs n’y ont pas touché. Ils ne se sont intéressés qu’à un singe déjà âgé, que l’on imagine mal destiné au trafic d’animaux de compagnie. « C’est la raison pour laquelle nous pensons que le vol a été commis sur un coup de tête, par des personnes qui n’ont pas le profil de trafiquants d’animaux, commente Sébastien Laurent. Et nous soupçonnons déjà quelqu’un. » Les équipes du Natur’Zoo de Mervent ont en effet rapporté plusieurs incidents avec un groupe d’individus, le jour du méfait. « Nous avons donné leur signalement aux autorités, mais nous espérons qu’ils auront la présence d’esprit de nous rendre l’animal dans les plus brefs délais. »

Dans les années 1980, le Zoo de la Boissière-du-Doré avait lui aussi été victime d’un vol sur un maki catta. « Nous avions tout de suite alerté les médias pour diffuser le message et, le lendemain, le ou les voleurs nous avaient contacté anonymement pour nous rendre le petit lémurien dans une boîte. Heureusement, il était sain et sauf. » Le directeur espère que l’issue de cette histoire sera tout aussi favorable.

Le tamarin de Goeldi est une espèce menacée et protégée par la convention de Washington (annexe I de la Cites). Sa détention est donc interdite et passible d’une peine de six mois d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende.

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