L’événement est suffisamment exceptionnel pour être souligné : un varan malais (Varanus salvator), l’une des trois plus grosses espèces de varans au monde, est né début mars à l’Espace zoologique de Saint Martin la Plaine.

Jeune varan malais

Le petit reste pour l’instant au calme dans un terrarium dédié (à environ 3 semaines sur la photo).

A sa naissance, il ne mesurait que quelques centimètres mais à l’âge adulte, il pourrait dépasser les 3 mètres de long (dont une queue plus longue que le reste du corps !) et peser plus d’une trentaine de kilos ! Ce varan malais a vu le jour il y a environ trois semaines dans le parc zoologique de Saint Martin la Plaine, situé entre Lyon et Saint-Etienne. Encore fragile, il reste pour l’instant au calme sous l’œil vigilant des soigneurs et rejoindra l’enclos de ses congénères ultérieurement. « Il faut d’abord s’assurer qu’il se nourrit correctement et qu’il est capable de s’alimenter tout seul », détaille Julien Barillon, soigneur animalier responsable vivarium. Le petit saurien a pris son premier repas une quinzaine de jours après l’éclosion et pour l’instant, tous les indicateurs sont au vert. « Il a déjà bien grandi ! », se réjouit son soigneur.

Reproduction rare en parc zoologique

En captivité, les reproductions de sauriens peuvent vite devenir compliquées. Sujets au stress et sensibles aux bruits environnants, les reptiles ont en général besoin de calme la journée pour dormir et se reposer tandis que la nuit, ils se réveillent pour chasser. Dans un vivarium de parc zoologique, les allées et venues et visiteurs perturbent nécessairement ce temps de repos, ce qui peut avoir un impact sur la reproduction des spécimens. « Cette naissance est un événement rare en zoo », commente Julien Barillon.

218 jours d’incubation

Varan malais et soigneur

Julien (soigneur animalier) et la femelle varan malais qui a donné naissance au petit

Ovipare, la femelle a pondu une dizaine d’oeufs mais un seul a éclos. Et encore, il s’agit d’une prouesse car des conditions optimales doivent être réunies pour que le processus soit mené à bien. « Certains oeufs n’étaient pas fécondés, d’autres ont moisi et dans d’autres encore le fœtus est mort avant éclosion. Bref, un seul est arrivé à terme », résume le soigneur. Et pour cela, la tâche n’a pas été aisée : il aura fallu 218 jours d’incubation pour y arriver. L’oeuf a été placé dans une boîte au milieu des substrats adéquats (sorte de terreau pour reptiles), qui a elle-même été rangée dans un incubateur capable de reproduire la température et l’humidité idéales. « Cela tourne autour de 28-30 degrés pour un taux d’hygrométrie oscillant entre 60 et 80% », précise Julien Barillon.

Quant à la mère, elle a été mise à l’écart le temps de se remettre. Affaiblie et quelque peu amaigrie, elle a besoin de retrouver des forces et de se reposer au calme avant de regagner son enclos.

Le varan malais en quelques mots

A la différence de ses cousins le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) et le varan crocodile (Varanus salvadorii) dont les aires de répartition sont très restreintes, le varan malais vit dans différents pays d’Asie du Sud. On le retrouve ainsi au Bangladesh, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie, au Laos, en Malaisie, à Singapour, au Sri Lanka, en Thaïlande et au Vietnam. Bien que sujet au stress lorsque l’on perturbe son environnement, le varan malais a su s’adapter aux changements causés par l’activité humaine, ce qui lui permet de ne pas être classé parmi les espèces menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Néanmoins, son habitat favori, à savoir les mangroves, les marécages et les zones humides en général dont l’altitude se situe au-dessous des 1 000 m, subit de graves bouleversements de la main de l’Homme. Le varan malais est par ailleurs chassé pour sa peau transformée en cuir et sa chair consommée dans plusieurs pays.

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