Ce n’était encore jamais arrivé en France : deux femelles gorilles des plaines de l’Ouest nées en captivité décolleront bientôt pour l’Afrique. Le but du voyage : vivre à l’état sauvage.

Réintroduction gorilles Beauval
Mayombé sera bientôt relâchée au Gabon avec sa soeur.

Ce lundi 24 juin, Kuimba et Mayombé, deux femelles gorilles du ZooParc de Beauval, partiront vers une nouvelle vie. Ces gorilles des plaines de l’Ouest sont nés en captivité et ont passé toute leur vie à Beauval. Pourtant, elles seront bientôt réintroduites dans leur milieu naturel, en Afrique.

Voyage jusqu’au Gabon

« Ce sont les tout premiers gorilles nés en France qui partent vers l’Afrique ! », rappelle le ZooParc de Beauval. En plus d’être une grande première, cette opération est capitale car l’espèce est en danger critique d’extinction dans la nature. Il s’agit de la dernière étape avec la disparition pure et simple de l’espèce dans son milieu naturel, comme le rappelle l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à qui l’on doit la liste rouge des espèces menacées dans le monde.

Les deux sœurs, filles du mâle dos argenté Asato, seront escortées durant tout le trajet par une équipe de choc du parc animalier : le directeur en personne Rodolphe Delord, le directeur de la conservation Éric, la chef animalière adjointe Delphine, la responsable du secteur gorilles Manon et Antoine, vétérinaire au ZooParc de Beauval. Tous connaissent bien Kuimba et Mayombé et pourront « veiller à ce que tout se déroule à merveille », assure le parc.

Partenariat avec la fondation Aspinall

Bien entendu, Beauval n’agit pas seul. Sa fondation Beauval Nature collabore avec la fondation Aspinall, qui pilote des réintroductions de gorilles des plaines de l’Ouest au Congo-Brazzaville et au Gabon dans le cadre d’une campagne baptisée « Retour à la nature ».

Aspinall n’en est pas à ses débuts en matière de réintroduction puisque depuis sa création en 1989, elle a déjà relâché une soixantaine de gorilles dans la nature. Kuimba et Mayombé seront quant à elles relâchées, à terme, dans le parc national des plateaux Batéké, au Gabon.

« Mêlant dunes, forêts humides et savanes boisées dans un patchwork environnemental, ce parc national abrite une biodiversité extraordinaire et de nombreuses espèces animales que viendront rejoindre les deux femelles », détaille le ZooParc de Beauval.

Une réintroduction en plusieurs étapes

Passer de la captivité à l’état sauvage n’est pas chose aisée et tout le succès de l’opération réside dans la capacité ou non de ces femelles à apprendre à se débrouiller seules une fois relâchées dans la nature.

Kuimba, sœur de Mayombé.

Pas question, donc, de précipiter les choses. Leur réintroduction se déroulera en plusieurs étapes, petit à petit, et prendra plusieurs mois.

Deux étapes majeures seront respectées : une préparation au pré-relâcher, puis le processus de relâcher à proprement parler. Durant la première phase, les deux sœurs vivront sur une île de 3,5 hectares à l’intérieur du parc national. Selon leur comportement et leur adaptation, elles y resteront entre 6 mois et un an, environ.

Pendant cette période, elles devront apprendre à devenir autonomes et à se nourrir seules. Elles devront également s’entendre avec Josni, un mâle dos argenté qui arrivera d’Angleterre. Si tout se passe pour le mieux, la deuxième et dernière grande phase de l’opération pourra démarrer.

Il s’agit du processus de relâcher. Kuimba et Mayombé rejoindront le territoire où vivent les autres gorilles sauvages du parc national. « Sur place, elles seront suivies par les rangers locaux, pour s’assurer du bon déroulé de leur adaptation à ce nouveau milieu et contrôler leur état de santé », précise Beauval. Croisons les doigts !

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