C’est la grande nouveauté du parc animalier de Saint-Aignan pour cette année 2019 : des diables de Tasmanie ! Rare en Europe, cette espèce australienne n’est présente que dans quatre zoos européens.

Diables de Tasmanie en France

Le zoo de Copenhague au Danemark, Pairi Daiza et Plankendael en Belgique et le zoo de Duisburg en Allemagne : pour le moment, il s’agit des seuls endroits où observer des diables de Tasmanie en Europe.

Nouveauté 2019 du ZooParc de Beauval

Mais dès le printemps 2019, un zoo français s’ajoutera à cette liste de privilégiés : le ZooParc de Beauval, dans le Loir-et-Cher. Après avoir célébré la première naissance de panda géant sur le territoire français, le parc animalier de la famille Delord deviendra ainsi le premier zoo à présenter des diables de Tasmanie en France. Ces petits marsupiaux arriveront au printemps. Leur enclos se situera au niveau du point 74 sur le plan du parc, où se trouvent actuellement les wallabies. Montant de l’investissement pour accueillir cette nouvelle espèce : 300 000 euros. L’an dernier, Beauval démarrait aussi la saison 2018 avec l’arrivée de nouveaux pensionnaires : les guépards et les loups arctiques.

Rare en captivité

Très peu répandue en captivité en-dehors de son île natale, le diable de Tasmanie est une espèce menacée longtemps restée confinée aux seules limites de l’Australie (Tasmanie comprise). Cette position – ferme – s’est assouplie à partir de 2013 lorsque la Tasmanie a décidé d’envoyer une vingtaine de diables dans des zoos étrangers, d’abord en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. L’objectif : sensibiliser la population mondiale à la lutte contre la disparition continue et rapide de l’espèce dans la nature. Après la réussite de cette première phase, la Tasmanie est passée à la vitesse supérieure et a envoyé des individus dans un zoo japonais ainsi que dans trois parcs européens, en plus de celui de Copenhague où l’espèce est présente depuis le début des années 2000. L’Etat avait en effet offert quatre diables à la princesse Mary du Danemark, originaire de Tasmanie. Tous ont été placés au zoo de Copenhague qui est parvenu, depuis, à faire se reproduire l’espèce. Un cinquième zoo européen rejoint donc la liste. Et c’est une première en France.

L’espèce décimée par un cancer

Autrefois plutôt communs, les diables de Tasmanie sont aujourd’hui menacés à l’état sauvage. Ces petits marsupiaux sont souvent les victimes collatérales d’un trafic routier de plus en plus dense jusque dans leur habitat naturel et pendant longtemps, ils ont fait l’objet d’une chasse aveugle en raison de la mauvaise réputation qui les accompagne. Mais il existe une menace encore plus grande qui pèse sur l’espèce : une tumeur faciale qui décime les populations sauvages depuis une vingtaine d’années. Contrairement aux autres cancers, cette pathologie qui touche les diables de Tasmanie est contagieuse : elle se transmet par simple morsure. Or, les diables sont des animaux qui ont pour habitude de se mordre les uns les autres, notamment au moment de se partager une carcasse. La propagation a donc été extrêmement rapide. Depuis les années 1990, près de 80 % des diables de Tasmanie auraient ainsi disparu, emportés par la maladie. Des recherches sont actuellement menées sur le terrain pour trouver un vaccin en parallèle de réintroductions de populations saines.

Diable, un drôle de nom

Pour la petite anecdote, il faut savoir que les diables de Tasmanie ont été surnommés ainsi par les premiers colons qui sont arrivés sur cette île rattachée à l’Australie. Les diables sont des animaux nocturnes qui poussent des cris rauques et puissants. On raconte que lorsqu’ils campaient dans la forêt lors de leurs expéditions, les colons entendaient ces cris effrayants et ont fini par surnommer ces animaux « diables » car selon eux, ces sons ne pouvaient être que poussés par le diable lui-même. Hélas, ce surnom leur a causé pas mal de tort et ce n’est qu’au prix de nombreux efforts que des défenseurs des animaux ont réussi à convaincre les populations locales de l’importance de ces marsupiaux pour l’écosystème. Charognards acharnés, ils sont en effet de véritables nettoyeurs de la nature : en dévorant les carcasses, ils empêchent la propagation de maladies. Leur préservation est donc essentielle.

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