fauconnier zoo de beauval

Au sens strict, un fauconnier est le professionnel chargé de s’occuper des rapaces, qu’il s’agisse de faucons, de buses, d’éperviers, d’aigles, de chouettes… En parcs animaliers, ces soigneurs peuvent avoir affaire à d’autres types d’oiseaux et gèrent en plus l’entretien et l’aménagement de la volière. Dans les deux cas, les fauconniers doivent surtout construire une relation de confiance avec chacun de leurs protégés afin de les présenter ensuite au public dans les meilleures conditions.

Le profil du fauconnier

N’est pas fauconnier qui veut ! Les maîtres du domaine sont les dépositaires d’un art plusieurs fois millénaire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010 : la fauconnerie. Pour exercer, le fauconnier doit :

  • être passionné et patient ! Il s’agit probablement des deux principales qualités requises pour faire un bon fauconnier. Il faut travailler longtemps avant de gagner la confiance d’un animal, et c’est encore plus vrai pour un rapace : chaque oiseau a un caractère qui lui est propre, ce qui amènera toujours son lot de difficultés et d’expériences nouvelles.
  • être très rigoureux : bien qu’ils semblent spontanés et faciles à reproduire, les gestes d’un fauconnier demandent en réalité une grande concentration. Même les plus expérimentés peuvent être blessés et arborer cicatrices de coups de becs et de griffes : comme le disent les fauconniers eux-mêmes, « la fauconnerie ne connait que la perfection ou l’échec« . Cette activité n’a pas été élevée au rang d’art par hasard : chaque geste doit, à la manière de ceux d’un danseur, être très précis !

Extrait du spectacle « Les maîtres des airs » du ZooParc de Beauval

Les différentes formations

Être fauconnier ne s’improvise pas… mais ni diplôme ni formation ne sont reconnus au niveau national. Pour exercer ce métier, il faut donc se rapprocher de maîtres désireux de transmettre leurs connaissances, puis apprendre au cours de plusieurs stages. Ces derniers peuvent simplement initier les néophytes à l’art de la fauconnerie (2 à 5 jours de stage) ou, au contraire, proposer une formation bien plus poussée qui pourra déboucher sur l’obtention d’un « certificat de capacité pour l’entretien d’espèces non domestiques« . Grâce à ce document fourni par la préfecture, le fauconnier sera reconnu comme professionnel. En attendant de l’obtenir, il faudra emmagasiner autant de conseils que possible du maître fauconnier !

Reste à préciser que les formations sont relativement chères… Il est donc recommandé de participer à un ou deux stages courts avant de se lancer dans des modules d’apprentissage plus complets, ceci afin de confirmer sa vocation.

Pour travailler dans les zoos, le certificat de capacité n’est pas nécessaire, toutefois il vous faudra, comme tout fauconnier professionnel, faire plusieurs stages afin d’apprendre les bons gestes pour ne pas blesser les oiseaux … ou ne pas vous faire blesser vous-même !

Le quotidien du fauconnier

La première mission du fauconnier est évidemment de s’assurer que les oiseaux sous sa responsabilité sont bien traités. La volière doit répondre à des normes légalement définies et être parfaitement tenue : un oiseau de proie ne se met pas en cage ! Il est également impératif de permettre au rapace de voler tous les jours afin de se muscler et de chasser.

fauconnier utilisant un leurre

Pour attirer l’attention des rapaces et les entraîner, les fauconniers utilisent des leurres qu’ils font tournoyer.

Grâce à son expérience, le fauconnier doit également être capable de repérer les éventuels problèmes des oiseaux et, si besoin, alerter un vétérinaire avant qu’une maladie ne se propage ou qu’un accident ne survienne. Enfin, en tant qu’expert, il participe aux programmes de reproduction.

La seconde grande prérogative du fauconnier est l’affaitage (« en arriver au fait »), c’est-à-dire l’éducation des oiseaux de proie. En fauconnerie, on ne parle pas de dressage : les oiseaux avancent à leur rythme et ne peuvent être brusqués. L’affaitage commence par un simple contact visuel, puis le fauconnier porte l’oiseau sur son bras comme si ce dernier était une branche. Cette étape peut être très longue : il faut habituer l’oiseau à la présence de l’Homme et gagner sa confiance. Une fois ce palier franchi, il restera à nourrir l’oiseau au poing, puis les vols entre deux fauconniers pourront enfin commencer.

L’affaitage s’étale sur plusieurs mois et demande un travail très régulier. Avant chaque entraînement et à plus forte raison à chaque fois que l’oiseau doit être présenté au public, le fauconnier doit peser son rapace, parfois au gramme près : il s’agit d’un important indicateur de santé.

Les perspectives d’évolution

Les traces les plus anciennes de l’art de la fauconnerie se trouvent en Asie centrale et sont datées de deux siècles avant la naissance de Jésus-Christ. Cette activité était alors pratiquée à cheval, ce qui demandait une agilité et un équilibre hors du commun.

fauconnier et oiseau

Lors d’une fête médiévale ou un spectacle, il n’est pas rare de voir un fauconnier en costume.

Aujourd’hui, les fauconniers sont, pour ainsi dire, en voie de disparition : de moins en moins de jeunes passionnés s’orientent vers cette voie. Chasse mise à part, ce métier est désormais essentiellement réservé à deux secteurs d’activité : la démonstration publique, comme dans les parcs animaliers, les fêtes médiévales ou les cirques, et l’effarouchage, qui consiste à chasser des nuisibles à l’aide d’oiseaux de proies.

Cette dernière activité est par exemple pratiquée dans les aéroports, où les pigeons peuvent entrer en collision avec les avions au décollage et, ainsi, provoquer un accident. Des fauconniers interviennent également sur les bases aériennes militaires. Récemment, par exemple, l’armée française a lancé un programme utilisant les oiseaux de proie afin de neutraliser les drones volant au-dessus des sites dits sensibles, comme les centrales nucléaires.