Cette semaine nous allons vous parler du maki catta, l’espèce de primates la plus courante en parc animalier ! Avec l’aide du Jardin animalier de Monaco et du parc du CERZA, découvrons la vie en captivité de cette espèce de lémuriens.

zoom regard lemur catta

Habitat / enclos

Dans la nature, les makis catta vivent sur l’île de Madagascar, à l’est du continent africain, où on les trouve dans le sud et le sud-ouest. Leur habitat de prédilection est la forêt sèche et les buissons épineux.

En captivité, les makis catta sont souvent présentés dans des enclos dit immersifs où aucune barrière ne les sépare des visiteurs. Très sociables, ils partagent en général leur espace avec plusieurs espèces animales : d’autres lémuriens – comme au CERZA où ils cohabitent avec les varis noir et blanc à ceinture blanche et les lémurs couronnés – ou différents oiseaux comme des gris du Gabon, des aras ou encore des canards comme nous l’explique Laurent Peyronel, le directeur du Jardin animalier de Monaco.

Arboricoles, les makis catta profitent d’enclos comptant de nombreux arbres dans lesquels ils peuvent facilement grimper et qui rappellent leur habitat naturel forestier. Pourtant, ce primate est sans doute le lémurien qui passe le plus de temps au sol la journée, se déplaçant par bonds ou sur ses deux pattes arrières.

Régime alimentaire

A l’état sauvage, le lémur catta est omnivore : il se nourrit de fleurs, de fruits, d’écorce, de sève mais également d’insectes, d’œufs ou encore de petits oiseaux. Le menu varie en fonction des saisons et de la disponibilité des aliments.

En captivité, ce sont les vétérinaires qui donnent les instructions pour le repas des lémuriens. A Monaco, le menu se compose de pommes, de tomates, de bananes, d’endives, de poivrons, de courgettes et de concombres. Enfin, une fois par semaine, les makis catta ont droit à des croquettes.

Au CERZA, la ration journalière varie selon les saisons, comme en milieu naturel : « en période estivale, les arbres regorgent de feuilles qu’ils vont déguster tout au long de la journée, il peut donc arriver que leur ration du soir diminue. » Le choix des fruits et légumes est fait par la préparatrice du parc qui « essaie de proposer un large panel pour varier les saveurs et éviter une possible monotonie alimentaire. De temps à autre, il leur est aussi apporté des protéines animales avec des œufs durs et des insectes. »

A l’état sauvage, la recherche de nourriture occupe les lémuriens une grande partie de la journée ; afin de reproduire autant que possible ce comportement en captivité, on fractionne leurs repas en organisant notamment des goûters. « Au quotidien, des nourrissages sont effectués par l’équipe pédagogique et nous leur offrons des glaçons à base de divers fruits, notamment pendant les périodes les plus chaudes de l’année. »

Reproduction

Selon le directeur du Jardin animalier de Monaco, « la reproduction du maki catta est aisée. » Un avis que partage Clémentine, l’une des animatrices pédagogiques du zoo normand du CERZA pour qui le maki catta est « l’espèce de lémuriens se reproduisant le mieux en captivité. » Si bien d’ailleurs que dans les deux parcs animaliers, la reproduction est pour le moment stoppée. Le CERZA ne compte actuellement que des individus mâles et Monaco uniquement des femelles. Bien entendu, plusieurs parcs présentent des groupes comportant les deux sexes, notamment le ZooSafari de Thoiry où des bébés lémurs catta sont nés cette année devant les visiteurs. « Il est préférable de n’avoir qu’un à trois mâles reproducteurs pour éviter les conflits quant au désir d’obtenir les faveurs des femelles. Il est donc plus fréquent de rencontrer des groupes constitués de nombreuses femelles et de quelques mâles, cela limite les bagarres au moment de la reproduction », nous précise Clémentine.

En milieu naturel, les lémurs catta sont des animaux grégaires (qui vivent en communauté). Les groupes comportent en général une douzaine de membres – des deux sexes confondus – mais peuvent aller de 5 à 27 individus. La hiérarchie sociale est dominée par les femelles adultes puis les jeunes et enfin les mâles adultes.

En zoo et dans la nature, une femelle donne naissance au terme d’une gestation de 4,5 mois à un seul petit, parfois à des jumeaux. A l’état sauvage, près de 50 % des jeunes n’atteignent pas l’âge d’un an, et 30 % seulement arrivent à l’âge adulte, compris entre 2 et 3 ans.

Comportement particulier

A l’état sauvage comme en parc animalier, le maki catta passe une grande partie de son temps à prendre des bains de soleil, bras grands écartés. En milieu naturel, ce comportement est primordial pour la thermorégulation de l’animal : il lui permet d’emmagasiner la chaleur du soleil pour mieux tolérer les nuits plus froides. En captivité, les animaux sont rentrés la nuit en loge intérieure et n’ont donc pas besoin d’auto-réguler leur température corporelle. Toutefois, il n’est pas rare de les voir reproduire ce comportement spécifique à l’espèce.

La température est d’ailleurs un élément primordial pour les petits primates : « lorsqu’il fait trop froid, ils seront gardés à l’intérieur de leur maison et il en sera de même si les conditions climatiques sont trop mauvaises », précise-t-on au CERZA.

Menaces et conservation

A l’abri des événements climatiques, de la faim et du braconnage, les makis catta vivent de 20 à 25 ans en parc animalier contre seulement 12 ans en moyenne en milieu naturel où l’espèce est très menacée. Elle est considérée en danger d’extinction. Les principales menaces pesant sur ces lémuriens sont la déforestation, la chasse illégale pour leur viande et la capture pour le marché des animaux de compagnie. En 2011, le premier centre de sauvegarde dédié à l’espèce est né à Madagascar : le Lemur Rescue Center. En France, le Touroparc et le Parc animalier d’Auvergne (via son fonds de dotation « La Passerelle Conservation ») soutiennent financièrement ce centre.

En captivité, l’espèce fait l’objet d’un ESB : un Studbook européen aussi appelé livre des origines, qui comptabilise les naissances dans les parcs animaliers et établit un arbre généalogique.

En 2011, on estimait qu’il existait 3 000 makis catta en parcs zoologiques, soit autant qu’en milieu naturel. Il s’agit du primate le plus commun en captivité.

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