Grâce à l’opération conjointe de sept zoos européens, une trentaine d’échassiers nés et élevés en captivité viennent d’être relâchés en Espagne. De quoi redonner de l’espoir pour cette espèce en danger critique d’extinction.

Ibis chauve Espagne
Les échassiers ont quitté leur volière d’acclimatation début janvier

Afin d’endiguer la disparition progressive de l’ibis chauve (Geronticus eremita) dans son milieu naturel, sept parcs zoologiques européens* dont la Réserve africaine de Sigean, le Parc zoologique de Mulhouse et le Jardin aux oiseaux à Upie dans la Drôme, se sont lancés dans un projet d’envergure baptisé « Proyecto eremita » ou « Projet eremita », du nom scientifique de l’oiseau. L’objectif : réintroduire des individus en Andalousie, où plusieurs de leurs congénères ont déjà été relâchés avec succès ces dernières années.

37 ibis chauves réintroduits

Les 10, 11 et 12 janvier derniers, 37 échassiers nés dans les parcs zoologiques participants à l’opération ont été relâchés dans le Sud de l’Espagne. Convoyés depuis leurs zoos respectifs jusqu’au parc de Jerez de la Frontera (ville andalouse) au mois d’octobre, ils ont passé un peu plus de deux mois dans une volière d’acclimatation. Au moment de leur libération, ils ont préféré rester quelques heures sur le toit de la volière, scrutant l’horizon avec méfiance. Les ibis se sont finalement envolés à la découverte, pour la première fois, de leur habitat naturel.

Certains n’ont pas été libérés tout de suite et resteront en captivité pour devenir des reproducteurs. Car le projet ne s’arrête pas à un seul lâcher : d’autres ont déjà eu lieu depuis le lancement du projet en 2003 et plusieurs devraient suivre dans les années à venir. « Ce programme démontre bien l’intérêt de maintenir en captivité des populations génétiquement pérennes d’espèces menacées pour pouvoir démarrer des programmes de réintroduction le cas échéant », souligne la Réserve africaine de Sigean.

Ibis chauve menacé
Il reste moins d’un millier d’individus à l’état sauvage

L’ibis chauve, une espèce en voie de disparition

A l’état sauvage, l’ibis chauve est au bord de l’extinction. Ses deux populations historiques, la branche occidentale vivant au Maroc et celle orientale établie en Turquie et en Syrie, ont vu leurs effectifs se réduire fortement au fil des ans pour se stabiliser selon les dernières estimations à environ 580 individus marocains, une centaine turcs et une dizaine syriens. L’échassier insectivore figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans la catégorie « en danger critique ». Il faut dire que l’espèce a quasiment disparu du pourtour méditerranéen avec seulement quatre colonies encore présentes sur la côte atlantique du Maroc et une cinquième semi-captive en Turquie. En cause principalement : les diverses perturbations (constructions illégales, surpêche, collecte de bois de chauffage, etc.) à proximité des falaises où Geronticus eremita aime nicher et se reproduire.

Créée en 2003 à l’initiative du zoo botanique de Jerez, le Projet eremita a pour but de créer une colonie sauvage stable sur la côte sud espagnole.

*Ont également participé à la réintroduction des ibis chauves les parcs Zoobotanico Jerez en Espagne, l’Opel zoo en Allemagne, le Tierpark Goldau en Suisse et le Zoo Ostrava, en République tchèque.

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