Impliquée dans la préservation des espèces et la sauvegarde de la biodiversité, ce fonds de dotation a été créé en 2012 par le parc animalier des Pyrénées.

Fondation Pyrénées Conservation

« Aujourd’hui, pour les enfants de demain », résume la pancarte de présentation de Pyrénées Conservation. Celle-ci trône au centre du parc animalier des Pyrénées, entre l’enclos des pandas roux et celui des ours bruns. Une phrase qui explique en quelques mots ce qui a motivé la création d’un tel fonds de dotation.

Historique de Pyrénées Conservation

C’est en 2012 que le parc animalier des Pyrénées prend cette décision. Soit treize ans après sa création, en 1999. Mais depuis toujours, l’établissement a fait de la préservation de la nature l’une de ses priorités. « Accueillant chaque année 130 000 visiteurs, le parc permet de sensibiliser le public à la conservation des espèces », explique-t-il dans un rapport annuel. Et c’est pour aller encore plus loin dans sa démarche qu’il a créé un fonds de dotation baptisé Pyrénées Conservation. Ses missions : soutenir financièrement différents projets de sauvegarde de la faune dans le monde. « Aujourd’hui plus que jamais la sauvegarde de notre biodiversité est essentielle, poursuit le parc. Sensibiliser, préserver et agir en ce sens sont les objectifs de Pyrénées Conservation. »

Sauvegarder la faune des Pyrénées

Marmottes Pyrénées

Établi au beau milieu d’une nature verdoyante, au cœur des Hautes-Pyrénées, le parc animalier a en toute logique fait de la préservation de la faune pyrénéenne l’un de ses chevaux de bataille. Le site présente d’ailleurs au public des espèces emblématiques telles que le bouquetin ibérique – que l’on distingue de son cousin des Alpes par une corpulence moins imposante et des cornes à la courbure plus marquée – ou encore la marmotte. Le parc animalier des Pyrénées s’investit également sur le terrain, en soutenant via sa fondation plusieurs projets de sauvegarde dans les Pyrénées.

Les vautours et rapaces

Au total, Pyrénées Conservation participe à la préservation de cinq espèces d’oiseaux qui volent dans le ciel pyrénéen : quatre vautours et un rapace. Comment ? En finançant les projets des deux organismes impliqués dans la conservation de ces espèces sur le terrain, à savoir la fondation Vulture Conservation et le centre de soins de la faune sauvage au Pays Basque, Hegalaldia. Du côté des vautours, essentiels au nettoyage de la nature et à la non-propagation des maladies, le fonds de dotation soutient tout d’abord le vautour fauve. L’espèce a presque disparu des environs entre les années 1920 et 1950. « Seule une petite colonie subsistait dans la vallée d’Ossau », rapporte Pyrénées Conservation. Grâce à de nombreux efforts, « on compte désormais plus de 850 couples dans les Pyrénées, principalement dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. » Autre espèce soutenue, le vautour moine. « Disparu du ciel français au début du 20ème siècle, il a fait l’objet d’un programme de réintroduction dans les Grands Causses et les Alpes en 2004 », rappelle Pyrénées Conservation. Il est actuellement en cours de réintroduction dans les Pyrénées, du côté de la Catalogne. L’organisme épaule par ailleurs la préservation dans ces montagnes du plus petit vautour d’Europe, le percnoptère d’Egypte. Comme son nom le laisse entendre, il s’agit d’un oiseau migrateur qui part pour l’Afrique à l’approche de l’automne. « Seulement 90 couples territoriaux ont été identifiés en France, dont 70 dans les Pyrénées qui restent le noyau de population le plus important du territoire national. » Pyrénées Conservation participe par ailleurs à la préservation du gypaète barbu. « Plusieurs actions phares ont déjà été conduites, notamment dans le cadre du Plan National d’Action en faveur du Gypaète barbu 2010-2020, explique-t-elle. Le parc animalier des Pyrénées a pu financer l’étude, la conception et la réalisation d’une volière dédiée à cette espèce, et a reçu un couple de gypaètes afin d’assurer la reproduction sur site. » Enfin, l’organisme soutient le milan royal, un rapace endémique de l’Europe de l’Ouest qui a trouvé dans les Pyrénées son principal site d’hivernage avant sa migration.

Le bouquetin ibérique

Emblème de la fragilité de la faune pyrénéenne, le bouquetin ibérique a disparu du côté français en 1910 lorsque les deux derniers mâles ont été abattus près du lac de Gaube. La réintroduction de cet ongulé est devenue l’une des priorités pour la défense de la biodiversité dans le massif. Cela fait d’ailleurs l’objet d’un projet national auquel ce fonds de dotation a déjà consacré 45 000 euros entre 2014 et 2015. « En 2019, nous soutiendrons techniquement et financièrement un projet de réintroduction important sur le versant espagnol de la chaîne des Pyrénées. Ce projet de conservation ex situ se fera par la création d’un plan d’élevage dans les zoos européens avec réintroduction des naissances dans le milieu naturel », ajoute Pyrénées Conservation.

L’ours brun

Ours bruns Pyrénées

La réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées fait souvent l’objet de vifs débats entre certains éleveurs réticents et les défenseurs de l’environnement. « Pour ou contre, Pyrénées Conservation a fait son choix et défend avec conviction la réintroduction de cet animal splendide dans ses terres d’origine : les Pyrénées, dans lesquelles il est présent depuis 250 000 ans », tranche-t-il. Ces dernières années, il a aidé au financement de plusieurs projets en faveur de la réintroduction de l’ours et de la cohabitation avec l’Homme. En 2013, Pyrénées Conservation a par exemple entièrement financé un projet de caméra embarquée sur un ours sauvage dans le cadre d’une exposition au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. L’année suivante, le fonds de dotation a versé 15 000 euros pour le sauvetage d’une oursonne orpheline et sa réintroduction en milieu naturel. Pyrénées Conservation soutient par ailleurs l’association Férus, qui défend les grands carnivores de France (ours, loup et lynx). En 2017, elle lui a reversé plus de 1 700 euros de dons.

Soutenir d’autres projets dans le monde

L’organisme soutient par ailleurs trois projets de conservation dans le monde. Le premier concerne les petits primates d’Amérique du Sud. Pour cela, il s’est engagé en 2017 auprès du Conservatoire pour la protection des primates. Il a également versé 2 000 euros à l’ONG Proyecto Mono Tocón en vue de la préservation du titi des Andes, un petit singe en danger critique d’extinction. Le deuxième porte sur le panda roux, une espèce accueillie depuis peu par le parc animalier des Pyrénées. Pyrénées Conservation soutient en effet les actions de Red Panda Network, l’association référente en matière de conservation du panda roux dans son milieu naturel. C’est la raison pour laquelle il a apporté en 2018 une aide financière de 2 000 euros à son relais français, l’association Connaître et protéger le panda roux (CPPR). Troisième projet soutenu, la sauvegarde du binturong en Asie du sud-est. Bien que le parc animalier des Pyrénées n’accueille pas cette espèce, il est sensible à sa conservation dans la nature. C’est pourquoi son fonds de dotation soutient l’association AB Conservation, depuis 2018. Elle a versé 2 000 euros pour aider à l’étude et à la protection de cet animal sur l’île de Palawan, aux Philippines.

Financements

Pyrénées Conservation récolte des fonds en vue de les attribuer à différents projets de conservation de la faune dans les Pyrénées et dans le monde. Pour cela, il collecte des dons auprès de particuliers ou de mécènes qui, en échange, peuvent défiscaliser une partie de leurs dons lors de leur déclaration d’impôt. Depuis 2018, il est également possible de parrainer un animal. Cinq animaux sont disponibles au parrainage :

  • Liao le panda roux
  • Kika la marmotte
  • Indu l’ours brun
  • Hera le gypaète barbu
  • Rambo le singe saïmiri

Grâce au parrainage, Pyrénées Conservation espère récolter davantage de fonds et ainsi redistribuer 60 000 euros en 2018, contre 14 400 euros l’année précédente.